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Vous avez l'impression de ne jamais avoir une minute pour vous ? Voilà comment file votre temps libre

Publié le 23 mai 2017
Le temps libre s'est considérablement accru au cours de ces dernières décennies. Les écrans et sources de distractions se sont développées encore plus rapidement. Selon les résultats D'Adam Alter, professeur de psychologie à l'Université de New York, notre temps libre est désormais occupé par les écrans.
Nathalie Nadaud-Albertini est docteure en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et correspondante au Centre de Recherche sur les Médiations de l’Université de Lorraine.  
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Dominique Desjeux est professeur émérite à la Sorbonne, université de Paris. Il est le directeur de la Formation doctorale professionnelle en sciences sociales et responsable du Centre de Recherches en SHS appliquée aux innovations, à la consommation et...
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Le temps libre s'est considérablement accru au cours de ces dernières décennies. Les écrans et sources de distractions se sont développées encore plus rapidement. Selon les résultats D'Adam Alter, professeur de psychologie à l'Université de New York, notre temps libre est désormais occupé par les écrans.

​Atlantico : Adam Alter, un psychologue de l'Université de New York a montré à l'occasion d'une conférence TEDx comment a évolué notre temps libre dans une journée de 24h depuis ces dix dernières années. Là où en 2007, notre temps libre était occupé par diverses activités, au fil des années, les écrans ont grignoté ce temps libre pour complètement le dominer. Alors ou est passé notre temps libre ? Comment expliquer la prédominance des écrans ? 

Nathalie Nadaud-Albertini : Une grande partie de notre temps libre est passée dans les tête-à-tête prolongés avec divers écrans. La prédominance de ces derniers s’explique par le fait qu’on ne fait pas la même chose avec chaque écran, de sorte que la multiplication des supports phagocyte de plus en plus le temps libre.

Pour brosser un rapide portrait de ces différentes pratiques, on dira que le téléviseur sert à regarder un film ou une émission à plusieurs au sein du même foyer. L’ordinateur et la tablette à individualiser son rapport aux médias de divertissement et d’information. C’est-à-dire que l’on quitte la pratique collective qu’est la réception pour la personnaliser, pour l’adapter à notre temporalité. On lira la presse et on regardera les émissions au moment que l’on choisit, on ira également vers des offres de contenus que seul Internet propose, comme les émissions des YouTubeurs via leurs chaînes YouTube.

Et on réservera le smartphone pour un usage plus intime : c’est pour l’essentiel via cet écran que l’on reste connecté à ses différents réseaux sociaux. On y regardera également de courts contenus vidéos qui nous sont familiers ou on lira des articles de quotidiens que l’on aime bien, de journalistes que l’on apprécie ou sur des sujets qui nous interpellent particulièrement. Le smartphone se range souvent dans la poche intérieure gauche d’une veste, tout près du cœur. C’est très révélateur, car le téléphone sert à toutes les activités qui nous tiennent à cœur. Mais il peut aussi servir à tuer le temps, en jouant à un jeu pendant le temps de transport, ou à rester continuellement connecté à son activité professionnelle ou à essayer de concilier une activité agréable avec une tâche qui l’est moins. Comme consulter ses comptes bancaires en ligne à la terrasse d’un café. C’est un exemple d’activité hybride typique du smartphone. Dans cette situation, que fait-on ? Profite-t-on d’un moment de détente ou s’occupe-t-on de ses comptes ? Est-on dans du temps libre ou dans un autre type de temps ? La réponse est : les deux. Car souvent les gens qui se livrent à ce genre d’activité entre deux essaient de transporter dans un endroit agréable et peu stressant une activité qui génère du stress ou de la contrainte. C’est également très vrai pour les gens qui font leurs courses en ligne avec leur téléphone : ils tentent de réduire la pénibilité et le stress en délocalisent l’activité désagréable dans un endroit agréable.

Au final, on a des temporalités fragmentées et des cloisonnements entre temps libre et temps contraints qui deviennent poreux si ce n’est obsolètes. De fait les gens ont le sentiment de ne plus savoir à quelle activité ils se livrent. Une activité de temps libre ? Ou de temps contraint ? Ils ont alors le sentiment de ne plus avoir de temps qui leur appartient en propre. Et c’est vrai puisque les activités sont souvent un mix entre le temps libre et la contrainte.

Dominique Desjeux : Avant d’expliquer la disparition du temps libre, c’est-à-dire du temps en dehors du travail et du sommeil, il faut rappeler qu’il n’a pas toujours existé. Au début du XIXe siècle, on estime que le temps de travail tournait autour de 3000 heures par an ce qui veut dire à peu près 80 heures par semaine, une fois enlevés les jours fériés imposés par l’Église catholique. On est loin malgré tout des 3 à 4 heures de travail par jour du chasseur-cueilleur qui précède la révolution agricole vers -8000 avant notre ère. En devenant agriculteur, comme le rappelle Yuval Harari dans Sapiens, l’être humain a perdu beaucoup de son temps loisir.

