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L’assurance vie rapporte de moins en moins : petits conseils pour retrouver du rendement sans prendre de risques inconsidérés
Publié le 11 janvier 2018
A cause de la réduction massive des taux d'intérêt des obligations d'Etat et des entreprises, les taux des fonds en euros des contrats d'assurance-vie baissent sans discontinuer depuis plus de cinq ans.
Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.
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A cause de la réduction massive des taux d'intérêt des obligations d'Etat et des entreprises, les taux des fonds en euros des contrats d'assurance-vie baissent sans discontinuer depuis plus de cinq ans.

Atlantico : Selon le quotidien Les Echos, le taux moyen de marché versé aux épargnants ​pour leurs assurances vies devrait subir une nouvelle baisse passant de 1.8% pour l'année 2017 à 1.50% pour l'année 2018. Quelles sont les causes de cette baisse ?

Philippe Crevel : Les taux des fonds en euros des contrats d’assurance-vie baissent depuis plus de cinq ans du fait de la réduction massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat et des entreprises. Les fonds euros qui donnent lieu à une garantie en capital sont, en effet, assis, en grande partie, sur des obligations d’Etat essentiellement européennes. Or, avec l’abaissement des taux directeurs de la BCE et des opérations de rachats d’actifs que cette dernière mène depuis plus de deux ans, les taux sont à des niveaux historiquement bas même s’ils ont, l’année dernière, très légèrement augmentés. La diminution du rendement des fonds euros est plus lente que celle des obligations d’Etat car ce sont de véritables tankers bénéficiant de l’inertie provoquée par le stock des obligations acquises dans le passé. Les compagnies d’assurance achètent  chaque année des obligations avec l’argent de la collecte et avec celui des obligations à échéance. Etant donné de durée de ces obligations qui peuvent atteindre plus de 30 ans, les compagnies ont pu faire profiter à leurs assurés des rendements passés mais au fur et à mesure de l’arrivée à échéance des titres, elles sont contraintes d’abaisser les taux servis. Par ailleurs, le régulateur a demandé de manière répétée aux assureurs de réduire leurs taux afin de préserver leurs réserves et de pouvoir faire face à un retournement obligataire. Quand les taux remontent, la valeur des obligations achetées auparavant diminue. Etant la garantie de capital et la possibilité donnée aux assurés d’effectuer des rachats à tout moment, les assureurs doivent veiller tant à leur solvabilité et à leur liquidité. Plus ils offrent des taux de rendement élevé, plus ils augmentent la valeur garantie ce qui pourrait mettre en danger l’ensemble du système de l’assurance-vie. C’est afin de limiter les risques que les autorités européennes ont durci la réglementation prudentielle avec l’adoption de la directive Solvency II.

Afin de lutter contre cette érosion des rendements, quelles sont les choix offerts aux épargnants ? Selon le rapport rendements-risques, quels sont aujourd'hui les solutions les plus attractives ? 

Les fonds euros ne perdent pas tout avantage. La garantie de capital et la liquidité ont un coût. Ils demeurent plus intéressants que le Livret A, les livrets bancaires  ou le Plan d’épargne logement (quand il est souscrit après le 1er janvier 2018).

Pour obtenir du rendement, il faut accepter prendre du risque, ce qui en soi est assez logique. L’épargnant peut choisir pour le Plan d’Epargne en Actions dans lequel il pourra placer des actions  de sociétés européennes ou des OPC (SICAV – FCP) à dominante européenne. Le PEA, au bout de 5 ans offre l’avantage de ne subir que les prélèvements sociaux, 17,2 %. A ce titre, l’épargnant pourra également regarder s’il ne peut pas utiliser son Plan d’Epargne salariale qui est soumis au même régime fiscal.

Il pourra évidemment dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie opter pour des unités de compte dont le cours évolue en fonction de leur valeur de marché. Ces unités de compte peuvent des parts d’OPC obligataires, actions ou immobilières. Elles peuvent être européennes, américaines, asiatiques. Il est également possible de loger des parts de Société Civile de Placement Immobilier qui peuvent rapporter entre 4 à 5 %. Il est également depuis la loi Macron de loger des titres en vifs. L’épargnant peut également choisir d’investir via un compte titre. Autrefois fortement fiscalisé, le compte titre retrouve quelques lustres ave l’instauration du Prélèvement Forfaitaire Unique. A la différence du PEA, il n’y a pas de plafond et d’autre part, il n’y a pas de limitation géographique.

Les actions offrent du fait de la reprise économique en cours du rendement avec le versement des dividendes et de la plus-value avec l’appréciation des cours. Evidemment, en matière d’achat d’actions, il faut veiller à investir progressivement, à diversifier ses placements et à savoir prendre régulièrement ses plus-values pour éviter d’être victime d’un krach.

Sur le plus long terme, et en raison de l'annonce d'une probable persévérance de taux bas, et donc de rendements bas, l'assurance vie pourra-t-elle encore rivaliser avec d'autres placements ? Le risque d'une fiscalisation supplémentaire plane-t-il sur cette classe d'actifs ? 

L’assurance-vie conserve d’indéniables atouts. Premièrement, il ne faut pas oublier que tout le stock acquis avant le 27 septembre 2017 reste soumis à l’ancien régime. Deuxièmement, pour le nouveau, seuls les assurés ayant plus de 150 000 euros sont pénalisés. En revanche, tout le monde est gagnant en ce qui concerne les contrats de moins de 8 ans pour lesquels les rachats sont désormais soumis à la flat tax. Troisièmement, l’assurance-vie conserve ses avantages en matière de droit de succession avec la possibilité de déroger aux droits et aux règles de succession. Dernièrement l’assurance-vie permet de panacher sécurité avec le fonds euros et pris de risques avec les unités de compte.

Certes, les pouvoirs publics pourraient revoir au printemps le régime de l’assurance-vie afin d’encourager les épargnants à aller davantage sur les actions et afin d’allonger la durée de détention. L’ironie de l’histoire provient que le Prélèvement Forfaitaire Unique favorise les rachats précoces ce qui est contraire à l’objectif gouvernemental. Il est possible que cette contradiction soit corrigée au printemps. 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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zeliclic
- 12/01/2018 - 09:57
@besicles
Votre fond en euros est une bombe à retardement. Je vous conseille vivement de regarder le montant des réserves de sécurité et la sensibilité du portefeuille. Avec la loi Sapin, en cas de remontée des taux, les compagnies d'assurance ne sauteront pas mais vos capitaux seront bloqués. Il faut donc fuir les contrats d'assurance vie; A toutes jambes ...
besicles
- 11/01/2018 - 18:21
Contrats en Unités de compte et jusqu'ici attrape-gogo
J'ai pris, il y a plus de 12 ans, des fonds U.C. 5*, bien vus par morning star , sans droits d'entrée et aux performances alléchantes. Oui mais, pour se rémunérer, la compagnie en ligne, et les gestionnaires des fonds prélèvent, tous les mois, une proportion en apparence infime du nombre de parts possédés.
Ça n'a l'air de rien mais le rendement annuel, grignoté sans discontinuer, s'affiche à 3,20% par an, avant I.S.F. Pas mieux que mon fonds en euros, avec les dents de scie en plus.
Dépositaire et gestionnaires des fonds sont trop gourmands et me dissuadent de continuer à investir dans cette formule. Leurs 2,4% annuels prélevés en moyenne sont beaucoup trop gourmands et découragent la poursuite de l'investissement dans cette formule.