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Entretien politique

Guillaume Peltier : "La droite forte saura continuer à faire vivre le sarkozysme"

Publié le 16 décembre 2016
Soutien de Nicolas Sarkozy lors de la primaire, le co-fondateur de la Droite forte Guillaume Peltier revient pour Atlantico sur les défis qu'il entend désormais relever avec François Fillon. Avec la ferme intention de continuer à faire peser les idées de son mouvement dans le débat politique.
Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.
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Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.
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Soutien de Nicolas Sarkozy lors de la primaire, le co-fondateur de la Droite forte Guillaume Peltier revient pour Atlantico sur les défis qu'il entend désormais relever avec François Fillon. Avec la ferme intention de continuer à faire peser les idées de son mouvement dans le débat politique.

Atlantico : Au soir de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, vous avez déclaré – alors que vous souteniez Nicolas Sarkozy – que ce résultat était la victoire de votre "ligne politique". Finalement, qu'est-ce qui différenciait Nicolas Sarkozy de François Fillon pendant cette primaire ?

Guillaume Peltier : Tous deux proposaient par exemple un choc pour réduire la dépense publique, mais avec des méthodes différentes. Mais sur l’essentiel, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, le rééquilibrage de notre politique étrangère avec la Russie, la fermeté sur l’islam, le besoin de liberté à l’intérieur (pour le travail) et de protection à l’extérieur (face à la mondialisation), les grandes lignes politiques se ressemblaient. La ligne politique qui l'a largement emporté le 27 novembre dernier, c'est la ligne d'une droite courageuse et fière qui assume ses valeurs. Ce qui est peu étonnant, vous en conviendrez, pour deux personnalités de la même famille politique et qui ont formé le temps d’un quinquennat le couple exécutif de la France. Une stabilité que l’on regrette par les temps qui courent…

Pourquoi avoir choisi de soutenir le premier et non le second ?

J’ai soutenu Nicolas Sarkozy, par loyauté et avec conviction, car son énergie et son expérience me semblaient utiles pour mener les réformes structurelles dont notre pays a tant besoin et pour faire entendre la voix de la France en Europe et dans le monde. Une voix de la France devenue inaudible dans ce quinquennat de la déliquescence qui s’achève avec la fin de règne de François Hollande. Maintenant, la primaire est derrière nous, et nous sommes tous rassemblés autour de François Fillon pour faire gagner l’alternance forte et franche que les Français attendent. J'apprécie l'authenticité, la force de caractère et la constance des convictions de François Fillon.

D'après vous, Alain Juppé a-t-il perdu sa primaire à cause d'une campagne jugée "pas assez à droite" ? François Fillon doit-il en tirer des leçons pour la présidentielle qui s'annonce ?

Je ne suis pas un commentateur de la vie politique. Notre primaire a été un succès et la qualité des débats a permis une grande mobilisation de près de 4,5 millions de Français. Les électeurs ont tranché, la victoire de François Fillon s’est faite sur son projet et sa personnalité. Aujourd’hui, nous sommes dans le temps d’après, le
temps de la présidentielle, pour convaincre tous les Français que le projet de François Fillon est le seul capable de redresser la France face à une gauche archaïque et comptable du bilan Hollande.

En signe d'ouverture, François Fillon a maintenu ou placé des proches de ses anciens rivaux dans le nouvel organigramme des
Républicains, dont vous-même. Espérez-vous mettre à profit cette situation pour essayer de promouvoir les idées de la Droite Forte dans la campagne qui s'annonce ?

Je continuerai bien entendu à porter les idées d’une droite forte, fière de ses valeurs et courageuse dans ses convictions. Notre responsabilité est immense, tant la défiance est grande. Pour retisser la confiance entre les Français et le politique, il faut des élus avec le sens du bien commun et qui doivent parler vrai. La gauche maquille le réel et continue à se bercer d’illusions, par facilité et par idéologie. Dernier exemple, le reportage édifiant cette semaine sur des femmes exclues de lieux publics à Sevran. On nous dit que ce sont des "zones de non-droit", c’est faux. Ce sont, en réalité, des zones où règne un droit nouveau, avec une loi qui s’applique : la loi du plus fort au mieux ; la loi islamique, c’est-à-dire la charia, au pire. La gauche se contente de dénoncer une discrimination à l’égard des femmes ou parle de misogynie. La question est plus grave encore, il s’agit de l’identité de la France, c’est une question de civilisation. La question de l'égalité entre les hommes et les femmes n'est même pas négociable : c'est notre trésor civilisationnel. Notre devoir est de ne rien céder face à l’islam conquérant.

La décision de Nicolas Sarkozy de se mettre en retrait de la vie publique ne laisse-t-elle pas un grand vide à droite ? Comment et par qui ce vide pourrait-il être comblé ?

