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Mauvaise foi
Top 10 du deux poids deux mesures des traitements réservés à la droite et à la gauche
Publié le 12 avril 2012
Avec Trop Libre
Le débat politique français est marqué par deux a priori : la gauche symbolise le "bien moral" et la droite est foncièrement suspecte. De la dénégation à la péjoration, en passant par l'accusation, voici les dix procédés rhétoriques utilisés par la gauche pour neutraliser le débat.
Trop Libre est un blog de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) fondé par David Valence et Christophe de Voogd, tous deux historiens et enseignants à Sciences Po. Il est désormais animé par ce dernier, avec la collaboration d’Alexis...
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Le débat politique français est marqué par deux a priori : la gauche symbolise le "bien moral" et la droite est foncièrement suspecte. De la dénégation à la péjoration, en passant par l'accusation, voici les dix procédés rhétoriques utilisés par la gauche pour neutraliser le débat.
Avec Trop Libre

La campagne actuelle est l’occasion idéale pour mesurer l’étonnante distorsion qui caractérise toujours en France, à la différence des pays voisins et des Etats-Unis, la perception dominante de la gauche et de la droite dans le débat public. Tout se passe comme si une position de gauche était chez nous a priori légitime,  une de droite, a priori suspecte. Sauf preuve du contraire, sans doute, car nous sommes en démocratie pluraliste, mais la charge de la preuve repose sur la droite. Posture naturelle de la gauche qui s’assimile au camp du « bien moral » et du « juste social », mais qui infiltre nombre de discours politiques et médiatiques, y compris… à droite. Et, paradoxalement ce différentiel de légitimité se donne avec une telle évidence, qu’il échappe à notre vigilance critique.

Les procédés rhétoriques à l’œuvre dans cette asymétrie sont pourtant bien connus : la dénégation pure et simple, la minimisation ( « ce que vous dites est de peu d’importance »), la marginalisation (« ce n’est pas le vrai sujet »), l’accusation (« vous cachez de noirs desseins »), la disqualification (« vu qui vous êtes, votre parole n’est pas recevable ») et la péjoration (reformulation en termes négatifs) de la position ou de l’argument adverse : Voici quelques fleurons de ce petit manuel d’asymétrie, tous bien réels, où le lecteur reconnaîtra sans peine les uns et les autres…

1. « Les amis riches »

a. Un homme politique de droite a des amis riches : « preuve de sa collusion avec l’argent ! »
b. Un homme politique de gauche a des amis riches : « oui, c’est un homme fidèle en amitié » ; Variante : « il a droit au respect de sa vie privée ! »

2. Les affaires

a. Un homme politique de droite est soupçonné de financement illicite de campagne électorale : « aucun doute : la corruption est au coeur du régime ! »
b. Un homme politique de gauche est mis en examen pour association de malfaiteurs : « il faut respecter la présomption d’innocence ! » Variante : « c’est un cas isolé, ne généralisons pas ! »

3. Changements de camp

a. Un homme politique de gauche passe à droite : « c’est un traître » ! Variante douce: « le carriérisme l’a emporté sur la conviction »
b. Un homme politique de droite passe à gauche : « il a su surmonter son conditionnement familial et social »

4. Changements de politique

a. Un président de droite change de politique : « incohérence et contradiction ! »
b. Un président de gauche change de politique : « sens des responsabilités et pragmatisme»

5. Dictateurs encombrants

a. Un responsable de droite reçoit un dictateur : « c’est une honte pour la patrie des droits de l’homme ! »
b. Un responsable de gauche reçoit un dictateur : « hélas, on ne choisit pas ses partenaires en  politique internationale »

6. Chiffres du chômage

a. Le chômage augmente de 17% sous une législature de droite : « explosion qui démontre un bilan désastreux »
b. Le chômage augmente de 50% sous une législature de gauche : « augmentation qui montre combien la crise est terrible. Et pourtant on aura tout essayé ! »

7. Ouverture

a. Un président de droite ouvre son gouvernement : «  politique de débauchage ! »
b. Un président de gauche ouvre son gouvernement : « absence de sectarisme et volonté de rassemblement ! »

8. Fondamentalisme

a. Un gouvernement de droite prend des mesures énergiques contre des réseaux fondamentalistes : « instrumentalisation, amalgame et atteintes aux libertés»
b. Un gouvernement de gauche prend des mesures énergiques contre des réseaux fondamentalistes : « on voit bien que la gauche n’est pas laxiste ! »

