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© BORIS ROESSLER / DPA / AFP
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Pourquoi 2017 est bien partie pour être l'année où les Européens se rendent compte qu'ils n'ont plus d'intérêts économiques communs

Publié le 13 janvier 2017
L'inflation vient d'atteindre son plus haut niveau d'inflation depuis trois ans, ce qui risque de provoquer un phénomène de polarisation en Europe, avec un risque de frictions entre Paris et Berlin.
Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.
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Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
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L'inflation vient d'atteindre son plus haut niveau d'inflation depuis trois ans, ce qui risque de provoquer un phénomène de polarisation en Europe, avec un risque de frictions entre Paris et Berlin.

Atlantico : Au cours de cette première semaine de l'année 2017, les statistiques officielles allemandes ont pu faire état d'une forte hausse de l'inflation dans le pays, à 1.7%, soit son plus haut niveau depuis 2013. Face à ce constat, les journaux Bild ou encore le Handelblatt ont alors fortement critiqué la politique menée par la BCE au cours des deux dernières années, accusant l'institution de Francfort de ponctionner les épargnants du pays. Alors que l'Allemagne entre elle aussi dans une période électorale, faut-il craindre un affrontement européen sur cette question ?

Chrisophe Bouillaud : L’affrontement entre autorités européennes de toute nature est déjà en cours depuis un moment déjà : la politique de la Banque centrale européenne est attaquée depuis 2012 au moins par les autorités allemandes, en particulier par la Bundesbank, qui a même porté l’OMT devant la justice constitutionnelle allemande. Cette dernière a renvoyé au préalable l’affaire à la CJUE. Elle a tranché en faveur de la légalité de l’OMT, et la Cour de Karlsruhe l’a suivie. Inversement, depuis au moins 2014, avec l’arrivée au pouvoir de Matteo Renzi en Italie, les autorités italiennes n’ont pas hésité à dire tout le mal qu’elles pensaient de la visée austéritaire des autorités allemandes. Le ministre italien de l’Economie, C. Padoan, a même accusé le principal dirigeant de la Bundesbank de n’y rien connaître en économie.

Comme on le voit, les mots doux pleuvent entre Européens, mais jusqu’ici personne n’a souhaité rentrer dans un véritable rapport de force, où quelqu’un abuserait trop visiblement de ses prérogatives et où quelqu’un tenterait de saboter en pratique l’action autorisée par les traités européens et les Constitutions nationales de l’autre. Le conflit est resté pour l’instant verbal et juridique. Il est du coup probable qu’il s’accentue à la faveur de la campagne électorale allemande. On peut voir de cette façon la manière dont a été traité le gouvernement Tsipras quand il a pris l’initiative de son propre chef d’allouer une prime de Noël aux retraités grecs les plus pauvres. Il a dû finalement se soumettre aux ordres de l’Eurogroupe dominé par les autorités allemandes, qui a utilisé pour le faire céder tous les moyens légaux à sa disposition. Le conflit existe donc, mais il devrait se limiter à des paroles acerbes de part et d’autre. De toute façon, jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République en France, il manque dans tout conflit intra-européen d’envergure un acteur essentiel, notre pays. On voit mal un François Hollande en toute fin de mandat avoir enfin le courage de faire ce qu’il aurait dû au lendemain même de son élection en 2012. 

