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Surdoués : mais qu'est-ce qui caractérise finalement les personnes "les plus intelligentes" ?
Publié le 19 avril 2017
Ce n’est pas parce que votre enfant ou vous-même êtes brillants ou talentueux que vous êtes surdoués. Et ce n’est pas parce que vous êtes surdoués que vous êtes malheureux. Le vrai surdoué a un QI supérieur à 125, un fonctionnement intuitif, et une bonne insertion sociale. La souffrance n’est pas un critère, mais juste le signe que le surdoué a besoin – comme tout le monde – d’une thérapie. Béatrice Millêtre remet les pendules à l’heure ! Extrait de l'ouvrage "Le livre des vrais surdoués" de Béatrice Millêtre, publié aux Éditions Payot. (1/2)
Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, spécialiste en sciences cognitives, est psychothérapeute. Elle est notamment l'auteure de "Reussir grâce à son intuition", du "Livre des bonnes questions à se poser pour avancer dans la vie",  de "Le burn...
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Ce n’est pas parce que votre enfant ou vous-même êtes brillants ou talentueux que vous êtes surdoués. Et ce n’est pas parce que vous êtes surdoués que vous êtes malheureux. Le vrai surdoué a un QI supérieur à 125, un fonctionnement intuitif, et une bonne insertion sociale. La souffrance n’est pas un critère, mais juste le signe que le surdoué a besoin – comme tout le monde – d’une thérapie. Béatrice Millêtre remet les pendules à l’heure ! Extrait de l'ouvrage "Le livre des vrais surdoués" de Béatrice Millêtre, publié aux Éditions Payot. (1/2)

Ça se mesure l’intelligence ? Le principe de la mesure de l’intelligence1 a été établi dans les années 1900 par Alfred Binet et Théodore Simon. À cette époque, et il faut se replacer dans ce contexte précis, on s’est demandé comment établir un test quantitatif. La question immédiatement consécutive a été de savoir qui étaient les personnes les plus intelligentes, et ce qui les caractérisait. La réponse a été : « Celles qui ont fait des études. » Le but premier était de mesurer l’« arriération », afin d’orienter les enfants concernés dans des classes de per- fectionnement. Le principe du test est de proposer des items de diffi- culté progressive : sur 30 questions, l’« idiot » ne réussit que les 6 premières, l’« imbécile » les 12 premières. Ce principe est conservé dans les tests actuels. Binet n’a, quant à lui, aucune intention de mesurer l’intelligence des personnes normales : « Nous arrêtons ici la liste des tests que nous avons utilisés. Il eût été facile de les continuer en les compliquant, si on avait voulu faire une hiérarchie parmi les enfants normaux. On pourrait même étendre l’échelle jusqu’à l’adulte normal, jusqu’au normal intelligent, très intelligent, hyperintelligent, et mesurer, ou du moins essayer de mesurer le talent et le génie. Nous remettons à une autre occasion cette étude difficile2. » Mal reçu en France, c’est aux États-Unis que le test a eu le plus de succès, notamment auprès des candidats à l’immigration, puis aux conscrits. Intervient alors le calcul qui conduit à la notion de quotient intellectuel, ce qui n’était pas le propos de Binet. S’ensuit un développement massif, avec l’âge d’or des statisticiens et des calculs de plus en plus complexes. Les items cessent d’être représentatifs d’un âge (répéter deux chiffres à 3 ans), mais permettent l’accumulation de points, que l’on fait correspondre à des niveaux d’âge. La notion d’âge mental est ensuite abandonnée au profit de l’efficience. Tous les tests actuels sont les héritiers, modifiés, de ces tests centenaires. À l’heure actuelle, les tests les plus utilisés sont ceux de Weschler. On s’accorde à penser qu’ils permettent de situer l’in- dividu sur une courbe statistique de répartition de la population générale, selon le principe de la courbe de Gauss, correspondant à ce que l’on appelle en mathé- matiques la « loi normale » de répartition. Dans la population, 66 % obtiennent un QI compris entre 85 et 115 ; 5 % ont un QI supérieur à 125 ; 2,5 % ont un QI supérieur ou égal à 130 et 0,13 % supérieur à 145.

Il s’agit d’une échelle composite d’efficience intellectuelle qui permet de comparer les résultats d’un sujet par rapport à la moyenne des individus de sa tranche d’âge. Il donne une évaluation globale du fonctionnement intellectuel en termes de langage, raisonnement, orga- nisation spatiale, mémoire, rapidité d’exécution dans le traitement d’informations. Le test est constitué de différents sous-tests composés d’un certain nombre de questions : à chaque question est attribué un nombre de points, si bien que plus on répond, plus on obtient de points. Le total est trans- formé, en fonction de l’âge de la personne en une note de 1 à 19. La moyenne d’une même classe d’âge se situe entre 8 et 12, avec un médian à 10. Sont regroupées en indices, les questions d’une même catégorie. Quatre indices sont aujourd’hui utilisés : l’indice de compréhension verbale (langage), l’indice de raisonnement perceptif (logique visuelle), l’indice de mémoire de travail (mémorisation de chiffres et de lettres) et enfin l’indice de vitesse de traitement (report d’une figure dans une liste).

