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Cet héritage sous-estimé que la France doit à Nicolas Sarkozy

Publié le 25 novembre 2016
L'ancien président de la République n'a pas su convaincre les électeurs de droite, comme en témoigne sa défaite à la primaire. Pour autant, son héritage continue de marquer la droite, et avec elle la France tout entière.
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L'ancien président de la République n'a pas su convaincre les électeurs de droite, comme en témoigne sa défaite à la primaire. Pour autant, son héritage continue de marquer la droite, et avec elle la France tout entière.

Atlantico : A la suite de son élimination au premier tour de la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu'il s'éloignerait à nouveau de la vie politique. Dans quelle mesure peut-on dire de l'ancien président de la République qu'il a libéré la parole et l'action à droite ? Quelle héritage laisse-t-il, concrètement ?

Maxime Tandonnet : Nicolas Sarkozy a chamboulé la manière de faire de la politique en France, apportant un style et des méthodes nouvelles. Il faut se souvenir qu'en 2002, la France sortait d'une longue période de glaciation à droite. Depuis 1981, elle a été au pouvoir dans le cadre de la cohabitation avec un président socialiste (1986-1988 et 1993-1995). Ou alors, elle détenait l'Elysée mais avec une Assemblée et un gouvernement socialiste (1997-2002). Elle n'a été réellement au pouvoir que pendant deux ans (1995-1997). Son attitude était aseptisée: sur des sujets comme la sécurité, les frontières ou l'autorité de l'Etat, jusqu'à 2002, il fallait être prudent. Sarkozy a fait sauter le couvercle, notamment comme ministre de l'Intérieur en revendiquant haut et fort sa volonté de restaurer l'autorité et la sécurité. Il a réveillé son camp politique en choisissant de parler sans tabou. Dans l'action, ce fut exactement la même chose. Il n'a pas eu peur d'agir en affrontant le politiquement correct. Il n'a pas eu peur de bousculer les convenances, l'idéologie dominante. Ce courage politique est vraiment sa marque de fabrique. Il y a aussi un style Sarkozy, fondé sur le mouvement, l'expression d'une énergie dans l'action, la médiatisation et la communication.  

Comment cette attitude vis-à-vis de l'identité de la droite s'est-elle répercutée sur le reste de cette famille politique ? Sur quels sujets a-t-on pu y voir une évolution ?

Au moment du deuxième tour des primaires de la droite et du centre, on voit bien qu'il y a deux conceptions de l'action politique à droite. Alain Juppé met en avant l'alliance de la "droite et du centre" et le rassemblement pouvant déborder sur les socialistes. Il privilégie l'unité et l'apaisement des tensions. François Fillon est sur une autre ligne, reprenant à certains égards l'approche sarkozyste de la politique. Il accepte le principe de déplaire, d'affronter durement une opposition. Cette inspiration clivante se retrouve dans ses propositions économiques, par exemple la suppression du nombre des fonctionnaires. Mais il est difficile de dire aujourd'hui si le sarkozysme va perdurer dans l'action. Le mode de fonctionnement de l'ancien président semble a priori inimitable. Il a poussé très loin la personnalisation de la politique. Il a développé une sorte d'autorité personnelle, un charisme sans équivalent. C'est à la fois un bien et un mal. Un bien car il a su mobiliser les énergies pour réaliser avec succès des réformes extrêmement difficiles, comme celle sur l'âge de la retraite en 2010, sur la sécurité avec les peines plancher ou la rétention de sûreté pour les criminels sexuels, le rapprochement police/gendarmerie par exemple, sur la politique de maîtrise de l'immigration et d'intégration. Mais cette personnalisation peut-être aussi un mal : dès lors que le pouvoir s'incarne en un homme, une fois celui-ci parti, il reste le néant.

Sur le plan électoral, le fait d'assumer d'être de droite a-t-il également joué ? Comment concrètement ?

Le sarkozysme ne tient pas dans l'affirmation "être de droite", ce serait très réducteur et sectaire. Il tient dans l'affirmation "aimer la France" et agir dans l'intérêt national. Au début de son quinquennat, il a voulu pratiquer « l'ouverture » pour montrer sa capacité à dépasser une vision sectaire du pays. Ses partisans lui en ont beaucoup voulu. Sa méthode combinant le volontarisme dans l'action, parfois la provocation verbale contre les tabous, a des effets paradoxaux sur le plan électoral. Elle a admirablement réussi en 2007, parce qu'il y avait un effet de surprise, de nouveauté. Elle a échoué de peu en 2012, dans un contexte épouvantable. L'inconvénient de la personnalisation sarkozyste du pouvoir tient aux passions excessives qu'elle suscite, parfois d'admiration, mais aussi de haines inexpugnables . Cette méthode, enfin, s'est effondré en 2017. Un phénomène étrange s'est produit. Dans les années 2002-2012, Nicolas Sarkozy était en phase avec la majorité silencieuse. Nul autre que lui ne l'a mieux ressentie, dans son besoin de protection face à la tourmente du monde. Après 2012, son instinct politique a été moins heureux. Il était à l'évidence impossible de redevenir président de la République après l'avoir été une première fois. Tout effet de surprise est passé, les rancœurs et les haines subsistent, exacerbées, et l'usure du pouvoir persiste. Le défi était inconcevable, dès l'origine. Pourquoi ne l'a-t-il pas senti, alors que son instinct politique, jusqu'alors, l'avait si bien guidé? C'est la question que je me pose...  

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cloette
- 24/11/2016 - 10:31
oui on l'aimait bien
C'était ainsi !
cloette
- 24/11/2016 - 10:30
oui on l'aimait bien
C'était ainsi !
vanasall
- 23/11/2016 - 21:22
Français tellement superficiels !
Tous ces français qui détestent N. SARKOZY ne retiennent de lui que des travers pointés du doigt par les médias et la gauche haineuse EN NE VOULANT PAS VOIR sa stature d'homme d'état exceptionnel. Comme pour le Général de GAULLE, ils le regretteront après l'avoir sali de leur bave. Ce n'est pas N. SARKOZY qui a perdu, ce sont les français et l'avenir de la FRANCE. Pauvres d'esprit que vous êtes !