En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© LUDOVIC MARIN / AFP
Cartes rebattues
Europe - Chine versus Russie - Etats-Unis : les alliances inattendues révélées par le G20
Publié le 09 juillet 2017
De nouveaux rapports de force ont pu être observés lors de son G20.
Michael Eric Lambert est docteur en Histoire des relations internationales à la Sorbonne - INSEAD (BFC'15Dec) et directeur du Black Sea Institute. Ses travaux portent sur les relations entre l'Union européenne, la Russie, et la Chine en Europe...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michael Lambert
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Michael Eric Lambert est docteur en Histoire des relations internationales à la Sorbonne - INSEAD (BFC'15Dec) et directeur du Black Sea Institute. Ses travaux portent sur les relations entre l'Union européenne, la Russie, et la Chine en Europe...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
De nouveaux rapports de force ont pu être observés lors de son G20.

Quel bilan peut-on tirer de ce G20 ? Quels rapports de forces ont pu être observés ?

Michael Lambert : Le plus simple est d'observer ce qu'il s'est passé pour chacun des quatre grands acteurs, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l'Union européenne. Dans l'ensemble, Donald Trump ne convainc pas avec sa politique/ Il continue sa politique protectionniste en voulant taxer notamment les produits allemands et chinois. Il ne parvient évidemment pas à convaincre les Allemands et les Européens qui ne partagent pas l'approche protectionniste qu'il a, et ne parvient pas à convaincre les Chinois. Il tente de nouer un dialogue avec la Russie sans résultat concrets et surtout il ne respecte pas le protocole en mettant sa fille à la table des négociations, ce qui fait de la présidence de Trump une présidence familiale. C'est soit un manque de respect du protocole ou un acte délibéré de mettre sa fille en avant, et l'on peut se poser la question de ses raisons pour le faire.

Pour la Russie, on peut dire qu'il y a eu de bonnes négociations résolument classiques et Vladimir Poutine joue sur la méconnaissance de Trump en matière de géopolitique et sur les divisions entre occidentaux pour asseoir sa position au Moyen-Orient.

Vladimir Poutine va s'intégrer dans tous les débats mais il est dans une optique de géopolitique dans laquelle il veut s'assurer de son contrôle sur la Syrie et du fait que les occidentaux soient d'accord avec cette position. Le dialogue avec Trump à mon sens ne mène pas à grand-chose.

Le troisième acteur serait la Chine, qui apporte son soutien aux Européens en matière de libre échange et de lutte contre le réchauffement climatique. Sur le libre-échange, car c'est évidemment dans l'intérêt de la Chine. Pour le réchauffement climatique, cela ne s'inscrit pas dans la même logique que les Européens de protection de la planète : c'est surtout que la Chine est le premier pays qui vend les composants pour les panneaux photovoltaïques, qui produit de plus en plus de voitures électriques… On se retrouve donc dans un schéma dans lequel la Chine a tout intérêt à coopérer avec les Européens et au contraire n'a aucun intérêt à avoir un système international qui ne fonctionnerait plus sur le principe du libre échange. Toujours sur le climat, il y a aussi une question de politique intérieure qu'il ne faut pas négliger. Les Chinois sont de plus en plus sensibles aux questions environnementales, pas de la même manière qu'en Europe évidemment, mais c'est surtout des questions de santé publique. La pollution nuit au tourisme et à la santé des forces vives de travail.

Enfin, il y avait les Européens qui tentent de préserver le libre-échange. Le rôle de la France a été plus important que d'ordinaire dans un contexte de Brexit dont au final on a peu parlé, afin de montrer une unité retranscrite dans le couple franco-allemand et une opposition face aux Etats-Unis.

Est-ce que la rencontre, qui a été qualifié de franc succès entre Donald Trump et Vladimir Poutine pourrait  trahir un certain isolement sur la scène internationale notamment en matière de politique économique et sur le climat qui ont été les thèmes phares de ce G20 ?

Les rapports de force sont compliqués car il y a deux leaders singuliers. On ne sait pas vraiment ce qui est ressorti de la rencontre. Trump est un débutant et politique qui a une vision ancienne de la Russie mais qui partage certaines valeurs avec cette dernière, notamment le conservatisme. A côté de cela, Poutine est beaucoup plus géopolitique. Il connaît très bien le domaine et on peut imaginer qu'il peut tirer avantage de son expérience pour emmener Donald Trump là où il veut aller d'une manière assez subtile, ce que Trump n'est pas forcément capable de percevoir.

