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Votre prénom fait-il partie de ceux qui ouvrent les portes de la réussite ?

Publié le 21 décembre 2017
Choisis par les parents et donc porteurs de leur projet pour l'enfant, les prénoms sont classifiés par couches sociales et pèsent inconsciemment sur celui qui le porte. Ils possèdent un réel impact sur le quotidien, dans la la vie professionnelle ou sociale.
François Bonifaix
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François Bonifaix est psychanalyste. Ses recherches l'ont conduit à s'interroger sur les raisons du choix du prénom par les parents et les conséquences psychologiques qui pourraient en découler. Pendant près de 4 ans il reçoit près d'un...
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Adam Alter est professeur à la New York University’s Stern School of Business.
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Choisis par les parents et donc porteurs de leur projet pour l'enfant, les prénoms sont classifiés par couches sociales et pèsent inconsciemment sur celui qui le porte. Ils possèdent un réel impact sur le quotidien, dans la la vie professionnelle ou sociale.

Atlantico : Une étude démontre que les noms courts et simples à retenir offrent un avantage socialement sur les noms plus longs et moins familiers. Comment l'expliquer ?

François Bonifaix : A l'origine les prénoms sont ceux des Saints qui étaient courts : Paul, Matthieu, Jean, Pierre. De plus, pendant longtemps, les gens n'avaient pas accès à l'école. Les prénoms courts étaient plus faciles à retenir. Ils étaient suivis de la géo-localisation du métier exercé par la personne. Enfin, selon la tradition biblique chrétienne, nous devions posséder 3 prénoms. Il n'était donc pas question d'avoir 3 longs prénoms bien entendu, il fallait faire court. Seuls les prénoms composés étaient admis tels que Jean-Baptiste ou Jean-Pierre puisqu'ils comptaient pour 2.

Le prénom court est également privilégié pour des raisons de l'ordre du commercial. Il faut faire court et précis dans une communication pour qu'elle soit efficace. On peut donc transposer ce raisonnement sur le prénom. En effet, "qui se conçoit bien s'énonce clairement". Le prénom évoque forcément quelque chose et plus il est long, plus sa symbolique peut être forte et ainsi négative. Léa, Théo ou Thomas ne renvoient pas forcément à une histoire particulière. Au contraire pour certains prénoms comme Petite Gazelle qui Descend de la Coline qui est un prénom utilisé dans certains pays.

Une étude sociologique avait également démontré que plus on avait un prénom original et moins on avait de chance de réussir à l'école. Nous aimons évoluer dans un environnement familier. L'originalité ne paie pas puisqu'elle conduit à une mise à l'écart et il faut avoir les moyens de se mettre à l'écart. C'est ainsi que souvent les artistes ont des prénoms qui sortent un peu de l'ordinaire.

Adam Alter : En règle générale les personnes préfèrent les choses ou personnes familières. Ces choses ou personnes connues qui ne lui ont pas fait de mal auront de grandes chances de ne pas lui en causer dans le futur. Ce qui est nouveau est plus dangereux puisque nous ne savons pas encore si la nouveauté agira en notre faveur ou notre défaveur. Les noms les plus courts auront un avantage seulement lorsqu'ils seront plus faciles à prononcer ce qui les rend plus familiers. (En anglais, par exemple, un nom comme Szczy est court mais très difficile à prononcer et donc pas familier du tout).

Dans les milieux juridiques, les femmes au nom masculin réussissent mieux selon la théorie de Portia. Comment expliquer ce phénomène ?

François Bonifaix : Nous sommes encore dans une société très machiste où c'est l'homme qui prédomine. Finalement les femmes n'ont obtenu le droit de vote que juste après guerre. Dans l'éducation la femme a longtemps eu le rôle de rester à la maison. Aujourd'hui les écarts de salaire de 20% entre un homme et une femme pour un travail égal se retrouvent également dans les prénoms. Avec un prénom à connotation féminine, le salaire sera inférieur de 20%. C'est le même problème pour un prénom d'origine étrangère. D'où la problématique des CV anonymes.

Nous avons peut être également fait une erreur en voulant féminiser à tout prix les métiers en changeant l'orthographe comme avocate, auteure. En essayant de véhiculer plus justice, nous divisons encore plus. Mais si la différence machiste n'est pas faite sur un nom de métier, elle sera forcément faite sur le prénom.  

Adam Alter : Les préjugés contre les femmes dans les milieux juridiques durent depuis toujours. Une femme avec un nom à consonance masculine semblera plus proche des hommes ce qui jouera à son avantage par rapport aux autres ayant un prénom à consonance féminine.

