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A nos ancêtres cannibales : ces secrets de notre civilisation que révélent les nouvelles études sur la valeur nutitrionnelle de la chair humaine
Publié le 14 avril 2017
Au temps du Pléistocène, les êtres humains pouvaient se livrer aux pratiques cannibales. Une étude réalisée par James Cole, archéologue à l'Université de Brighton et publiée dans la revue Scientific Reports montre que la viande issue de la chaire humaine était moins nutritive que la viande d’origine animale. Cette découverte amène à se poser la question de savoir à quoi répondait la pratique du cannibalisme.
Hélène Rougier possède un doctorat en Anthropologie biologique validé à l’Université Bordeaux 1. Elle est Professeur associé à la California State University Northridge à Los Angeles. Son travail de recherche se concentre sur l’évolution des...
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Hélène Rougier possède un doctorat en Anthropologie biologique validé à l’Université Bordeaux 1. Elle est Professeur associé à la California State University Northridge à Los Angeles. Son travail de recherche se concentre sur l’évolution des...
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Au temps du Pléistocène, les êtres humains pouvaient se livrer aux pratiques cannibales. Une étude réalisée par James Cole, archéologue à l'Université de Brighton et publiée dans la revue Scientific Reports montre que la viande issue de la chaire humaine était moins nutritive que la viande d’origine animale. Cette découverte amène à se poser la question de savoir à quoi répondait la pratique du cannibalisme.

Atlantico : Les travaux de James Cole, archéologue à l'Université de Brighton publiés dans la revue Scientific Report montre que la chaire humaine n'était pas très nourrissante comparée à la viande d'origine animale. Qu'est ce que cette étude nous révèle de l'être humain et et de la pratique du cannibalisme ?.  

Hélène Rougier : Ce n’est pas exactement la viande en elle-même qui est plus ou moins nourrissante. Ce que James Cole compare, c’est la quantité de calories que l’on peut tirer d’un corps humain comparé à un bison, un cheval ou un renne par exemple. Il conclue qu’il est plus avantageux de tuer et consommer un animal de grande taille qu’un humain, et propose que les Néandertaliens, qui ont pratiqué le cannibalisme à plusieurs reprises, devaient alors avoir d’autres raisons qu’uniquement la recherche de nourriture pour avoir chassé leurs congénères.

C’est une approche originale pour essayer d’apporter de nouvelles données à la compréhension de ce qui a motivé les Néandertaliens à pratiquer le cannibalisme. James Cole propose que les Néandertaliens aient eu des motivations sociales, symboliques pour pratiquer le cannibalisme, et pas uniquement nutritionnelles. Ce n’est pas une idée nouvelle, mais il est vrai que l’on a toujours du mal à discerner les causes de comportements passés puisque la pensée ne se fossilise pas, et le travail de James Cole apporte donc des données supplémentaires à intégrer à nos modèles interprétatifs. Les causes du cannibalisme peuvent cependant être variées, et différents épisodes de cannibalisme peuvent avoir eu différentes motivations. Par exemple, on ne peut pas affirmer que tous les Néandertaliens cannibalisés aient été chassés, certains ont pu mourir de mort naturelle, et il y a donc pu avoir du cannibalisme opportuniste (ce qui n’empêche pas d’évoquer un comportement symbolique dans ces cas).  

 

Quelle rôle peut-on aujourd'hui attribuer au rôle du cannibalisme dans la cohésion de ces sociétés primitives ? Quels sens le cannibalisme pouvait-il avoir pour les groupes qui le pratiquaient ?

Hélène Rougier : Il est difficile de répondre à cette question car on ne connait pas la fréquence à laquelle les Néandertaliens ont pratiqué le cannibalisme. On en connait quelques cas à différentes périodes et à différents endroits de leur territoire, mais cela ne représente que moins d’une dizaine de sites ! Et même si je pense que c’est une pratique qui a peut-être été plus fréquente que les traces que l’on en a actuellement, il serait bien difficile de proposer que ce soit une coutume qui serait une part intégrale de l’organisation de leurs sociétés. Et pour en connaître le sens, il faudrait savoir si les individus consommés étaient issus du groupe qui les a consommés ou s’ils venaient d’autres groupes, ce que l’on ne sait pas. S’ils venaient d’autres groupes, on peut penser à des ennemis, à de la compétition pour un territoire, alors que si ce sont des individus du même groupe, cela peut impliquer certaines croyances. Là encore, on reste avec des hypothèses et aucune certitude.

 

Qu'est-ce que cette étude contredit sur ce que l'on savait des êtres humains et du cannibalisme ? 

Hélène Rougier : Je ne crois pas que cette étude contredise vraiment ce que l’on savait. Dans plusieurs cas de cannibalisme néandertalien, tout ce que l’on pouvait dire est que les individus avaient été consommés sans pouvoir faire la différence entre une consommation uniquement nutritionnelle et une consommation symbolique. James Cole apporte des arguments pour rejeter l’hypothèse de cannibalisme uniquement nutritionnel mais il faudra continuer à considérer les cas de cannibalisme au cas par cas puisque les Néandertaliens ont pu avoir différents comportements dans différentes situations.

 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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Sangha26
- 15/04/2017 - 15:11
Oh là là !
Comment avez-vous pu laisser passer cette faute d'orthographe : la chaire humaine ! Il n'y a pas de re-lecteurs ? Attention : ce n'est pas la première fois...
Anouman
- 14/04/2017 - 20:12
Valeur nutritive
Je doute que les Néandertaliens avaient connaissance de la valeur nutritive de la chair humaine comparée à celle du bison. Cela n'a certainement pas pu les influencer. Par contre j'imagine que tuer un bison est plus difficile que tuer un humain. Alors ils étaient peut-être simplement pragmatique et mangeaient ce qu'ils trouvaient.
Pourquoi-pas31
- 14/04/2017 - 20:04
Pardon, si NON ...
Heureusement que ses grands parents étaient une valeur marchande à et de l'époque.