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Entre vote par défaut et adhésion réelle
Motivations de vote : ce que les Français avaient vraiment en tête en allant sélectionner le duel Macron Le Pen
Publié le 26 avril 2017
Vote de conviction pour la sécurité, la lutte contre les inégalités, l'immigration, le terrorisme : les Français ont souvent choisi leur candidat pour les thèmes forts qu'ils portaient. Avec pour priorité un tiercé gagnant : travail, immigration et Europe.
Erwan Lestrohan est directeur d'études à l'Institut BVA.
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Vote de conviction pour la sécurité, la lutte contre les inégalités, l'immigration, le terrorisme : les Français ont souvent choisi leur candidat pour les thèmes forts qu'ils portaient. Avec pour priorité un tiercé gagnant : travail, immigration et Europe.

Atlantico : Pour quelles raisons les Français se sont-ils déplacés pour voter dimanche ? Qu'est-ce qui dans les différents programmes présentés les a motivés à voter pour l'un plutôt que pour l'autre ?

Erwan Lestrohan : Quand on regarde les sujets qui ont compté dans le choix de vote des Français au premier tour, au-delà du fait que l'emploi et la lutte contre le chômage figure en première position (une dominante qui se vérifie dans les études d'opinion depuis quelques années), il est intéressant d'observer qu'en seconde position on a l'immigration (28%), puis l'Europe (24%) et la lutte contre le terrorisme. Cela place les questions de l'immigration et de l'Europe à un niveau très haut, au-dessus du pouvoir d'achat, de la sécurité ou de la lutte contre les inégalités – des thématiques qu'on aurait pu imaginer retrouver devant les questions européennes. La place de l'Europe dans les préoccupations politiques des Français est donc élevée. 

Si l'on regarde maintenant les thèmes qui ont compté dans les choix de vote d'Emmanuel Macron, l'emploi et la lutte contre le chômage arrivent en première position. C'est le seul candidat avec François Fillon pour lequel le thème de l'emploi est prioritaire dans le choix des électeurs. On avait pu observer dans nos dernières enquêtes d'opinion qu'Emmanuel Macron était le candidat auquel les Français rattachaient le plus la préoccupation de l'emploi. L'atout numéro un d'Emmanuel Macron est donc de donner des pistes de réflexion voire une vision d'avenir sur le marché de l'emploi et cela rentre bien en résonnance avec les préoccupations de son électorat. En seconde position vient l'Europe, ce qui montre que dans une élection où nombre de candidats s'étaient montrés eurosceptiques voire europhobes, la vision positive de l'Europe d'Emmanuel Macron semble lui avoir permis d'être le réceptacle et d'avoir du crédit auprès des europhiles français. Enfin, la troisième thématique est celle de la moralisation de la vie politique qui s'explique aussi par le besoin de renouvellement demandé par les Français qu'il prétend incarner. 

Chez les électeurs de Marine Le Pen, on retrouve les préoccupations habituelles de l'électorat du Front National : l'immigration devant la lutte contre le terrorisme puis la sécurité et la lutte contre la délinquance. On retrouve ce tryptique FN qui caractérise cet électorat et qui explique sa spécificité : Marine Le Pen est souvent décriée ou raillée pour son programme économique qualifié d'utopique ou négatif, mais finalement on constate que l'électeur Front National accorde une place plutôt faible à l'économie. 

Les électeurs de François Fillon, on s'est mobilisé pour l'emploi et la lutte contre le chômage. François Fillon s'était longtemps exprimé sur ce point, et s'est trouvé sur ce point assez proche des préoccupations de son électorat de référence. On peut penser à la question du temps de travail, à celle de l'âge de la retraite ou à celle des fonctionnaires. Les mesures étaient assez visibles sur ce plan-là, ce qui montre bien qu'avec Emmanuel Macron, il a fait figure de candidat de référence sur la question du travail pour son électorat. La réduction de la dette publique est le second objectif des électeurs ayant donné leur voix au candidat des Républicains. Il est le seul candidat des cinq premiers pour qui ce thème est considéré comme très prioritaire. Et cela montre que François Fillon et sa rigueur lui étaient créditée et apparaissait comme un élément différenciant pour son électorat. La troisième position revient à la lutte contre le terrorisme, un autre point sur lequel il s'était montré particulièrement réaliste et engagé.

