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2017, l’odyssée de la fin du monde d’avant
Religions, femmes et racismes : les ingrédients du cocktail identitaire régressif auquel la France est devenue addict en 2017
Publié le 29 décembre 2017
Atlantico a demandé à ses contributeurs leur vision de l’année où la France a vécu de nombreuses surprises et rebondissements et est entrée dans l’ère Macron. Vincent Tournier remarque que nombre de polémiques récentes se concentrent presque systématiquement sur trois sujets : la religion, les femmes et la race.
Vincent Tournier est maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.
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Atlantico a demandé à ses contributeurs leur vision de l’année où la France a vécu de nombreuses surprises et rebondissements et est entrée dans l’ère Macron. Vincent Tournier remarque que nombre de polémiques récentes se concentrent presque systématiquement sur trois sujets : la religion, les femmes et la race.

L’identité et la lutte pour le pouvoir

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, qui font office d’amplificateur, expliquent certainement une partie des emballements. Mais les polémiques ne naissent pas de rien. Elles ont besoin d’un terrain favorable. En l’occurrence, il est difficile de ne pas voir que la clef du problème se situe du côté de l’identité. En effet, c’est bien l’identité qui constitue désormais la toile de fond des grandes controverses. A chaque fois, il ne s’agit pas seulement de critiquer des dysfonctionnements ponctuels qui pourraient être repérés ici ou là ; il s’agit plus fondamentalement de mobiliser une identité contre une autre, de dénoncer l’oppression d’un groupe sur un autre : les hommes sur les femmes, les Blancs sur les non-Blancs, les catholiques ou les laïcs sur les musulmans, les hétérosexuels sur les homosexuels, etc. 
 
Cette situation est typique d’une lutte pour le pouvoir. C’est un schéma qui se produit lorsque des élites montantes contestent les élites en place et entendent prendre leur place (ce n’est pas un hasard si toutes ces polémiques prennent naissance dans les milieux éduqués). Ces affrontements à base d’identité sont d’autant plus retors qu’ils s’accompagnent de deux ingrédients redoutables : d’abord une composante biologique lorsqu’il s’agit de définir les identités, ensuite une composante passionnelle lorsqu’il s’agit d’exprimer les revendications politiques. C’est pourquoi tous ces sujets sont hypersensibles. Les réactions sont souvent disproportionnées et ne laissent aucune place au débat : celui qui émet un désaccord, ou simplement des réserves, devient un ennemi, comme on l’a vu en octobre 2014 lors de l’affaire Marcel Gauchet  : invité à participer aux Rendez-vous de l’histoire de Blois, cet illustre penseur avait fait l’objet d’une bronca organisée par des intellectuels et des universitaires pour exiger son exclusion. Le message est clair : on ne débat pas avec ceux qui ne sont pas d’accord. Donc, soit vous êtes dans le camp du bien, soit vous êtes dans le camp du mal. 
 

L’identité et la lutte pour le pouvoir

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, qui font office d’amplificateur, expliquent certainement une partie des emballements. Mais les polémiques ne naissent pas de rien. Elles ont besoin d’un terrain favorable. En l’occurrence, il est difficile de ne pas voir que la clef du problème se situe du côté de l’identité. En effet, c’est bien l’identité qui constitue désormais la toile de fond des grandes controverses. A chaque fois, il ne s’agit pas seulement de critiquer des dysfonctionnements ponctuels qui pourraient être repérés ici ou là ; il s’agit plus fondamentalement de mobiliser une identité contre une autre, de dénoncer l’oppression d’un groupe sur un autre : les hommes sur les femmes, les Blancs sur les non-Blancs, les catholiques ou les laïcs sur les musulmans, les hétérosexuels sur les homosexuels, etc. 
 
Cette situation est typique d’une lutte pour le pouvoir. C’est un schéma qui se produit lorsque des élites montantes contestent les élites en place et entendent prendre leur place (ce n’est pas un hasard si toutes ces polémiques prennent naissance dans les milieux éduqués). Ces affrontements à base d’identité sont d’autant plus retors qu’ils s’accompagnent de deux ingrédients redoutables : d’abord une composante biologique lorsqu’il s’agit de définir les identités, ensuite une composante passionnelle lorsqu’il s’agit d’exprimer les revendications politiques. C’est pourquoi tous ces sujets sont hypersensibles. Les réactions sont souvent disproportionnées et ne laissent aucune place au débat : celui qui émet un désaccord, ou simplement des réserves, devient un ennemi, comme on l’a vu en octobre 2014 lors de l’affaire Marcel Gauchet  : invité à participer aux Rendez-vous de l’histoire de Blois, cet illustre penseur avait fait l’objet d’une bronca organisée par des intellectuels et des universitaires pour exiger son exclusion. Le message est clair : on ne débat pas avec ceux qui ne sont pas d’accord. Donc, soit vous êtes dans le camp du bien, soit vous êtes dans le camp du mal. 
 