Faut-il s'appeler Thomas et Marie pour mieux réussir dans les études supérieurs comme le révèle une étude ? Même si l'on vient d'un milieu plus défavorisé ?

François Bonifaix : Les prénoms sont classifiés par couches sociales. Les prénoms à consonance américaine par exemple comme Kevin seront plus facilement associés à des couches sociales inférieures. Bien évidemment la position sociale joue beaucoup dans la future réussite de l'enfant. Un Jean-Eugène aura forcément plus de chances de réussir qu'un Kevin. Le prénom marque l'appartenance sociale et aussi la prédisposition financière. Cela ne veut pas dire qu'appeler son enfant Jean-Eugène signifiera qu'il réussira forcément. Mais cela peut tout de même aider en raison d'une perception inconsciente.

Comment le prénom influence-t-il nos rencontres ?

François Bonifaix : Pour pouvoir exister, une chose ou un être doit pouvoir être nommé. Un exemple dans les films, lorsque le héro tue l'ennemi ce dernier veut absolument connaître le prénom de son adversaire avant de mourir. Nommer c'est donner une existence et un sens aux choses. Si le prénom est imprononçable et non répétable, nous existerons modifié par l'autre. Si nous disposons d'un prénom assez compliqué à prononcer et que la personne le répète d'une autre façon, nous aurons l'impression qu'il ne s'adresse pas à nous. Deux français qui parlent la même langue mais qui n'arrivent pas à prononcer le prénom de l'autre qui est trop compliqué, auront du mal à avoir une véritable interaction. L'échec vient dans la façon de reconnaître l'autre par rapport à son propre prénom. Si nous ne savons pas si la personne au téléphone est de sexe masculin ou féminin et qu'en plus son nom ne nous renseigne pas la conversation sera étonnamment perturbée.

Adam Alter : Avec un nom plus simple et familier les personnes risquent de se montrer plus amicales et ouvertes à notre égard. Il sera plus facile de trouver un emploi avec un nom utilisé principalement par les classes moyennes.

Quelle importance et influence de notre nom sur notre quotidien ?

François Bonifaix : Le prénom pèse inconsciemment sur celui qui le porte. Il porte le projet des parents. Ils ont mis tout leur amour sur ce prénom là mais également les projets d'avenir et de réussite qu'ils ont pour nous. Le prénom pèse aussi de façon consciente sur celui qui le porte. Pour donner un exemple, Blanche Neige est très symbolique. Or certaines filles en Afrique se sont retrouvées avec ce prénom ce qui n'est évidemment pas facile à porter. L'enfant sera perturbé dans son évolution si la symbolique derrière le prénom ne correspond pas à son regard vis-à-vis des autres, et des autres vis-à-vis de lui-même. Le prénom aura donc une influence énorme qu'elle soit consciente ou inconsciente sur nous même.

Cet article a été initialement publié en décembre 2015

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (4)
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kelenborn
- 21/12/2017 - 17:50
?????
Bon!!! on concédera qu'en quelques lignes, il n'est pas facile de développer une théorie mais on reste pour le moins perplexe: les Kevin réussissent moins que les Jean-Eugene! 1. Est-ce qu'il y a beaucoup de Jean-Eugene pour justifier statistiquement l'affirmation? 2 Est-ce le prénom Kevin ou l'origine sociale des parents qui explique les choses? Parce qu'avec de telles méthodes, Henri-Désiré et Marcel ( Landru et Petiot) sont des prénoms qui mènent à la guillotine tandis que Jacques ou Jack vous prédestinent à être un escroc! Quant aux métiers juridiques, on se pince! Les avocats et magistrats sont des professions très féminisées!!! A moins qu'il ne faille suivre Zemmour en disant que les femmes , qui se sont mises à fumer quand on a su que fumer donnait le cancer , ne sont devenues avocates ou magistrates quand ces professions sont devenues pourries! Ca sent la bêtise ou l'escroquerie!!! Encore un article téléguidé par Jacquet pour Ah2bouh!
LouisArmandCremet
- 21/12/2017 - 12:56
Lieux communs...
100% d'accord avec Worstein : un long délayage de lieux communs sans aucun intérêts ! N'importe qui un peu censé est déjà arrivé aux mêmes conclusion.
Lepongiste
- 21/12/2017 - 09:57
Réussir dans les études supérieures ! Supérieures c'est du
féminin qui devient pluriel avec études et supérieures !
Donc ça commence par un minimum d'orthographe hein Atlantico !!
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