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PSA, Pimkie: les ordonnances Macron facilitent-elles vraiment les licenciements?
Publié le 29 décembre 2017
Les groupes PSA et Pimkie viennent d'annoncer leur intention de supprimer des emplois en utilisant la formule de la rupture conventionnelle collective prévue par les ordonnances Macron. Il n'en fallait pas plus pour nourrir les fantasmes de la gauche bien-pensante sur la facilitation des licenciements par les nouvelles dispositions législatives.
Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
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Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www...
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Les groupes PSA et Pimkie viennent d'annoncer leur intention de supprimer des emplois en utilisant la formule de la rupture conventionnelle collective prévue par les ordonnances Macron. Il n'en fallait pas plus pour nourrir les fantasmes de la gauche bien-pensante sur la facilitation des licenciements par les nouvelles dispositions législatives.

Coup sur coup, PSA et Pimkie viennent d'annoncer leur intention de mettre en oeuvre une rupture collective conventionnelle telle qu'elle est prévue par les ordonnances Macron. Ces annonces sont l'occasion d'un déferlement de hargne sur les réseaux sociaux, condamnant la facilitation des licenciements que cette loi permettrait. Une fois de plus, la bien-pensance (qui va de l'extrême gauche à l'extrême droite et rappelle une fois de plus que le Front National ne comprend pas mieux l'économie de marché que la France Insoumise), nourrie par son mépris de l'entreprise et des réalités économiques, produit des raccourcis d'une impressionnante inexactitude.

PSA et Pimkie ne licencieront pas

Premier point à rappeler: la procédure de rupture conventionnelle collective ne passe pas par des licenciements.  Elle permet seulement à l'entreprise de négocier un accord majoritaire avec les organisations syndicales autorisant des départs volontaires. Ne quitteront donc PSA et Pimkie que les salariés qui le demandent. 

Le succès des formules à départs volontaires...

Dans l'imaginaire collectif, le "plan social" est forcément une opération brutale qui se termine par des licenciements secs. Or les plans de départs volontaires, loin d'être vécus comme des traumatismes, sont plutôt des opérations que les salariés accueillent avec soulagement. Ils leur permettent en effet de partir dans de bonnes conditions financières et de commencer un nouveau projet de vie. 

 ...oblige parfois à en limiter le périmètre

Certains se souviennent avec amusement de l'effroi de la direction de la Société Générale en 2012, lorsque des vagues de salariés avaient demandé à bénéficier du plan de départ. Il avait à l'époque fallu en retenir une partie.

Pourtant, le plan portait sur 880 départs, ce qui n'était pas rien. 

À l'époque, les conditions financières offertes par l'entreprise avaient convaincu bon nombre de salariés de "prendre le chèque" et de partir, parfois sans aucune promesse d'embauche ailleurs. On retrouve ici les mêmes motifs que ceux qui poussent Macron à proposer le chômage pour les démissionnaires: loin des idées reçues, les entreprises françaises ne licencient pas assez...

C'est d'ailleurs pour quoi les syndicats signent

Au passage, on n'a probablement pas assez martelé que la rupture collective conventionnelle fonctionne avec un accord d'entreprise majoritaire. Autrement dit, il faut que les syndicats qui le signent représentent une majorité de salariés lors des élections professionnelles. On est donc très loin d'une décision unilatérale prise par un exploiteur qui impose la misère à de pauvres salariés. 

Si Pimkie et PSA comptent sur un accord majoritaire, c'est bien parce que leur projet de rupture conventionnelle est favorable à l'intérêt des salariés et n'a rien à voir avec les caricatures qu'on en dresse. Les syndicats d'entreprise, qui sont beaucoup plus pragmatiques que la bureaucratie qui les représente au niveau national l'ont très bien compris. 

L'intérêt économique de la rupture conventionnelle collective

Au demeurant, la rupture conventionnelle collective obéit à une vraie logique économique, même dans les entreprises qui dégagent des profits comme PSA. En économie de marché, les entreprises sont contraintes à une adaptation permanente de leur processus de production. Seules les économies administrées peuvent (temporairement) rester figées, jusqu'à ce qu'un effondrement brutal se produise. 