La moyenne du QIT et des quatre indices est de 100. Les résultats chiffrés obtenus aux sous-tests ne sont pas des notes, mais des indices qui évaluent l’individu par rapport à ce qui est attendu des personnes de son âge. Le résultat permet de situer les individus selon leur niveau d’intelligence. Le résultat de ce test est exprimé par un quotient intellectuel (QI) dont la moyenne est de 100. Cela veut dire que le quotient intellectuel moyen dans la population générale se situe à 100. Les individus se situant entre 110 et 129 sont considérés avec une intelligence moyenne forte à supérieure et ceux qui ont une intelligence égale ou supérieure à 130 sont considérés comme très supérieurs. Les individus se situant entre 90 et 110 sont considérés avec une intelligence moyenne. Les individus se situant entre 70 et 90 sont considérés avec une intelligence faible à moyenne faible. En dessous de 70, l’intelligence de l’individu est considérée comme faible. Il en existe trois versions, l’une pour les enfants en dessous de 6 ans (le WPPSI, ou échelle d’intelligence de Weschler pour la période préscolaire et primaire), pour les enfants entre 6 et 17 ans (WISC3 ou échelle d’intelligence de Weschler pour les enfants) et pour les adultes à partir de 16 ans (WAIS ou échelle d’intelligence de Weschler pour adultes).

Le principe est de dire que les individus ayant répondu à plus de questions ont un QI plus élevé que ceux qui ont répondu à moins de questions. Un certain nombre de problèmes se posent lorsqu’il s’agit des surdoués4. Le premier est le principe de la répétition des items, jusqu’à ce que vous ne sachiez plus répondre. N’oubliez pas que la routine vous est difficile. Il devient, dès lors, compliqué de répondre à la suite à une série de questions similaires. Je prendrai pour exemple le sous-test de mémorisation dans lequel il vous est demandé de restituer une liste de chiffres que vous énumère le psychologue : vous commencez par une liste de 2 chiffres et pouvez aller jusqu’à 9, en augmentant de 1 à la fois, avec deux listes à chaque fois. Par exemple : 2-9 puis 5-7 puis 3-4-7 puis 4-8-1 puis 4-6-3-2 puis 5-3-1-7 et ainsi de suite, ce qui est, reconnaissons-le, au bas mot « casse-pieds ». Pour le surdoué, cela en devient difficile, et nombre d’entre eux refusent finalement de continuer. Le second est que si le test initial de Binet était conçu comme un outil de dépistage de l’« arriération » dans un but thérapeutique, le test de Weschler, lui, est connu, par le grand public, comme un test de mesure de l’intelligence, et même de l’Intelligence, avec un grand « I ». Les personnes qui désirent le passer le font, à l’évidence, avec une raison, raison en lien avec l’intelligence, sur laquelle, bien souvent, ils ont des doutes, et veulent ainsi faire du mieux qu’ils peuvent. Tant et si bien qu’ils finissent par ne pas donner les réponses attendues. En effet, il est évident pour eux qu’ils doivent donner une réponse « intelligente », et il ne leur vient pas à l’esprit que ce qui est attendu n’est qu’une réponse « basique ». Si vous leur demandez de vous donner la définition du mot « pomme », vous pouvez être assuré de voir le processus suivant dans leurs yeux : « Une pomme, bon bon bon, que faut-il que je réponde ? La définition ? Cela veut donc dire “définir”. Si un extraterrestre arrivait sur Terre, comment lui expliquerais-je ce que c’est ? Eh bien, un objet rond, avec un petit trou en haut portant éventuellement des feuilles, un petit creux en bas ; il y en a des rouges, des vertes, des jaunes, et c’est comes- tible. » Avec cela, ils obtiendraient le score de… zéro, car la réponse attendue est : « Un fruit !

1. Voir à ce sujet : Michel Huteau, « Alfred Binet et la psychologie de l’intelligence », Le Journal des psychologues, 234, 1, 2006, p. 24-28.

2. A. Binet et T. Simon, « Méthodes nouvelles pour le dia- gnostic du niveau intellectuel des anormaux », L’Année psycholo- gique, 11, 1904, p. 191-244, spécialement p. 233.

3. Voir à ce sujet les deux livres d’Éric Turon-Lagot, WISC-IV. 1 : Une mesure des manifestations de l’intelligence chez l’enfant, L’Isle- Adam, Éric Turon-Lagot, 2015 ; WISC-IV. 2 : L’expression des compétences cognitives et de leurs troubles chez l’enfant et l’adolescent : études de cas, L’Isle-Adam, Éric Turon-Lagot, 2016.

4. M. Pereira-Fradin, X. Caroff et A.-Y. Jacquet, « Le WISC- IV permet-il d’améliorer l’identification des enfants à haut poten- tiel ? », Enfance, 2010, 1, 2010, p. 11-26.

Extrait de l'ouvrage "Le livre des vrais surdoués" de Béatrice Millêtre, publié aux Éditions Payot

© Editions Payot & Rivages, Paris, 2017.

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Deudeuche
- 16/04/2017 - 16:39
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