Après 10 000 ans de dur labeur, l’homme des années 1950 retrouve une partie de son temps libre puisqu’il ne travaille plus que 2000 heures par an. C’est ce que le sociologue Joffre Dumazedier appellera en 1962 « La civilisation du loisir ». Il faut rappeler qu’à l’époque le terme « loisir » était associé à oisif, l’équivalent de paresseux. Aujourd’hui, on est descendu dans les pays occidentaux à peu près à 1750 heures. La baisse du temps de travail associée à la croissance de l’équipement de l’électroménager dans le logement a permis pour un temps le développement du temps libre pour l'homme et pour la femme. Ceci va conditionner le développement de la société de consommation et du chômage structurel, c’est-à-dire d’un temps libre mais avec un faible pouvoir d’achat.

Il semble qu’aujourd’hui, d’après le psychologue Adam Alter, l’homme soit à la veille de reperdre son temps de loisir à cause de l’usage intensif des écrans. Adam Alter divise la journée en quatre grands moments avec un tiers pour le sommeil, un tiers pour le travail et un tiers divisé en deux avec un temps pour les loisirs et un temps pour les usages de l’écran. En 10 ans, entre 2007 et 2017, il montre que l’usage des écrans a complètement absorbé le temps libre des Américains.

On observe tout à fait aujourd’hui en Europe et en Asie du Sud-Est une montée très forte de l’usage des écrans que ce soit à travers la télévision traditionnelle, l’ordinateur, le téléphone portable, la tablette ou la fablette, les jeux vidéo mais aussi dans les ascenseurs, comme à Séoul, dans les supermarchés, dans les RER et dans les trains, dans les voitures. Tyler Cowen Dans son livre The Complacement Class estime l'usage de l'écran par semaine à 70h.  Aujourd’hui l’écran est multi présent.

Ce qui reste difficile à discerner c’est la part de l’écran qui relève du temps libre et de la sociabilité comme le fait de lire son journal sur une tablette, de discuter par Skype, de communiquer par Instagram, ou de chercher son chemin sur son Smartphone. Le temps passé à regarder un écran ne signifie rien en soi aujourd’hui. Il montre simplement que l’écran a pris la place du papier et de la radio pour une partie des activités de médiation et d’interaction sociale dans la vie quotidienne.

​Sommes-nous encore capable de vivre sans écrans et internet ? Cela serait-il le signe que nous ne savons plus nous ennuyer ? 

Nathalie Nadaud-Albertini : Vivre sans écrans et sans Internet ? C’est difficile, car l’organisation sociale actuelle exige le recours aux écrans et à Internet. Il y a une injonction sociale forte à être connecté en permanence sous peine de se retrouver assez rapidement à la marge. La conséquence est que de nombreuses personnes ont le sentiment de devoir rester continuellement en prise avec l’activité du monde et leurs réseaux via les écrans. D’un côté, elles ont le sentiment de devoir être les perpétuels metteurs en scène de leur vie numérique au détriment de la vie « ici et maintenant ». Par exemple, photographier ce qu’elles mangent et le communiquer sur les réseaux sociaux plutôt que de profiter du dîner avec les personnes assises à la même table qu’elles. D’un autre côté, elles ont le sentiment de devoir tout suivre à tout moment, d’être obligée de rester connectés à l’activité du monde extérieur en permanence, par crainte de laisser passer quelque chose, a fortiori quelque chose d’important. C’est le fameux FOMO (« fear of missing out »).

Est-ce le signe que nous ne savons plus nous ennuyer ? Selon moi, c’est surtout le signe que l’on ne se sent plus autorisé à s’ennuyer. S’abandonner à un moment de vacance pure et simple devient extrêmement transgressif. Autrement dit, on a une évolution des normes qui va vers le bannissement des moments off, déconnectés, où l’on expérimente un rapport au monde différent de celui qui passe par les écrans. On ne s’autorise plus, ou du moins de moins en moins, à vivre dans une forme de rapport au monde où l’on est présent physiquement dans la temporalité d’un seul moment avec un seul groupe. Quelque part, on ne sait plus être seul avec soi parce qu’on n’aurait rien à dire à son réseau. Et en même temps, on ne sait plus être ensemble non plus, au sens de partager un moment où il on est présent physiquement au même moment, puisqu’il faut sans cesse suivre les échos du monde.

Pour moi, ce changement de normes est en grande partie lié au smartphone. Il ne nous quitte jamais et symboliquement c’est une extension de soi, presque une sorte de double virtuel de son propre corps qui permet d’être où le corps ne peut pas être.

