En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
Atlantico Business
Theresa May de plus en plus soupçonnée par son gouvernement de mettre en place les conditions propices à l’abandon du Brexit
Publié le 20 décembre 2017
L‘accord signé à l’arrachée par Theresa May ne convient ni à son gouvernement, ni à son Parlement. Les pro-Brexit la soupçonnent de créer les incertitudes pour revenir sur le projet.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.Il est aussi l'auteur...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L‘accord signé à l’arrachée par Theresa May ne convient ni à son gouvernement, ni à son Parlement. Les pro-Brexit la soupçonnent de créer les incertitudes pour revenir sur le projet.

Depuis son retour de Bruxelles où elle a accepté l’essentiel des conditions à l’ouverture de la première phase des négociations sur le Brexit, Theresa May se retrouve confrontée à l’opposition d’une grande partie de son opinion publique. Les anti-Brexit l’accusent toujours de conduire l’économie du pays à la ruine et au déclin. Quant aux pro-Brexit, ils lui reprochent des concessions qui déboucheront sur un Brexit au thé tiède, ménageant tous ceux qui profitent de l’Union européenne.

Le week-end dernier, elle a dû affronter une partie des nouveaux membres conservateurs du Parlement. Theresa May doit tenir compte que 309 députés contre 305 ont adopté un amendement qui l’oblige à faire valider l’accord final par le Parlement.

Comme si cette menace n’allait pas la paralyser assez, les ministres pro-Brexit de son gouvernement lui ont expliqué très clairement que les premières phases de la négociation du deal telles qu‘elle les accepte leur déplaisaient. Boris Johnson, Philip Hammond et Michael Grove, les trois faucons du gouvernement, lui reprochent d’abord d’avoir accepté un compromis beaucoup trop vite et surtout, ils considèrent que les modalités de la négociation sont trop incertaines. Ces incertitudes peuvent faire capoter le projet.

1. L’accord préalable correspond effectivement à ce que défendait Michel Barnier pour démarrer la négociation. A savoir :

- le montant du chèque de départ, pour solde de tout compte, soit 50 milliards d’euros (au départ, les européens voulaient 100 milliards)

- un engagement de maintenir la libre circulation entre l’Irlande du nord et l’Irlande du sud qui étaient en voie d’unification.

- le respect des statuts des résidents européens en Grande Bretagne et réciproquement.

Pour les partisans d’un Brexit dur, les points de ce compromis sont trop laxistes.

2. Pour ce qui est des modalités de la phase transitoire, elles comportent trop d’incertitudes. Les européens espèrent que ces incertitudes seront levées rapidement avant le début des négociations commerciales qui doivent démarrer au printemps. Les pro-Brexit, quant à eux, ne sont pas loin de penser que la multiplication de ces incertitudes est là pour, au final, faire capoter le projet.

La première incertitude porte sur la durée de deux ans acceptée comme période de transition dans le texte du compromis. Pendant cette période, le Royaume-Uni s’engage à continuer d’appliquer le droit européen. Or, les pro-Brexit défendent l’idée que la Grande Bretagne doit adopter ses propres lois progressivement, notamment dans le domaine des technologies. Cette incertitude est soulevée par les européens et les industriels britanniques qui estiment que cette durée, portée à 2 ans pour aboutir à l'accord final immédiatement applicable, ne sera pas suffisante. Il faudra prolonger cette durée tant la complexité des rapports commerciaux sont grands. L’interpénétration des chaines de valeur rend le divorce très compliqué à dissoudre sans drame, ni dégât matériel et financier. Pour beaucoup, il faudra prévoir une durée beaucoup plus longue.

La deuxième incertitude porte sur la faisabilité même d’un accord et de son contenu. Selon le compromis signé à Bruxelles, on devrait avoir une esquisse d’accord commercial dès 2018 avec un projet prévu en 2019. Pour la majorité des négociateurs et des parties prenantes, c’est impossible. Theresa May s’est engagée à « un accord imaginatif, créatif et sur mesure ». Pour tous les signataires, cet engagement est suffisamment vague que tout le monde l’a accepté. La réalité est que ce type de compromis ne signifie rien.