Nicolas Goetzmann : La question relative aux épargnants allemands avait déjà provoqué une réaction virulente de la part de Wolfgang Schäuble, ministre des finances local, dans le courant de l'année 2016, lorsqu'il accusait Mario Draghi d'être le carburant de la progression du parti AfD en Allemagne, concurrent de la CDU-CSU. C'est dire si ce thème est déjà bien ancré dans le paysage politique allemand. Évidemment, les derniers chiffres de l'inflation allemande, qui n'ont pourtant vraiment rien d'alarmant, vont venir mettre de l'huile sur le feu. L'Allemagne est, pour des raisons historiques, mais surtout pour des raisons démographiques, très allergique à la hausse des prix. Puisque le pays subit un fort vieillissement, et que cette catégorie de population est la plus susceptible de détenir un patrimoine, une épargne, toute question relative à l'érosion de ce patrimoine, est une bombe politique. En l'espèce, la réaction actuelle découle du fait que l'inflation atteint 1.7% alors que la rémunération des dépôts bancaires est nulle. Mais il s'agit d'une vision de boutiquier. Parce qu'une remise en cause de la politique monétaire menée par Draghi serait susceptible de faire dérailler une nouvelle fois le semblant de croissance qui revient en Europe en ce début 2017. Ce qui aurait pour conséquence d'affaiblir encore la plupart des pays de la zone euro, renforcer l'europhobie, pour finir par une explosion. Les épargnants se battent contre des taux d'intérêts faibles alors que ceux-ci ne sont que la conséquence, et non la cause, de l'absence de croissance et donc de rémunération de leur épargne. Dans le même temps, les Italiens ont vu leurs revenus stagner depuis 1999, soit une situation pire que la Grèce, ce qui est un problème d'une toute autre ampleur. Or, ces questions sont liées, et nécessitent donc un accord. À moins de vouloir en finir.

La situation pourrait provoquer un phénomène de polarisation en Europe. Avec une Allemagne vent debout contre la politique de Mario Draghi, celui-ci aura besoin de soutiens politiques forts. Un rôle qui devra être tenu par la France et qui ne manquera pas de susciter des frictions entre Paris et Berlin. À moins que le prochain président de l'Élysée ne laisse totalement tomber toute perspective de croissance favorable pour son pays. Et puisqu'une tension réelle entre la France et l'Allemagne bloquerait totalement le processus européen, l'Europe se trouverait à nouveau dans une situation de crise. Soit celle-ci est salvatrice et permet un compromis, permettant à Mario Draghi de faire son travail en ciblant l'intérêt général européen, soit la continuation de la lente dislocation européenne aura lieu. 

Que révèle cette situation de la construction européenne ? Peut-on réellement parler d'intérêts divergents sur cette question ? Outre les solutions envisageables pour rééquilibrer ces divergences, quelles peuvent être les conséquences à terme d'un affrontement européen ?

Chrisophe Bouillaud : Malheureusement – si l’on pense que l’avenir du continent européen passe par l’Union européenne  –  ou heureusement – si l’on pense au contraire qu’il faut en finir avec ce "machin" – , la plupart des analystes constatent un blocage presque complet des perspectives. En effet, entre les conservateurs allemands et leurs alliés qui défendent leurs épargnants et qui sont  à la tête d’économies nationales qui paraissent en plein emploi (même si elles sont pleines de travailleurs pauvres à temps parfois très partiel, ceci expliquant largement cela), et les Européens du sud qui ont absolument besoin de taux d’intérêts bas et aussi d’une relance budgétaire à effets tous deux inflationnistes, il n’y a pas de bon compromis. En effet, si l’Allemagne connait un regain d’inflation, il se trouve que le plus important pays méditerranéen de l’Eurozone, l’Italie, aurait connu en 2016  selon les premières statistiques officielles disponibles, sa premières année de légère déflation, de baisse du niveau général des prix, depuis les années 1950. Cette déflation en Italie correspond à l’atonie de la demande intérieure italienne que ne compensent pas les succès à l’exportation de ce pays. Il est vrai que l’Italie connait désormais un net problème démographique. Certes, cette opposition des niveaux d’inflation entre Allemagne et Italie est très bonne à moyen terme pour rééquilibrer les flux commerciaux dans la zone Euro, mais, pour l’instant, que doivent faire les autorités monétaires européennes entre une Allemagne à la limite de la surchauffe économique et une Italie à peine sortie de sa plus grave double récession d’après-guerre ? Probablement, le mieux est de rester sur la ligne de Mario Draghi qui essaye d’aider la partie la plus faible du continent en maintenant des taux très bas et le QE, mais il reste bien sûr que cette recherche d’une solution à moyen terme ne peut qu’exaspérer chaque mois encore plus les opinions publiques des différents pays aux intérêts fortement divergents à court terme. Il peut ainsi arriver, à la fin du fin,  que l’un des pays clés de l’Eurozone finisse par être gouverné par des gens pensant qu’il faut mettre fin à l’expérience de la zone Euro au nom de l’intérêt supérieur de leur nation. Il peut assurer un accident d’ici là : à la faveur de la prochaine crise financière, les Européens échouent à trouver un accord entre eux, et tout le château de cartes de la finance s’écroule d’un coup. Quoi qu’il en soit, sauf miracle, le bateau européen va être dur à redresser. 

