En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© BERTRAND GUAY / AFP
Syndicats

Congrès de la CFDT : le délicat défi de la modération

Publié le 06 juin 2018
C’est cette semaine que se tient, à Rennes, le 49ème Congrès confédéral de la CFDT. Quelque 3000 militants sont attendus pour donner leur avis sur le bilan de la seconde mandature de Laurent Berger, le secrétaire général de l’organisation.
Mickaël Ciccotelli est journaliste pour tripalio.fr
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Mickaël Ciccotelli
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Mickaël Ciccotelli est journaliste pour tripalio.fr
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
C’est cette semaine que se tient, à Rennes, le 49ème Congrès confédéral de la CFDT. Quelque 3000 militants sont attendus pour donner leur avis sur le bilan de la seconde mandature de Laurent Berger, le secrétaire général de l’organisation.

S’il est acquis que M. Berger devrait se succéder à lui-même, il n’en demeure pas moins que son parti pris résolument modéré devrait faire l’objet d’un certain nombre de critiques.

 

Une réélection acquise

 
Laurent Berger l’avait annoncé depuis plusieurs mois : il est candidat à sa propre succession à la tête de la CFDT. Dans cette configuration, aucune autre candidature au secrétariat général n’était envisageable. En pleine confiance, M. Berger, a ainsi déclaré, jeudi dernier, devant des journalistes de l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS) : « Je repars pour quatre ans et peut-être plus ». Avant même le début du congrès de Rennes, le patron de la CFDT annonçait ainsi qu’il allait se succéder à lui-même dans quatre ans. La CFDT est décidément un long fleuve tranquille. C’est d’ailleurs probablement cette tendance à la continuité qui a conduit Véronique Descacq, jusqu’alors numéro 2 de l’organisationt et parfois pressentie pour en prendre la tête, à préférer prendre le large – par le moyen, rappelons-le, d’un poste à la Caisse des Dépôts et Consignations. 
 

Le « réformisme » et lui seul

 
Sur le fond de son action, Laurent Berger entend bien défendre la méthode syndicale « réformiste », entendez : modérée. Toujours devant l’AJIS, il a en effet affirmé qu’il était partisan d’une « ligne qui prône le dialogue social et la démocratie sociale comme méthode de transformation ». Ceci étant dit, afin sans doute d’anticiper certaines des critiques qui pourraient lui être faites à propos de dispositions d’esprit trop conciliantes à l’égard du gouvernement ou du patronat, M. Berger a reconnu que la période était difficile. « On a une absence de patronat en terme d’interlocuteurs » et un gouvernement tenté de « jouer bloc contre bloc » déplore-t-il. S’estimant trop peu écouté notamment par le chef de l’Etat et le Premier ministre, Laurent Berger en est même venu à leur dire qu’il considérait « qu’il y avait un problème de méthode, un profond mécontentement de la CFDT ».  
 

Des militants parfois plus perplexes

 
Ces expressions d’agacement et coups de menton de M. Berger expriment son désarroi d’être mis sur la touche par Emmanuel Macron. Ils lui permettent surtout de montrer à la base militante que la confédération n’est pas dans une attitude attentiste vis-à-vis des dirigeants de l’Etat. Il faut dire que certains adhérents et responsables de la CFDT semblent s’inquiéter des méthodes de travail de leurs dirigeants confédéraux. Est-il nécessaire de rappeler qu’en octobre dernier, en plein débat sur les ordonnances Travail, à l’occasion d’un rassemblement de 10 000 représentants de la CFDT, Laurent Berger avait été quelque peu chahuté du fait de ses positions conciliantes à l’égard du gouvernement ? Depuis, le gouvernement a muliplié les fronts sociaux et, pour certains militants cédétistes – comme ici dans Marianne – les postures modérées du national ne passent pas toujours bien en interne. 
 

Une méthode qui fait ses preuves

 
Qu’elles soient largement partagées ou non par les militants cédétistes, les critiques formulées en interne à l’encontre des méthodes de Laurent Berger ne renvoie pas, en tout cas, à une opposition structurée aux orientations confédérales. Le secrétaire général de la CFDT tient indiscutablement son organisation. En outre, le parti pris modéré des dirigeants de la CFDT qui se succèdent depuis maintenant trente ans ont finalement permis à la centrale de passer devant la CGT pour ce qui concerne la représentativité chez les salariés du privé. Un mouvement similaire n’est pas à exclure dans la fonction publique – les résultats de la représentativité syndicale y seront connus à la fin de l’année. 
 
Une telle progression de la représentativité cédétiste et une telle stabilité interne peuvent-elles être pérennisées dans une configuration où plus grand monde, au gouvernement et dans le patronat, ne veut négocier grand chose avec la CFDT ? Laurent Berger devra convaincre sa base que « oui ». 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

02.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

03.

L'arrivée du Pape François et la fin d'une Eglise dogmatique

04.

Après l’annonce de la mort d’Hamza Ben Laden, de hauts responsables d’Al-Qaida réapparaissent

05.

Classement Bloomberg des familles les plus fortunées : pourquoi les dynasties règnent plus que jamais sur le capitalisme mondial

06.

Donald Trump réfléchirait à acheter le Groenland : l'île répond qu'elle n'est pas à vendre

07.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

Pour comprendre l’après Carlos Ghosn, l’affaire qui a terrassé l’année 2019 dans le monde des entreprises

03.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

04.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

05.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

06.

Comment se fait-il qu'un pays aussi beau que la Pologne ait un gouvernement de m... ?

01.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

02.

M. Blanquer, pourquoi cachez-vous à nos enfants que les philosophes des Lumières étaient de sombres racistes ?

03.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

04.

Réorganisation de la droite : cette impasse idéologique et politique qui consiste à s'appuyer uniquement sur les élus locaux

05.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

06.

Italie : quelles leçons pour la droite française ?

Commentaires (0)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Pas d'autres commentaires