Dans le volet de la coopération, les Etats-Unis vont laisser faire la Russie dans certains endroits du globe, notamment en Syrie de manière à ne pas s'embourber et la Russie va de son côté accepter de laisser les Etats-Unis mener la politique qu'ils veulent mener.

Il y a un isolement par rapport aux Européens tout simplement parce que les politiques et les représentations du monde ne sont pas les mêmes. On est sur des discours discordants et c'est très compliqué pour les Européens de discuter avec Trump. En ce qui concerne la Russie, le dialogue entre les deux chefs d'Etat était très attendu

Macron a voulu s'imposer en leader durant ce G20, notamment sur le climat, que penser de cette performance notamment lorsque l'on sait qu'il a rendez-vous avec Donald Trump le 14 juillet à Paris ?

Pour ce qui est du climat, il y a eu ce souhait dès le départ de la part d'Emmanuel Macron de présenter ce thème comme un enjeu important, voire primordial, ce qui n'était pas forcément le cas pendant la campagne présidentielle où il ne l'a pas nécessairement mis en avant.  C'est dans son discours d'inauguration qu'il a commencé à mettre l'écologie et la lutte contre le réchauffement planétaire en avant. Il a mis les anciens présidents en avant, notamment François Hollande  qui a conduit la COP 21, et s'est imposé en héritier de ce dernier sur ce point précis.

Quand les Etats-Unis se sont retirés de l'accord de Paris, il a été le premier à marteler son désaccord profond. A partir de là, il y a eu cet engagement, les médias l'on présenté comme le défenseur de l'environnement et il s'est retrouvé de facto dans cette position.

Par la suite, il y a eu consensus de la part des autres Etats. Le G20 est la suite logique et cette mise en avant du climat permet de donner une image "neuve" de la France sur la scène internationale, plus d'importance et cela permet de nouer un dialogue très constructif avec d'autres partenaires. En cela on peut considérer que c'est une franche réussite pour Emmanuel Macron.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
"Il entend, mais il n'écoute personne" : les conseillers de Macron sont au bout du rouleau
02.
Et si le Rassemblement National était en train de faire un bien mauvais coup à l’euro en renonçant à exiger que nous en sortions ?
03.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Brexit : rien n’est joué pour le royaume-Uni même en cas de sortie sans accord
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
“Le pacifisme, ça suffit” : pourquoi la stratégie de répression judiciaire et policière risque de produire une génération de militants politiques aguerris
01.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
02.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
03.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
04.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
05.
Vivons-nous dans un univers-bulle en expansion dans une autre dimension ? ; Hubble nous offre un magnifique portrait très détaillé de la galaxie du Triangle
06.
Et la raison pour laquelle les Allemands commencent sérieusement à s’inquiéter d’un Brexit sans deal est…
07.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Si la France vit un moment révolutionnaire (et voilà pourquoi c’en est bien un), quelle stratégie politique pour éviter le chaos et en sortir par le haut ?
Commentaires (7)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
simplicissimus
- 10/07/2017 - 00:49
Ivanka Trump parfaitement à sa place
Ce "docteur en relations internationales" raconte n'importe quoi. Trump a parfaitement respecté le protocole du G20. Sa fille Ivanka, titulaire d'un poste à la Maison Blanche et donc membre officiel de la délégation américaine, était parfaitement habilitée à remplacer le président américain pris à ce moment par un entretien bilatéral. D'autant que le sujet traité à ce moment concernait le rôle des femmes dans le développement, ce qui fait prėcisément partie de ses attributions à la Maison Blanche. Qu'Ivanka remplace son père n'a donc choqué personne au sein du G20, sauf quelques journalistes crétins ou partisans et notre "docteur en relations internationales".
Paulquiroulenamassepasmousse
- 09/07/2017 - 23:00
En gros, Poutine a compris
En gros, Poutine a compris que Trump lui foutrait la paix en Crimée et en Syrie........mais qu'il fallait calmer les ardeurs des chiites Iraniens vis a vis de l'Arabie saoudite, redevenus les meilleurs alliés des USA pour rendre leur gaz de schiste compétitif... Quand aux européens ils n'ont pas existé plus que d'habitude car ils n'ont pas les moyens militaires de se faire entendre.
Deudeuche
- 09/07/2017 - 20:04
L'Occident Crétin derrière son bouclier
Arc en ciel! Ca sent pas la victoire.
Allez Macron, Trudeau et tous les épigones de Saint Barak défenseurs des centre cités et de leurs banlieues! Les natifs (villes moyennes, campagnes et les autres) de chaque pays rigolent bien, et parfois jaunes! Ils ont Donald pour les défendre de tous ces Mickeys.