Nicolas Goetzmann : Avec l'arrivée de la crise de 2008, les économies de la zone euro ont suivi des trajectoires parfaitement divergentes. Le grand projet d'une convergence des nations s'est révélé être une utopie en raison d'une construction parfaitement inefficiente. En se servant de la monnaie comme moyen de rapprocher les nations vers une union politique, les pères fondateurs ont inversé le problème. Une union politique aurait pu accoucher d'une union monétaire, mais le chemin suivi a été pour le moins inefficace au regard de l'objectif fixé.

A l'heure actuelle, l'Allemagne affiche un contexte de plein emploi qui est la première étape à la hausse des salaires, et donc à l'inflation. Une politique de relance aura donc pour effet de soutenir les prix outre-Rhin, ce qui ne manquera pas de provoquer la réaction des épargnants allemands. A l'inverse, pour la majorité des autres pays, entre l'Espagne, la France, ou l'Italie, le chômage reste encore très élevé. Ce qui signifie qu'une politique de relance par la monnaie n'a d'autre effet que de faire baisser le chômage, mais sans hausse des prix. Les uns ont besoin d'une relance forte, tandis que pour les autres (les Allemands), cela est moins évident a priori. A priori seulement car l'Allemagne aurait quand même tout à gagner d'une relance ; le pays affiche encore un niveau de salaire médian inférieur à celui de la France et un taux de pauvreté également supérieur. Les classes populaires et les classes moyennes allemandes auraient ainsi tout intérêt à soutenir une telle politique. C'est sur ce terrain-là que la discussion doit avoir lieu. La relance n'est pas une calamité pour l'Allemagne, elle serait nécessaire pour l'ensemble des européens. 

 

Dans le contexte électoral qui caractérise l'Allemagne, quels sont les risques de voir le parti AfD progresser sur ces questions ? Alors que la CDU-CSU se divise encore sur les questions migratoires, le retour de l'inflation peut-il être un nouveau coup porté à Angela Merkel ?

Chrisophe Bouillaud : Pour ce qui concerne l’AfD (l’Alternative pour l’Allemagne), ce parti a été essentiellement porté ces deniers temps par la mise sur agenda sur le territoire allemand de la question des réfugiés et du terrorisme d’origine islamiste. Les dirigeants qui l’avaient fondé sur une ligne de refus de la solidarité européenne l’ont quitté, et ils ont été remplacés par d’autres se situant bien plus à droite sur les enjeux identitaires et sécuritaires. L’évolution électorale de l’AfD dépendra donc beaucoup de ce qui se passera sur ces questions qu’elle a choisies pour s’affirmer. Le récent attentat à Berlin devrait ainsi  l’aider d’évidence à conquérir encore d’autres électeurs.

