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Les mystères de la conscience vus par la science
Publié le 18 avril 2012
Qu'est-ce qui différencie l'état éveillé de l'inconscience ? Des études récentes montrent que la question est complexe et pose de vraies problématiques, notamment pour la gestion des anesthésies et des états végétatifs.
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Qu'est-ce qui différencie l'état éveillé de l'inconscience ? Des études récentes montrent que la question est complexe et pose de vraies problématiques, notamment pour la gestion des anesthésies et des états végétatifs.

Le problème de la conscience -le terme n'est pas considérer dans son sens de "valeur morale" des actions d'un homme, mais plutôt dans ce qui sépare l'état éveillé de l'inconscience- pose encore de nombreuses difficultés aux scientifiques.

Notons tout d'abord que cette méconnaissance n'a pas empêché la médecine de faire une utilisation généralisée de l'anesthésie pour les opérations chirurgicales depuis 1846, comme l'explique Michael T. Alkire, de l'université de Californie, dans un article de la revue Science datant de 2008.

Surtout, certaines études récentes ont permis un certain nombre de progrès dans la caractérisation des manifestations physiques entre les deux états, note le New York Times. Certains chercheurs ont utilisé la combinaison de l'anesthésie et de scanners cérébraux pour comprendre ce qu'il se passe dans notre tête lorsqu'on sombre dans l'inconscience. En résumé, ils ont distingué les parties du cerveau qui s'éteignent de celles qui restent actives quoi qu'il arrive, afin de maintenir nos fonctions vitales, tout en essayant de déterminer les manifestations qui en découlent.

Des chercheurs ont, par exemple, montré qu'une personne pouvait répondre à la demande d'ouvrir les yeux lorsque certaines parties de son cerveau étaient toujours en fonction, bien qu'elle soit considérée comme "inconsciente", ce qui pourrait aider à mesurer l'effet de l'anesthésie. D'autres études ont déterminé que les parties primitives du cerveau, comme le thalamus, se réveillent avant les autres, comme le neocortex, siège des réflexions complexes, rapporte news-medical.net.

Ceci confirme des études plus anciennes qui avaient suggéré que l'inconscience n'est pas un état unique et qu'elle a des gradations. L'absence de réaction ne signifie pas obligatoirement l'inconscience, comme le montre l'exemple, rapporté en 2007 par le Time Magazine, de cette femme apparemment dans un état végétatif après un accident de voiture. Celle-ci avait les yeux ouverts, mais ne répondait apparemment à aucune stimulation ni demande. Pourtant, après des scanners, elle a montré des signes d'activité cérébrale lorsqu'on lui parlait et qu'on lui demandait de s'imaginer dans différentes situations, comme jouant au tennis ou visitant les pièces de sa maison.

Jusque-là, la mesure standard de l'inconscience était la réponse aux stimuli. Mais d'autres études sur différentes drogues utilisées pour anesthésier ont bien montré que les manifestations physiques variaient beaucoup, et que certains patients ne pouvaient répondre à des ordres alors qu'ils étaient conscients, alors que d'autres répondaient alors que seules les parties primitives du cerveau étaient réveillées. Tout ceci pose bien évidemment son lot de questions : quel est le degré de conscience d'un patient dont le neocortex ne fonctionne pas ? Et si, durant certains actes chirurgicaux, nous étions conscients, mais sans aucun souvenir au réveil ? Est-ce acceptable ? Et, surtout, comment s'en assurer ?

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