En direct
Best of
Best of du 5 au 11 janvier
En direct
© Jean-Pierre MULLER / AFP
Agriculture
Menacé avec un fusil chargé car il traitait ses vignes la nuit : la question des pratiques agricoles va-t-elle dégénérer ?
Publié le 10 juin 2018
La scène s'est passée récemment dans les Bouches-du-Rhône : un viticulteur a été menacé par un homme, qui a tiré en l'air avec son fusil, pour protester contre les nuisances dues au traitement des vignes.
Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Antoine Jeandey
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Antoine Jeandey est rédacteur en chef de WikiAgri.
Voir la bio
WikiAgri
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
La scène s'est passée récemment dans les Bouches-du-Rhône : un viticulteur a été menacé par un homme, qui a tiré en l'air avec son fusil, pour protester contre les nuisances dues au traitement des vignes.

La nuisance sonore peut être effectivement gênante. Il existe probablement un déficit de communication de l’agriculteur (en général) en direction des voisins lorsque des interventions sont nécessaires dans les champs ou les vignes, et que celles-ci sont plus efficaces, par rapport aux maladies d’une part, mais aussi en termes de protection de l’environnement, lorsqu’elles sont effectuées la nuit. Il n'empêche, certaines réactions inquiètent !

« Je prends bien garde, quand cela arrive, de commencer dès la tombée de la nuit pour éviter un bruit trop tardif, et par les parties de parcelles les plus proches des maisons. Mais j’ai 50 hectares de vignes, il me faut tout de même 5 à 6 heures (pour une machine soit 15 hectares). Et oui, je l’admets, la sulfateuse fait du bruit. En revanche je fais l’effort de m’éloigner de plus en plus des maisons au fur et à mesure que la nuit avance. »

Les faits

Celui qui parle et qui témoigne à WikiAgri, c’est Vincent, 42 ans (il ne veut pas être nommé davantage pour l’instant). Il comprend donc que ses pratiques peuvent être considérées comme gênantes. Pour autant, il garde en travers de la gorge l’offensive disproportionnée dont il a été victime dans la nuit de mercredi à jeudi derniers. Il raconte :

« Il était 21 heures quand le vent est tombé. Mes vignes n’avaient pas encore été traitées, jusqu’à présent j’avais pu m’en sortir avec des poudrages de produits entièrement naturels, donc moins bruyants. Mais les données météorologiques des derniers jours ont accentué la pression et le risque de mildiou. Là, je n’avais pas le choix. Pour que le traitement soit plus efficace (donc avec des doses moindres, et une plus grande probabilité d’éviter un passage supplémentaire), je dois traiter la nuit. En plus, chacun sait désormais que les traitements de nuit sont meilleurs pour le respect de la biodiversité. Vers minuit, j’ai vu un homme lampe torche à la main avancer vers moi dans le champ. C’était la dernière parcelle proche d’habitations où j’intervenais (sachez qu’il me faut pour cette parcelle d’un hectare à peine plus d’un quart d’heure pour réaliser un traitement). A environ 50 mètres de moi, je vois et j’entends une déflagration, il a tiré en l’air ! S’ensuit  une explosion verbale où  il m’accuse de tapage nocturne et menace d’appeler les gendarmes. Je lui propose alors de les appeler tout de suite avec mon téléphone qui se trouve dans le tracteur… Et  lorsque je reviens vers lui, il  pointe l’arme sur moi et m’ordonne de ne plus bouger ou il tire ! J’obtempère bien évidemment et le laisse s’éloigner avant d’appeler la gendarmerie. Il a ensuite été arrêté, une enquête est en cours. Mais plusieurs jours après, j’ai toujours cette image du canon pointé sur moi ! »

Un appel à la communication adressé à tous les viticulteurs

Du coup, Vincent appelle quelques collègues, il apprend alors que d’autres cas similaires ont eu lieu, au minimum de totale incompréhension avec le voisinage, dans le pire des cas avec des menaces plus ou moins accentuées comme celles qu’il a connues.