Une page se tourne avec son retrait. Mais le sarkozysme ne laisse pas un vide : je n’oublierai pas qu’il fut celui qui brisa les tabous hérités de mai 68 ; qu’il fut le candidat de la rupture avec le politiquement correct et le président de la rupture avec l’immobilisme tranquille. La Droite forte que je préside saura continuer à faire vivre le sarkozysme, avec d’autres bien sûr, je pense à tous ceux qui ont fait la campagne à ses côtés, de François Baroin à Laurent Wauquiez. Dans les mois et les années qui viennent, je porterai les valeurs d'une droite réconciliée avec les travailleurs et les classes moyennes. La droite de demain doit être celle qui protège les petits face aux puissants, les travailleurs face aux spéculateurs, les entrepreneurs face aux financiers, les patriotes face aux mondialistes, la valeur du mérite et de l'effort face à l'assistanat. Pour retrouver la confiance des Français, la droite de demain doit incarner deux valeurs solides : l'amour de la France et la récompense du travail, c'est-à-dire le patriotisme et le mérite.

Dans les colonnes d'Atlantico cette semaine, le maire de Béziers Robert Ménard a déclaré ne pas faire confiance à François Fillon, tout
en assurant que les valeurs qu'il portait se retrouvaient dans celle de la droite "hors les murs". Cet électorat assez volatile entre le
Front national et Les Républicains est-il la clé de l'élection de 2017 ? Comment François Fillon peut-il notamment espérer ramener à lui des électeurs déçus par la droite ces dernières années ?

Il n’y a pas de droite hors les murs parce qu’il n’y a pas de Français hors-jeu. Il y a un rendez-vous historique en 2017. L’enjeu central de la campagne présidentielle est désormais de s’adresser à tous les Français, notamment les plus modestes, de parler sincèrement et sans détours à la France qui souffre, aux perdants de la mondialisation, à la France périphérique et rurale. Le premier déplacement de François Fillon dans une commune rurale et sa proposition de reprise des privatisations pour financer l’équipement en haut débit dans les zones rurales est un premier signal fort. En tant qu’élu d’une commune rurale, je sais combien ce sujet est crucial, peut-être pas à Paris où on l’on parle de l’après-5G, mais dans notre monde rural où l'accès au très haut débit doit devenir une grande cause nationale de salut public.

>>>> Lire aussi : Robert Ménard : "Les valeurs de la droite hors les murs se retrouvent sans aucun doute dans le discours de François Fillon"

Marine Le Pen a récemment qualifié François Fillon de "candidat du Medef et de la Commission européenne". Cette image de candidat très libéral proposant un programme incisif sur le modèle social français ne risque-t-elle pas de coller à la peau de François Fillon lors de cette campagne ? Comment doit-il s'y prendre pour rassurer les Français ?

Marine Le Pen et la gauche ont décidé de mener une offensive conjointe et outrancière contre François Fillon et son programme. Cela leur permet, pour l'une de ne pas parler de son projet économique directement inspiré de l'ultra-gauche et pour les autres d'essayer de faire oublier leur bilan. La France est le pays européen qui a le plus
d'impôts et le plus de dépenses publiques. Sans parler de notre dette qui atteint des sommets. La seule question qui compte est : ce système est-il efficace ? Permet-il aux Français d'avoir moins de chômage ou un Etat qui fonctionne mieux ? Et surtout, permet-il aux classes populaires et aux travailleurs de mieux s'en sortir ? La réponse est non. François Fillon a remporté cette primaire parce qu'il propose un programme courageux et crédible dont les objectifs sont clairs : redonner du travail à ceux qui sont au chômage, baisser nos dépenses pour baisser les impôts, réduire notre dette pour renforcer la souveraineté et l'indépendance financière de la France. C'est-à-dire la maîtrise de notre destin. Tous les patriotes qui veulent redresser la France ne peuvent qu'y souscrire. Nous devons, selon les mots de Benjamin Disraeli, "réformer ce qu'il faut et conserver ce qui vaut".

Quel serait le meilleur adversaire désigné par le Parti socialiste pour François Fillon ? Arnaud Montebourg et son positionnement plus à
gauche, ou Manuel Valls et le bilan du quinquennat à assumer ?

Ce n’est pas notre sujet. Laissons le soin à la gauche de se disputer l’héritage du quinquennat Hollande auquel Valls, Montebourg et Macron ont largement participé. Il y en aura pour tout le monde : 1 million de chômeurs en plus, laxisme pénal de Christiane Taubira, matraquage fiscal des familles et des classes moyennes avec 35 milliards d’euros d’impôts en plus, réformes éducatives désastreuses et égalitaristes de Najat Vallaud-Belkacem, etc. Le droit d’inventaire du quinquennat de François Hollande ne fait que commencer. Il a choisi de quitter le Titanic en plein naufrage, je ne fais pas partie de ceux qui y voient du courage, c’est désormais à son équipage de rendre des comptes. Et au peuple français de choisir librement ceux qui auront l'audace de redresser la France.

Propos recueillis par Benjamin Jeanjean.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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clclo
- 10/01/2017 - 21:38
Pas d'amalgame
Sarkozy appartient à l'Histoire
zouk
- 12/12/2016 - 11:57
G. Peltier
Faire vivre les idées de Sarkozy, quel repoussoir pour le citoyen moyen. Arrêtons les conneries, s'il vous plait.
bd
- 12/12/2016 - 09:54
Arrêtons de parler de Sarkozy qui appartient désormais au passé!
Le temps est aux réformes et la droite aura aussi ses petites révolutions internes.