PSA l'a très bien compris et fonctionne depuis des années avec une sorte d'accord de compétitivité permanent qui prévoit des départs réguliers sur la base du volontariat. Au sein de l'entreprise, le seul syndicat qui s'oppose à cette logique de bon sens est la CGT de Jean-Pierre Mercier, par ailleurs militant de Lutte Ouvrière. 

En réalité, l'opposition aux accords de compétitivité dont la rupture conventionnelle collective est une résurgence contemporaine traduit une nostalgie pour les économies monopolistiques. 

Rupture entre le syndicalisme d'entreprise et la bureaucratie syndicale

Alors qu'une majorité de syndicats devrait signer la rupture conventionnelle collective de PSA, on a entendu des bureaucrates syndicaux dire tout le mal qu'ils pensaient de cet accord. On retiendra en particulier les propos de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, qui appelle au licenciement des intérimaires avant le départ des titulaires d'un CDI chez PSA. 

On ne relèvera même pas ici la logique de rentier qui sous-tend les propos de Mailly (virons les outsiders avant les insiders) et qui rappelle une fois de plus que le syndicalisme français est avant tout un outil de défense au service des mieux intégrés sur le marché du travail. On notera juste que, malgré l'opposition de la bureaucratie de FO, la section d'entreprise devrait souscrire au projet de la direction de PSA. 

Il serait peut-être temps que les bureaucrates (souvent issus de l'appareil ou de la fonction publique) qui tiennent le syndicalisme français cèdent la main à des personnalités un peu mieux représentatives de l'économie française et des salariés du secteur privé. 

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Patrick LOUVET
- 29/12/2017 - 17:53
Appelons un chat un chat
Osons avoir le courage de nos opinions et ne nous cachons pas derriére de fuasse barbe. J'incite ceux qui pensent comme moi à le faire. Qu'on le veuille ou pas cette procédure permet d'éviter un plan de licenciement.
Mettez-vous a la place d'une personne de cinquante ans auxquels on va "demander" de soucrire à un plan "deguisé". Retrouvera-t-il du travail ? rien n'est moins sur.
vangog
- 29/12/2017 - 13:43
Quand à PSA, voici ce que révèle Sébastien Chenu:
« La hausse de 6,1% des ventes de voitures au 1er trimestre 2017 pour le groupe PSA suggérerait plutôt que l’entreprise se trouve dans une bonne dynamique économique ; celle-ci devrait profiter tant aux actionnaires qu’aux salariés. Pourtant, il n’en est rien : la bonne santé de PSA — comme celle de nombreux grands groupes — n’est plus liée à sa production physique, mais au bon vouloir des marchés et des actionnaires.

​L’un des principaux actionnaires de PSA est la Banque Publique d’Investissement qui possède 12% des parts du groupe. Par ce biais et par celui du rachat possible d’une partie des actions de PSA (notamment des actions du flottant), il serait possible de contraindre le groupe à ne plus laisser des centaines voire des milliers de salariés sur le carreau.

​Le Front National appelle le Gouvernement à gouverner. Les contribuables français ont consenti à soutenir PSA et les groupes de l’automobile via la prime à la casse et de nombreuses aides économiques lors des crises successives du secteur. Nous exigeons aujourd’hui que PSA rende la pareille en sauvegardant les emplois du groupe, mais aussi ceux de ses sous-traitants, comme GM&S«  informez-vous...bien!
vangog
- 29/12/2017 - 13:39
Vous ne pouvez pas traiter le FN de gauchiste et d’extrême-droit
dans le même article! Il faut choisir Verhaegue...je vous suggère de vous référer aux site officiel des patriotes FN, si vous ne savez pas vous affranchir de la pensée binaire, Jordan Bardella vous ouvre les yeux: « Si l’existence d’un mécanisme de contrôle simplifié est essentiel à un juste fonctionnement du système de l’assurance chômage, il apparaît nécessaire de cibler les fraudeurs notoires plutôt que de jeter la suspicion sur l’ensemble des victimes du chômage de masse, comme l’envisage le gouvernement. Combien de délinquants en berlines et au train de vie suspect fanfaronnent chaque jour dans nos quartiers ? Ces abus manifestes doivent faire l’objet de contrôles accrus et de sanctions.
Ce nouveau débat ne doit toutefois pas éluder les causes du chômage de masse dans notre pays, qui touche près de 8 millions de Français, qui pour l’immense majorité le subit plutôt que le choisit et coûte 100 milliards d’euros par an à l’État.  »