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Une campagne présidentielle du refus qui ne dégage pas de lignes de force pour l’avenir

Publié le 07 avril 2017
La campagne pour l’élection présidentielle qui touche à sa fin aura été la plus atypique qu’ait connue la Ve République. S’il existe une majorité en faveur du rejet de l’ordre existant, il ne se dessine pas un mouvement fort en faveur d’un candidat qui aurait l’autorité suffisante pour incarner la réforme.
Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.
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La campagne pour l’élection présidentielle qui touche à sa fin aura été la plus atypique qu’ait connue la Ve République. S’il existe une majorité en faveur du rejet de l’ordre existant, il ne se dessine pas un mouvement fort en faveur d’un candidat qui aurait l’autorité suffisante pour incarner la réforme.

La campagne pour l’élection présidentielle qui touche à sa fin aura été la plus atypique qu’ait connue la Ve République. Elle a revêtu des aspects de western, avec une succession de rebondissements, qui faisaient apparaître un défilé de méchants, cloués au pilori, par une opinion avide de changements et emportée par son désir de pratiquer une grande  lessive sans avoir pourtant une vision concrète de ce qu’elle souhaitait pour l’avenir en raison des divergences qu’elle enregistrait en son sein. 

Tout au long de la campagne, les formations politiques n’ont cessé de prêcher en faveur du rassemblement, des regroupements. La réponse du public a été claire dans la mesure où elle a un point commun : la critique sans appel du système dans un esprit de démolition qui a trouvé son expression dans le renoncement de François Hollande à se représenter, là encore un événement inédit sous la Ve République. Le chef de l’Etat s’est ainsi dissous au fil des semaines, malgré son souci de conserver une sorte d’apparence de présence en enchaînant  les commémorations, mais cet effacement progressif a évité le procès de son bilan.

On avait cru un instant que la population se détournerait de la consultation électorale au fur et à mesure que se répandait l’idée d’un risque accru en faveur de l’abstention. En réalité, il n’en est rien. Les Français ont témoigné de leur goût pour la politique, tout en dénonçant le système actuel fondé sur l’alternance au pouvoir pendant des décennies de deux grands partis dans lequel ils n’ont plus confiance, ainsi que l’ont démontré jusqu’ici les sondages en mettant en tête dans  les enquêtes d’opinion les candidats ne relevant pas des formations traditionnelles.

S’il existe une majorité en faveur du rejet de l’ordre existant, il ne se dessine  pas un mouvement fort en faveur d’un candidat qui aurait l’autorité suffisante pour incarner la réforme, ce qui explique la fragilité des engouements successifs. La montée en puissance de Marine Le Pen ou d’Emmanuel Macron, ou plus récemment la spectaculaire envolée de Jean-Luc Mélenchon ne sont  pas exemptes de  fragilité et peuvent se révéler sans  lendemain. Nos compatriotes appellent à renverser la table, mais ne risquent-ils pas au dernier moment de voter en  faveur de cet ordre établi qu’ils condamnent, tant l’esprit de précaution les habite ? La plupart  des candidats n’ont pas rompu avec la pratique des promesses traditionnelles, car le « demain, on rase gratis » a la vie dure. Ainsi, le think tank libéral  Montaigne dénonce l’hypocrisie de la plupart des programmes. L’obsession des chiffres dans  un monde où la prévision se révèle pourtant de plus en  plus aléatoire conduit à afficher des performances futures difficiles à réaliser. L’institut ne craint pas ainsi d’affirmer que François Fillon n’assurera pas plus de 67 milliards d’économies sur la  centaine qu’il entend réaliser, d’autant que la mesure phare de son programme, la réduction drastique du nombre des  fonctionnaires ne parait pas soutenable. De même, Emmanuel Macron surestime de près de moitié les économies qu’il pourrait accomplir. Quant à Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon , ils creuseraient le déficit dans des proportions insensées, alors que la dette de la France s’est déjà aggravée de 76 milliards l’an dernier, au moment où les  taux d’intérêt commencent  à remonter,  ce qui fera boule de neige sur les  annuités de la dette. Ainsi, dans ce climat d’incertitude et de doute, la volatilité des électeurs aura encore bien des occasions de se manifester, en maintenant une grande inconnue sur le résultat des urnes.

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bd
- 12/04/2017 - 03:44
Emmanuel Macron: La logique pragmatique (2)
Pantin, sans expérience, disant ce que d'autres puissances l'enjoignent à dire?

Dont acte, il a 39 ans, c'est vrai, et sans doute donc moins d'expérience que des hommes et femmes politiques rompus aux joutes électorales...

Il suit une ligne cognitiviste, ce qui pour tout pédagogue, est particulièrement parlant.
Il faut des constats, argumentés, intellectualisés, et de ces constats, découlent des solutions.
Cela s'appelle du pragmatisme. 
Il ne prétend pas que toutes ces solutions seront un succès. 
Il explique le droit à l'échec (pour lui comme pour tout le monde en promettant le droit au chômage pour tous).
Mais on tente, on essaie, parfois cela marchera, parfois non.
Mais, bon sang, qu'est-ce que ça fait du bien justement d'entendre quelqu'un qui peut ne pas être totalement sûr de lui et dire : «on va faire ensemble».
Cela permettra à chacun, individuellement, de se sentir meilleur, en ayant le sentiment légitime d'avoir participé à l'élévation de la société dans son ensemble.
Là où tous les politiques depuis plus de 40 ans expliquent à longueur de temps sur Les plateaux télé savoir exactement ce qu'il faut faire, et qu'une fois élus, ils semblent d'un coup avoir tout oublié...
bd
- 12/04/2017 - 03:43
Emmanuel Macron: La logique pragmatique (1)
Parce qu’Emmanuel Macron peut être d'accord avec des gens de droite et de gauche, il n'aurait pas d'idée?

Nous souffrons tous depuis des années de voir des lois élaborées sous un gouvernement être détricotées par le suivant.
"En Marche!" n'est pas comme les autres.
Le rôle d'un Président dans un pays mature est, en effet, de trouver le dénominateur commun entre des personnes et des positions différentes, pour avancer, pour que le pays, en tant que nation, avance.

Est-ce que les politiques qui divisent, qui pointent du doigt l'autre, sont plus claires pour l'électorat?
Il est temps de comprendre que ceux qui jouent à diviser, à opposer, sont des apprentis sorciers.