La troisième incertitude est politique. Pour beaucoup d’observateurs, la négociation va emmener les responsables politiques jusqu’à la prochaine élection. Or, pour ces mêmes observateurs, la situation économique de la Grande-Bretagne sera dégradée, les perspectives du Brexit seront encore plus confuses qu’aujourd’hui. Le résultat est que les partisans de l’Union européenne auront reconstitué une majorité.

La prévision des pro-Brexit rejoint celle des anti-Brexit, que Theresa May fabrique dès maintenant les conditions de son échec. Et son échec reviendra à un vote des Anglais en faveur du retour dans l’Union européenne. A moins qu'elle démissionne avant, face au mur des réalités.

Ce qui est étonnant dans cette période historique, c’est la position déterminée des européens pour ne pas céder. Le Commissaire européen au Brexit, Michel Barnier, confirme ce week end que l'Europe refuserait d’accorder à la Grande Bretagne un accord sur le modèle de celui qu'elle a conclu avec le Canada, plus "Trade" et plus laxiste comme le souhaiteraient les anglais. « On ne peut pas mixer, les différents accords existants pour créer un deal qui permettrait de répondre à tous les souhaits du pays. Les anglais doivent affronter les conséquences de leur propre décision ».

En d’autres termes, pour les européens, les Anglais n‘auront pas « le beurre et l’argent du beurre ». Theresa May est rentrée de Bruxelles avec cette conviction. Elle en a informé ses ministres et sa majorité. Les pro-Brexit n’aiment pas. Mais c’est ainsi.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Cash investigation : poursuivi par Elise Lucet, un patron s'enfuit en courant
02.
Prime exceptionnelle de fin d’année : comment Emmanuel à Macron a (nettement) privilégié son électorat sans le vouloir
03.
Grand débat : ce vent de bêtise qui siffle sur nos têtes
04.
Iran-États-Unis : la tension est à son comble
05.
La Belle au bois dormant est un "conte sexiste" : supprimé dans certaines écoles!
06.
Et rien ne se passa comme prévu (par les progressistes)... : 2019 ou l’effondrement des promesses du monde de 1968
07.
De #GaspardGlanz au passé de Nathalie Loiseau, ces clashs qui soulignent la mentalité de guerre civile qui gagne les esprits français
01.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
02.
Manon Aubry découvrira-t-elle que la FI est une secte stalinienne avant ou après les élections ?
03.
La Belle au bois dormant est un "conte sexiste" : supprimé dans certaines écoles!
04.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
05.
Et rien ne se passa comme prévu (par les progressistes)... : 2019 ou l’effondrement des promesses du monde de 1968
06.
De #GaspardGlanz au passé de Nathalie Loiseau, ces clashs qui soulignent la mentalité de guerre civile qui gagne les esprits français
01.
Le coupable dans l’incendie de Notre-Dame : le progressisme
02.
Pourquoi les 50 morts musulmans de Christchurch pèsent-ils tellement plus lourd que les 200 morts chrétiens du Sri Lanka ?
03.
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE
04.
Brûler l’ENA ? Pour la reconstruire plus belle encore?
05.
Névroses nationales : et la France de demain, vous la voulez à l’identique ou conscientisée ?
06.
Et rien ne se passa comme prévu (par les progressistes)... : 2019 ou l’effondrement des promesses du monde de 1968
Commentaires (8)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Deudeuche
- 20/12/2017 - 18:02
Wishful thinking M Sylvestre
Et non ! Brexit is Brexit !
Anguerrand
- 20/12/2017 - 16:23
A vangog 11:07
Vous pensez à MLP ? Quand on voit la façon dont elle peut se comporter devant Macron, j’ai comme un doute sur ses capacites
MIMINE 95
- 20/12/2017 - 13:43
LES ANGLAIS N' AURONT PAS LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE
NA !!!!! . Et un jour Sylvestre, il l'aura Titi (le canari) il l'aura.