Dominique Desjeux : Il est clair que la multiplication des écrans dans la vie quotidienne suscite une espèce d’angoisse sourde parce qu’il n’existe pas encore de point de repères, de frontières, entre ce qui relève de l’addiction, de la relation normale entre les êtres humains, du loisir ou de la recherche d’informations. Ce qui paraît probable, c’est que l’usage d’un écran joue une fonction de stimulation qui limite l’ennui voire la dépression qui nait de l’ennui. 

Il faut aussi rappeler que comme le loisir faisait peur au XIXe siècle, l’ennui faisait peur à l’Amérique des années 1950 comme le montrer le sociologue américain David Riesman dans La foule solitaire. Les parents modernes cherchent à stimuler leurs enfants en permanence et tout particulièrement le mercredi jour pendant lequel les mamans peuvent emmener leurs enfants faire du piano, puis du tennis, du poney ou aller jouer au foot. En Chine on retrouve cela le samedi et le dimanche comme en Corée du Sud. 

Toutes ces stimulations visent à améliorer la capacité des enfants à passer les concours scolaires. Ce qui fait peur dans l’écran c’est que la stimulation qu’il produit relève du loisir, et donc comme au XIXe siècle de l’oisiveté, qui détourne de la stimulation scolaire. Je ne suis pas sûr que les parents soient très favorables à ce que leurs enfants s’ennuient ou rêvassent. Ce dont ils ont peur c’est de la concurrence entre les stimulations proches du travail et celle qui sont proches de l’oisiveté.

Quel est ce besoin qui nous pousse a toujours vouloir être connecté ? Comment a-t-il évolué ces dernières années ? 

Nathalie Nadaud-Albertini : Ce besoin de toujours rester connecté répond au changement de normes que je viens de décrire. Il a évolué ces dernières années dans un sens assez inattendu. Pour beaucoup, l’injonction de devoir tout suivre à tout moment et de devoir mettre en scène sa vie sur les réseaux devient très pesante. Au point qu’en réaction au FOMO est né le JOMO (« joy of missing out »). Beaucoup veulent reprendre la main sur leur rapport à eux-mêmes et au temps. D’où le fort succès du « Bujo » (« bullet journal »), un carnet qui donne une vue d’ensemble de sa vie pour gérer au mieux son temps. On prend plaisir à y écrire à la main, souvent avec des crayons de couleurs. On apprécie le contact du papier sous la main, le bruit du crayon, le fait de redonner par le biais de l’écriture manuscrite une forme linéaire à notre temporalité. Autrement dit, avec ces carnets, on s’ancre à nouveau dans le « ici et maintenant » et on prend plaisir à faire une sorte de pied de nez vintage au smartphone. 

Dans le même esprit de se réapproprier son rapport à soi et au temps, on a également le succès

de pratiques qui demandent d’être présent dans l’instant et par son corps. C’est le cas de la méditation en pleine conscience, dont le principe est d’être à l’écoute de soi dans le moment présent pendant une dizaine de minutes (pour les débutants), ou du yoga.

Autrement dit, un nouveau paysage normatif du temps libre et du temps contraint se dessine. D’un côté, on a le temps des écrans qui oblige à un rapport au monde fragmenté. De l’autre côté, on a un temps que l’on prend plaisir à retrouver en s’organisant via les « bujo » ou en s’accordant un moment de vacance, un tête-à-tête avec soi, en prise avec son corps et le moment présent, pour également apprendre à être davantage réceptif aux autres dans l'instant présent. 

Dominique Desjeux : Là encore un peu de recul historique va nous rappeler que jusqu’au début du XXe siècle, dans les sociétés occidentales près de 60 à 80 % de la population vivait dans des communautés villageoises où l’interconnexion était très forte. Tout le monde communiquait avec tout le monde. Mais tout le monde était aussi sous le contrôle permanent du regard des autres. Big Brother était présent au village. La ville a libéré les individus de cette forme d’interconnexion.

Internet reconstruit sur une échelle spatiale beaucoup plus large l’interconnexion qui existait dans la communauté villageoise. Internet n’a pas inventé ce besoin d’être toujours interconnecté. Il existait bien avant. Il lui permet de s’exprimer autrement dans des espaces plus larges. Internet est la forme moderne du contrôle social des communautés villageoises dans son ambivalence de solidarité, de conformité et de contraintes. L’écran symbolise ce besoin d’interconnexion dont les règles du jeu ne sont pas encore fixées socialement. Elles sont instables. Elles paraissent excessives. Elles sont donc inquiétantes. Et pourtant il est probable que dans les années à venir on aura trouvé de nouvelles règles d’usage des écrans dans la vie quotidienne. Cependant l’écran sera toujours ambivalent, à la fois conditions de liberté et de servitude.

 

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