« On ne va tout de même pas attendre qu’il y ait un mort pour réagir ! Je pense que nous devons communiquer sur nos pratiques, tous ensembles. Ce n’est vraiment pas par plaisir qu’il faut parfois travailler la nuit. C’est plus intéressant économiquement par rapport à l’efficacité des traitements, mais c’est aussi pour répondre aux demandes sociétales en matière de respect de l’environnement. Les gens apprécient de boire un verre de rosé l’été, mais refusent qu’il soit produit ! Nous nous devons d’expliquer tout cela, pour l’ensemble de la profession ! »

Parallèlement, Vincent n’exclut pas une communication localisée sur sa commune, du style une réunion explicative avec les voisins concernés en leur offrant un verre issu de sa propre production au final.

Des plaintes ou actes contre les agriculteurs de plus en plus nombreux

Pour autant, la réaction pour le moins exaspérée qu’il a subie est à rapprocher des multiples atteintes dont les agriculteurs, au sens large, sont victimes avec leur voisinage. WikiAgri vous a cité des exemples (malheureusement multiples) d’éleveurs attaqués en justice à cause du bruit des cloches de leurs vaches (plusieurs cas, ici, ou encore ), d’un céréalier qui s’est également retrouvé au tribunal parce que le cliquetis de son arroseur était considéré par le plaignant comme du tapage nocturne, etc, etc. Tout cela existe, se multiplie, crée des jurisprudences y compris parfois défavorables aux agriculteurs concernés. Sans parler de cet autre céréalier qui a tout de même subi une attaque d’un fiché S se réclamant de Daesh, lequel a quitté la prison depuis et est en liberté surveillée… A croire qu’une victime agriculteur a moins d’importance que d’autres !

On peut bien sûr estimer que dans la majorité des cas les plaignants (voire les assaillants) correspondent à des caractères bien particuliers, il n’en reste pas moins que l’acte de production, en particulier agricole, ne bénéficie plus de l’œil bienveillant des concitoyens, en tout cas de manière bien moins unilatérale qu’il y a quelques années. Un problème de taille, qui mérite d’être envisagé sous ses différents aspects : remise en cause de son propre comportement quand cela est possible, communication sur les pratiques, trouver le moyen d’éduquer en particulier les néo-ruraux (souvent à l’origine des incompréhensions) sur les réalités de l’agriculture d’aujourd’hui…

Article publié initialement sur Wikiagri

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
05.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
06.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
07.
Attentat de Strasbourg : la vérité émerge sur la cas de Mehdi Chekatt
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Le Royaume-Uni se prépare à un Brexit sans accord et ne voit plus comment arrêter cette chronique d’un chaos annoncé
04.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
05.
Littéralement explosif : le sondage exclusif qui montre que la condamnation de la violence par les Français... baisse (et que le nombre de ceux qui disent la comprendre augmente)
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
07.
Robots payeurs : mais que s’est-il vraiment passé sur la cagnotte de soutien aux policiers ?
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Alerte Rouge : après la Chine, Donald Trump entend s’attaquer à l’Europe et voilà pourquoi la France serait bien inspirée de réagir au plus vite
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Inégalités : la France est allée au maximum de ce que la redistribution fiscale permettait. Voilà ce qui pourrait être fait désormais
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
03.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
04.
Marine Le Pen : vent en poupe mais… tigre de papier ?
05.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
06.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
Commentaires (7)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
kelenborn
- 13/06/2018 - 09:52
DIS DONC Benvoyons
Encore tous les achats de parcelles à construire doivent chez le notaire signer qu'ils savent qu'il y a un agriculteur après leur parcell
J'ai pas encore vu des achats signer!!! quand on donne les leçons urbi et orbi (Par à Urbain et à Zenobie) on se démerde pour écrire correctement car chez toi ça frise l'illettrisme! Sur le fond, sache qu'avec la loi Allur, il ne peut plus y avoir de constructions neuves en zone agricole, seulement des changements de destination
Citoyen-libre
- 13/06/2018 - 09:31
Brennec
Vous dites des âneries. Il y a des types biens et des cons partout. Et les agriculteurs n'en font pas exception. Autour de chez moi, certains viticulteurs traitent à minima, et ne mettent pas de désherbant. D'autres qui sont tout simplement des financiers traitent plus qu'il en faut, l'objectif étant de ne prendre aucun risque de perte de production. On ne parle pas de bagnoles, on parle de santé humaine.
brennec
- 12/06/2018 - 18:22
La haine tous azimuths
La france hait ses entreprises, voila qu'elle se met a hair les agriculteurs. Il va falloir tout importer mais on va payer avec quoi?