9. Les extrêmes et l’économie

a. Un candidat d’extrême droite présente un programme économique surréaliste : celui-ci est passé au crible par les commentateurs – le candidat passe de bien mauvais quart d’heures d’interview ! Et l’on dénonce unanimement –et justement- « le danger qu’il fait courir au pays »
b. Un candidat d’extrême gauche présente un programme économique tout aussi surréaliste : les commentateurs passent rapidement dessus : « ce n’est pas le sujet, le sens de ce programme est d’abord politique ! »

10. Les extrêmes et le peuple

a. L’extrême gauche propose la « révolte du peuple contre le système» : « il faut prendre ces mots au figuré : ils expriment la légitime colère devant l’injustice sociale »
b. L’extrême droite propose « la révolte du peuple contre le système » : « il faut prendre ces mots au sérieux ; ils traduisent un populisme nauséabond et une menace contre la république! »


Est-il vraiment impensable de demander, à l’égard de tous, non pas de la complaisance, mais tout simplement un peu d’équité intellectuelle?

Le libéralisme est bien placé pour l’exiger car il est la première victime de cette asymétrie bien particulière du discours politique en France, à commencer par son classement à droite, et l’épithète d’ « ultra » systématiquement accolée, qui fleure bon son Charles X et le « milliard des émigrés »… Et qui ne correspond ni à son positionnement idéologique ni à ses combats historiques, où, de 1789 à la lutte contre tous les totalitarismes et les autoritarismes, il aura été l’un des plus sûrs ressorts du progressisme politique, social et sociétal. Fait masqué par l’antilibéralisme viscéral de notre culture politique où héritages monarchiste, « républicain » (de l’an II !) et marxiste se mêlent dans un cocktail détonnant (mais toujours étatiste et liberticide) qui n’étonnera pas les connaisseurs de l’histoire des idées, ce monde peuplé des créatures les plus étranges et les plus composites…

Cet article a été rédigé par Christophe de Voogd et publié précédemment sur le blog Trop Libre de la Fondapol.

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vangog
- 14/04/2012 - 23:31
@Nyor. Eclairez-moi, citez-moi quelques livres
ou l'on raconte des aventures de mafieux de droite aussi trépidantes que celles de Koucheida et Guérini (des champions, mais il y en a d'autres....)Des livres! des livres! Des livres...
ricouti
- 14/04/2012 - 23:19
Quelques corrections
@Le gone :il est vrai qu'avant Miterrand les medias etaient neutres et completement libres . ex: A. Peyrefitte , "ministre de l'information" . De meme il est tout a fait faux que Sarkozy nomme les PDG de l'audiovisuel public et que le dirigeant de TF1 est un ancien chef de cabinet,et de Santini.

@ludo1963, vous êtes très fier de votre trouvaille "Hollandreou" que vous re-servez sur tous les fils. Il est vrai que ça vole un peu plus que "couille molle" de l’intellectuel ci-dessus. Ceci dit vous vous arrêtez aux apparences. Votre champion Sarko a certes une grande gueule, mais le problème c'est qu'il n'a que la gueule. Il suffit qu'une plus grande se présente et il repart piteux la queue basse. A chaque crise, il annonce des résultats détonnants et ça se termine en eau de boudin (la finance, les paradis fiscaux,...). Dernier épisode : il s'est couché devant Merkel et fait semblant d’être d'accord. Nul ne sait ce que fera Hollande, probablement pas beaucoup mieux, mais pour l'instant , le sobriquet d'appliquerait plutôt à Sarkisiandréeou.
vangog
- 14/04/2012 - 20:42
La gauche PS-PC-Front de Gauchiste a un vieil air de
ressemblance avec le front populaire. C'est vrai qu'elle ressemble moins au bolchévisme (quoique lorsqu'on entend Mélenchon fustiger les Capitalistes et les privilégiés, cela nous rappelle les grands moments de la révolution Russe). Mais la Gauche Française est plus proche de La vieille gauche Italienne d'autrefois qui rassemblait PS,PC et anarchistes, ou peut-être celle de Zapatero, qui a copié l'électoralisme Mitterandien en direction des musulmans, ainsi que les mauvaises recettes économiques de la Gauche, ou encore proche de la dynastie socialiste grecque des Papandréou. La Gauche française n'a, en tout cas, rien à voir avec les oppositions Social-démocrates modernes du Nord de l'Europe. Il suffit d'ailleurs de voir le noyautage des médias par les partis de Gauche sous la présidence Sarko pour se faire une idée de son archaïsme, et de ce que sera l'après-Sarkosy...