Dans l'électorat de Jean-Luc Mélenchon, les préoccupations sont assez différentes. Tout d'abord la lutte contre les inégalités sociale arrive en première position. Cela montre bien qu'au-delà du vote de témoignage on a bien à faire à un vote d'adhésion aux valeurs de la gauche dans l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Ce thème devance assez largement le second thème qui concerne l'emploi et la lutte contre le chômage. Un thème sur lequel Jean-Luc Mélenchon s'est aussi prononcé avec de nombreuses mesures marquées à gauche. Enfin en troisième position, la protection de l'environnement, thème qui est assez nouveau pour Jean-Luc Mélenchon, qu'il a de nombreuses fois mis en avant lors de sa campagne. Ce dernier point montre aussi bien la largeur de son positionnement à gauche. 

Enfin pour Benoit Hamon, on retrouve la lutte contre les inégalités sociales, mais suivie cette fois-ci immédiatement par la question de la protection de l'environnement et enfin l'emploi et la lutte contre le chômage. Cela montre que cette dernière thématique a moins été déterminante pour son électorat, un peu à l'image de son programme et de ses prises de paroles sur le monde du travail qui ne devait pas s'absoudre de la réalité des questions d'inégalités sociales. 

Quelle stratégie a primé lors de ce premier tour dans le choix de vote pour tel ou tel candidat ?

Dans une grande mesure, on peut parler de vote d'adhésion pour la plupart des candidats, pour une raison assez importante, d'abord parce qu'il y a plusieurs candidats qui ont été désigné par des primaires et donc ont mis en avant des candidats qui portaient la radicalité du parti qui les investissaient (Fillon pour les Républicains et Benoit Hamon pour les Socialistes). Jean-Luc Mélenchon s'est aussi placée sur une offre de gauche (moins radicale qu'elle n'a pu être mais tout de même marquée à gauche), quand Marine Le Pen s'est appuyée sur des valeurs à la droite des Républicains et a donc occupé un espace politique particulièrement radical sur certaines questions. Étant donnée l'offre électorale marquée de ces quatre candidats, il n'est pas étonnant d'identifier que les raisons prioritaires du choix de ces candidats ont été leurs propositions politiques. Pour leurs électeurs, il ne s'agit pas de stratégie mais plutôt de la conviction. 

Un candidat atypique dans ces cinq premiers candidats est Emmanuel Macron pour qui la question des propositions politiques ressort au même niveau que la question du choix par défaut. Il est pour nombre de ses électeurs "le moins pire de tous", ce qui explique bien le positionnement de ces électeurs qui ont vu en lui un réceptacle des déçus : en se situant sur un centre qui a été grossi par la libération d'espace au centre-gauche du fait de la radicalisation de Benoît Hamon et au centre-droit dû au ralliement de François Bayrou et à la radicalité de François Fillon, Emmanuel Macron a su ramener à lui tous ces électeurs. Cela le place en position de choix par défaut dans la moitié des cas. 

Si on devait tirer quelques leçons de ces motivations et stratégie adoptées par les Français au premier tour de l'élection présidentielle ?

On peut tout d'abord faire une hypothèse que la position d'Emmanuel Macron sur le front de l'emploi a généré particulièrement de crédit dans sa candidature. Il est la préoccupation numéro 1 des Français et de son électorat. Le fait qu'il propose une "vision d'avenir" sur le marché de l'emploi en prenant en compte sa "modernité" (malgré les écueils de flexibilité que l'on connait) lui a probablement apporté un réel crédit et que c'est sur ce thème qu'il a su capter des électeurs rejetant les thématiques trop conservatrices à droite ou utopiques à gauche si l'on en croit les remontées que l'on a dans les enquêtes d'opinion. 

 

 

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- 26/04/2017 - 20:24
ILS PENSAIENT À RIEN
C'était seulement pour faire avancer le chimilichilechimliblick !
J'accuse
- 26/04/2017 - 10:54
Oublions les programmes
Avec leurs habituelles questions fermées (réponses imposées), les sondeurs orientent les sondés vers ce qu'ils veulent. Ce qu'il faut d'abord remarquer est que les électeurs ont rejeté les hommes de parti, à l’exception d'un seul qui est ... une femme (n'oublions que beaucoup ont voté Royal en 2007 pour cette raison). Dans l'entre-deux tours, le ralliement des vautours (politiciens affamés de pouvoir et pas dégoûtés) à Macron lui sera certainement préjudiciable.