En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© Reuters
Vu de l’estrade
Sélection à l’université : petites réflexions sur ce que vivent les profs face aux étudiants qu’on leur « livre »
Publié le 13 décembre 2017
Un dessin représentant le jardin de l’université avec une mention explicite à l’herbe que fume le candidat, une copie d’une étudiante parlant des biscuits BN qui l’empêchent de travailler, une autre étudiante en train de dessiner une vache pendant l’examen au vu et au su des surveillants, le quotidien d’un universitaire s’occupant des premières années de licence à la fin des années 2000 ressemble plus à celui d’une institutrice d’une école maternelle qu’à la formation de jeunes adultes destinés à entrer sur le marché du travai
Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Laurent Chalard
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Un dessin représentant le jardin de l’université avec une mention explicite à l’herbe que fume le candidat, une copie d’une étudiante parlant des biscuits BN qui l’empêchent de travailler, une autre étudiante en train de dessiner une vache pendant l’examen au vu et au su des surveillants, le quotidien d’un universitaire s’occupant des premières années de licence à la fin des années 2000 ressemble plus à celui d’une institutrice d’une école maternelle qu’à la formation de jeunes adultes destinés à entrer sur le marché du travai

Et encore, il ne s’agit que du sommet de l’iceberg, étant donné les accommodements des enseignants titulaires avec une situation indigne d’un pays développé, qui s’apparente beaucoup plus à la corruption généralisée de Républiques Bananières !

En effet, pour maintenir les effectifs, et donc justifier de sa paie à la fin du mois, certaines universités maintiennent artificiellement des formations sans aucun débouché, en acceptant n’importe qui et ce pas uniquement en première année. Le nombre de Masters qui ne vivent que grâce à des étudiants africains maîtrisant difficilement la langue française (les meilleurs préfèrent  l’Amérique du Nord) et à des chômeurs déguisés, c’est-à-dire des jeunes que l’on a incité à poursuivre des études en sachant pertinemment qu’ils n’ont pas le niveau, est assez impressionnant. Les universitaires se préoccupent beaucoup plus de la pérennité de leur poste que de l’avenir des étudiants, qui semble constituer le cadet de leurs soucis ! Il n’est donc guère surprenant qu’une partie d’entre eux, malgré les plaintes de convenance, voit d’un bon œil les taux de réussite de plus en plus spectaculaires au Baccalauréat, ce qui assure de fournées nombreuses permettant au système de se perpétuer pendant encore quelque temps, c’est-à-dire pour les nombreux enseignants désabusés jusqu’à la retraite.

Parallèlement, les bourses sont devenues l’équivalent d’un « RSA jeune », le RSA ne concernant que les personnes âgées d’au moins 25 ans. En conséquence, pléthore de jeunes disposant d’un Bac professionnel en chaudronnerie s’inscrivent, par exemple, en première année de licence d’histoire avec pour objectif affiché sur la feuille de présentation remplie en début d’année de devenir professeur d’histoire-géographie. Bien évidemment, personne n’est dupe de la motivation réelle de l’inscription universitaire, mais tout le monde fait comme si de rien n’était, les enseignants, avec la bénédiction de nos gouvernants ravis de voir de potentiels chômeurs non comptabilisés par les statistiques officielles, devenant complices d’un système qui conduit, année après année, à ronger l’université française.

Cependant, nous ne sommes pas encore arrivés au bout de nos surprises car une nouveauté  a désormais gagné l’université, la violence. Au milieu d’un cours, un jeune fâché d’avoir vu sa note diminuée par deux par le professeur pour tricherie lance de rage une chaise contre le mur et insulte une camarade de TD. A une autre occasion, deux étudiants commencent à s’empoigner, qu’il sera difficile d’arrêter, étant donné l’état second, lié à l’abus de drogues, courant au sein de nos pseudo-facultés, de l’un d’entre eux. Par ailleurs, dans les discussions avec vos collègues, des enseignantes plus âgées que vous, vous font part de la peur que leur inspirent certains élèves, dont elles sont convaincues que le futur se situera à la Maison d’Arrêt. Parallèlement dans d’autres universités, des rumeurs de professeurs violentés circulent, sans qu’il soit possible d’en vérifier la véracité.

La barque étant suffisamment chargée, nous n’allons pas nous étendre plus longuement, au risque de déprimer de nombreux lecteurs, qui trouveront probablement ces propos exagérés, voire provocateurs, visant à défendre le principe de sélection. Néanmoins, je tiens à les rassurer, il n’en est malheureusement rien, le réel est ce qu’il est, que cela plaise ou non ! Sachez-le, Madame, Monsieur, l’université française est malade, gravement malade…

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
04.
Attention danger (politique) : les gilets jaunes, une crise pour rien ?
05.
Le triste bilan des consignes de Castaner : des dizaines de mâchoires fracassées et d'éborgnés
06.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
07.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
04.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
05.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
06.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
07.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
05.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
06.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
04.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
Commentaires (14)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
xenophon
- 16/12/2017 - 10:54
Mais de quoi s'étonne -t-on?
En théorie et sans redoublement, un illettré peut aller jusqu'en terminale. Là il suffit presque d'apprendre à écrire, lire et compter pour réussir au Bac, avec un peu de chance! Et là, c'est la Fac qui permet de vivoter encore quelques années avant, évidemment, de s'inscrire au chômage. A moins d'avoir milité chez les Jeunesses Socialistes pour trouver un poste à la Mairie de Paris!!!
xenophon
- 16/12/2017 - 10:54
Mais de quoi s'étonne -t-on?
En théorie et sans redoublement, un illettré peut aller jusqu'en terminale. Là il suffit presque d'apprendre à écrire, lire et compter pour réussir au Bac, avec un peu de chance! Et là, c'est la Fac qui permet de vivoter encore quelques années avant, évidemment, de s'inscrire au chômage. A moins d'avoir milité chez les Jeunesses Socialistes pour trouver un poste à la Mairie de Paris!!!
xenophon
- 16/12/2017 - 10:54
Mais de quoi s'étonne -t-on?
En théorie et sans redoublement, un illettré peut aller jusqu'en terminale. Là il suffit presque d'apprendre à écrire, lire et compter pour réussir au Bac, avec un peu de chance! Et là, c'est la Fac qui permet de vivoter encore quelques années avant, évidemment, de s'inscrire au chômage. A moins d'avoir milité chez les Jeunesses Socialistes pour trouver un poste à la Mairie de Paris!!!