Par contre, l’enjeu européen, qu’elle a mis en sourdine, peut être repris par un autre parti d’opposition, qui pourrait être le FDP, le "Parti libéral allemand", par ailleurs un vieux parti de gouvernement en République fédérale. Ce parti est certes traditionnellement pro-européen, mais il représente aussi les intérêts de la bourgeoisie entrepreneuriale. Il est évidemment très hostile à l’inflation et n’aura aucun mal à en faire un axe d’attaque de sa campagne électorale à venir. La clientèle du FDP peut, de plus, être séduite par un discours hostile à la "solidarité européenne" que représente la politique de la BCE avec ses taux d’intérêts trop bas. C’est donc peut-être plus vers ce parti que vers l’AfD, trop marquée à la droite de la droite, que se dirigeront les épargnants allemands âgés en colère. Mais il faut aussi ajouter que la CDU, et encore plus la CSU, font bien comprendre à leurs propres électeurs – encore aujourd’hui une nette majorité relative de l’électorat d’outre-Rhin –qu’ils ne céderont rien aux autres Européens sur ce point, d’où l’attitude récente à l’encontre de la Grèce. En punissant Tsipras et les petits retraités grecs,  il s’agissait de prouver encore une fois aux électeurs allemands que CDU et CSU ne feraient jamais aucun pas vers une "Union de transferts". C’est bien pour cela d’ailleurs que la situation parait si bloquée en Europe : le principal parti conservateur du principal pays européen continue à promettre l’impossible à ses électeurs dans le cadre d’une monnaie unique qui devra, soit disparaître, soit évoluer vers cette "Union de transferts" par un biais ou par un autre.  De fait, c’est moins le retour de l’inflation en Allemagne qui peut être fatal à Angela Merkel, que le sentiment qui pourrait finir par s’imposer outre-Rhin que sa stratégie attentiste mène l’Union européenne au désastre. Le probable candidat social-démocrate à la Chancellerie semble commencer à se positionner de cette manière, en mettant les électeurs allemands  en garde contre la fin de l’Europe qu’entraînerait celle d’un Euro insupportable pour l’Europe du sud (dont la France). Une Marine Le Pen qui aurait manqué de très peu son élection à la présidence de la République en mai 2017 serait sans doute un argument majeur dans ce sens.

Nicolas Goetzmann : Avec la question migratoire et l'attentat de Berlin, l'AfD peut prospérer. Cependant, un sondage publié ce vendredi 6 janvier indique que les conservateurs, menés par Angela Merkel, sont renforcés dans l'opinion, avec un gain de 2 points, pour un total de 37% de soutiens. De plus, 73% des Allemands se sentent en sécurité, malgré l'attaque de Berlin. Mais l'AfD progresse également de 2 points, avec une popularité qui atteint 15% dans l'opinion. Le perdant de ce sondage est le SPD, qui perd encore 2 points, pour atteindre 20%. Le résultat annonce quand même une situation où l'AfD pourrait ravir la seconde place au SPD dans l'électorat. Dans un tel contexte, la question inflationniste pourrait être un autre moteur de la progression de l'AfD, mais sur ce terrain-là, la position dure de Wolfgang Schäuble permet de faire barrage. Il y a donc un risque de radicalisation de la position de la CDU-CSU sur la question européenne au cours des prochains mois.

La France devra faire face et soutenir Mario Draghi dans son action. Car même si Draghi est indépendant et peut résister à la pression allemande, il aura besoin de relais politiques au sein de la zone euro, pour légitimer ses décisions auprès de la population et ouvrir la voie à une refondation totale du projet européen sur des bases permettant de corriger les erreurs originelles. Évidemment, un tel scénario relève d'un fort optimisme, totalement en décalage avec la tendance de ces dernières années. Parce que le scénario le plus probable, au regard des propositions et des forces en présence, laisse plutôt présager une mort lente. 

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ajm
- 09/01/2017 - 15:06
Idée reçue.
Cette idée d'inflation en Europe est ridicule: tant que que les coûts salariaux ne dérapent pas le risque est nul. En ce qui concerne l'épargne, il ne faut pas oublier que les ménages Italiens, Français, Belges par exemple sont en moyenne plutôt plus riches (immobiliers mais aussi épargne financiere) que les ménages Allemands. Seuls la toute petite minorité d'industriels de Bavière et du Bade Wurtemberg sont vraiment nettement plus riches et plus nombreux que leurs équivalents Français et autres.
Deneziere
- 09/01/2017 - 14:22
Et pourquoi ne serions-nous pas du côté des Allemands ?
Soutenir Draghi oui. Nous avons besoin de croissance, comme le sud, d'accord. Mais à la base nous sommes un pays d'épargnants, et nous n'avons aucune raison objective, en tant qu'individus, d'être moins opposé à l'inflation que les Allemands.