L’identité et la lutte pour le pouvoir

Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, qui font office d’amplificateur, expliquent certainement une partie des emballements. Mais les polémiques ne naissent pas de rien. Elles ont besoin d’un terrain favorable. En l’occurrence, il est difficile de ne pas voir que la clef du problème se situe du côté de l’identité. En effet, c’est bien l’identité qui constitue désormais la toile de fond des grandes controverses. A chaque fois, il ne s’agit pas seulement de critiquer des dysfonctionnements ponctuels qui pourraient être repérés ici ou là ; il s’agit plus fondamentalement de mobiliser une identité contre une autre, de dénoncer l’oppression d’un groupe sur un autre : les hommes sur les femmes, les Blancs sur les non-Blancs, les catholiques ou les laïcs sur les musulmans, les hétérosexuels sur les homosexuels, etc. 
 
Cette situation est typique d’une lutte pour le pouvoir. C’est un schéma qui se produit lorsque des élites montantes contestent les élites en place et entendent prendre leur place (ce n’est pas un hasard si toutes ces polémiques prennent naissance dans les milieux éduqués). Ces affrontements à base d’identité sont d’autant plus retors qu’ils s’accompagnent de deux ingrédients redoutables : d’abord une composante biologique lorsqu’il s’agit de définir les identités, ensuite une composante passionnelle lorsqu’il s’agit d’exprimer les revendications politiques. C’est pourquoi tous ces sujets sont hypersensibles. Les réactions sont souvent disproportionnées et ne laissent aucune place au débat : celui qui émet un désaccord, ou simplement des réserves, devient un ennemi, comme on l’a vu en octobre 2014 lors de l’affaire Marcel Gauchet  : invité à participer aux Rendez-vous de l’histoire de Blois, cet illustre penseur avait fait l’objet d’une bronca organisée par des intellectuels et des universitaires pour exiger son exclusion. Le message est clair : on ne débat pas avec ceux qui ne sont pas d’accord. Donc, soit vous êtes dans le camp du bien, soit vous êtes dans le camp du mal. 
 
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Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
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zen-gzr-28
- 31/12/2017 - 00:16
Que les hommes lucides
réveillent les citoyens trop dolents, ne sachant à qui se vouer pour que s'arrête cette escalade d'aberrations
Raymond75
- 30/12/2017 - 16:55
@ ajm
Le 'peuple souverain' ne peut choisir que parmi celles et ceux qui se présentent aux élections, et qui représentent une infime minorité de la population ... Le grand coup de balai qui a été donné en 2017 (quelles qu'en soient les conséquences) a montré que dans leur majorité les Français souhaitaient faire le ménage. --- La démocratie suppose que chaque citoyen a la volonté de s'informer et de participer, mais en fait bien peu s'engagent en politique (ce que je comprends pour avoir essayé). --- La politique, ce n'est ni une association, ni un syndicat, ni un mouvement philosophique : pour que vos idées puissent se concrétiser, il faut accéder au pouvoir, et la quête de ce pouvoir devient une fin en soi, et cela n'intéresse pas grand monde ! Et une fois au pouvoir, le monde réel vous impose des compromis.
ajm
- 30/12/2017 - 15:10
Les élites sont choisies par le peuple.
On parle d'élites montantes ou installées : mais que sonr devenues les élites d'antan ? Les journaleux des médias officiels, les intermittents du spectacle et de la pensée, les fonctionnaires encartés de l'éducation nationale , les politiciens et la nomenklatura du Medef constituent-elles une élite ? A force de couper la tête aux élites sociales à l'ancienne, aux grands professeurs , aux grands soldats etc...on se retrouve avec des pseudo élites à moitié illettrées, sans racine et pas vraiment françaises, sauf pour vanter ce qu'il y a de pire dans notre héritage historique. Au fond, les Français ont les élites qu'ils méritent car ils ne supportent pas ce qui les dépassent, sauf pour le sport peut-être. Même la méritocratie "republicaine " est devenue intolérable à beaucoup: elle suppose en effet le maintien d'un cursus des mérites que la plupart ne reconnaît plus et elle est très exigeante et sélective par construction. Évidemment, la gauche a une responsabilité écrasante dans cette évolution mais la droite n'a pas été très claire non plus. Et in fine, c'est le peuple Français, lui-même, peuple Français de souche y compris, qui en porte la responsabilité .