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Poutine, qui a succédé à Boris Eltsine, est arrivé en 2000 à la tête de l'Etat russe. Il est possible qu'il soit fatigué d'exercer le pouvoir et qu'il cherche un successeur afin de pouvoir se consacrer à d'autres activités.
Bye bye Mr President ?
Poutine sur le point de démissionner pour raison de santé ? L'hypothèse d'un spécialiste du Kremlin qu'on aurait tort de ne pas prendre au sérieux
Publié le 18 novembre 2016
Si des rumeurs sur l'état de santé et le départ de Vladimir Poutine ont déjà couru dans le passé, celle-ci semble plus crédible car elle intervient dans un contexte bien particulier : l'approche de l'élection présidentielle russe, qui doit se tenir en 2018. Plus le temps passe, plus la question de la succession du chef du Kremlin va se poser.
Guillaume Lagane est spécialiste des questions de défense.Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2013 (deuxième édition)) et de Premiers pas en géopolitique ...
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Guillaume Lagane est spécialiste des questions de défense.Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2013 (deuxième édition)) et de Premiers pas en géopolitique ...
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Si des rumeurs sur l'état de santé et le départ de Vladimir Poutine ont déjà couru dans le passé, celle-ci semble plus crédible car elle intervient dans un contexte bien particulier : l'approche de l'élection présidentielle russe, qui doit se tenir en 2018. Plus le temps passe, plus la question de la succession du chef du Kremlin va se poser.

Atlantico : Dans une interview publiée par le site d'information russe Moskovsky Komsomolets (MK), puis supprimée ensuite, Valery Solovey, professeur à l'Institut d'Etat des relations internationales de Moscou, a déclaré que Vladimir Poutine envisageait de démissionner car il aurait des problèmes de santé, et que des élections pourraient se tenir en 2017 avant la fin de son mandat. Dans quelle mesure s'agit-il d'une hypothèse crédible ? La question du départ de Vladimir Poutine se pose-t-elle actuellement au Kremlin ?

Guillaume Lagane : Ce n'est pas la première fois que la santé de Vladimir Poutine est évoquée : cela avait déjà été le cas à l'occasion de déplacements qu'il avait annulés en 2012 et en 2015 ou de spéculations sur son avenir. Néanmoins, cette rumeur est peut-être plus crédible aujourd'hui car il y a en 2018 un enjeu électoral majeur en Russie : l'élection présidentielle. Plus le temps passe, plus la question de la succession de Vladimir Poutine va se poser. 

Il semble que Vladimir Poutine ait l'intention de poursuivre sa carrière. Il a une haute opinion de ses fonctions et il est persuadé que la Russie est grâce à lui en train de renaitre. Par ailleurs, son excellente santé est un attribut de son pouvoir : Vladimir Poutine met souvent en avant sa condition physique – c'est un judoka et un grand sportif – pour montrer qu'il est capable d'exercer le pouvoir. Néanmoins, il a 64 ans et il n'est pas impossible qu'il rencontre des problèmes de santé. 

Poutine, qui a succédé à Boris Eltsine, est arrivé en 2000 à la tête de l'Etat russe. Il est possible qu'il soit fatigué d'exercer le pouvoir et qu'il cherche un successeur afin de pouvoir se consacrer à d'autres activités. Il faut évidemment que ce successeur soit sûr pour lui garantir l'absence de poursuites judiciaires après son départ. 

Cet article a été publié le lendemain de la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine : au-delà des problèmes de santé, peut-on voir dans le retrait de Poutine une volonté du Kremlin de placer à la tête de l'Etat russe un homme plus disposé que l'actuel chef d'Etat à améliorer les relations de la Russie avec l'Occident ? Si tel est le cas, qui vous semble être le successeur le plus indiqué pour accomplir cette mission ? 

Le pouvoir russe s'est félicité de la victoire de Donald Trump mais le Kremlin est extrêmement ennuyé car en réalité personne ne sait vraiment à quoi va ressembler la politique étrangère du nouveau locataire de la Maison Blanche. 

Si la Russie a réellement pour volonté d'améliorer les relations avec les Etats-Unis, un nouveau visage serait effectivement bienvenu. 

Dans l'interview que vous avez mentionnée, Valery Solovey évoque deux possibilités. La première est que Dimitri Medvedev succède à Vladimir Poutine, ce qui donnerait du crédit à l'idée d'une amélioration des relations avec l'Occident. En effet, lorsqu'il était président entre 2008 et 2012 –tandis que Poutine était resté Premier ministre - Medvedev représentait en quelque sorte la face aimable du régime. Mais c'est une image un peu artificielle dans la mesure où il a pratiqué la même politique que Vladimir Poutine. Le deuxième successeur envisagé est Alexei Dyumin, un personnage qui a connu une ascension stratosphérique dans l'entourage de Vladimir Poutine : de simple garde du corps de Poutine au départ, il est aujourd'hui vice-ministre de la défense et a été nommé gouverneur de Tula – une région proche de Moscou. Certains se demandent aujourd'hui si Poutine n'est pas en train de le former pour lui succéder. Les deux hommes ont une relation très proche : Dyumin a notamment entrainé Vladimir Poutine à faire du hockey sur glace – c'était le gardien de l'équipe et les mauvaises langues disent qu'il laissait très souvent Poutine gagner.  

Un autre nom qui circule également est celui de Nikolaï Patrouchev, un ancien directeur du FSB : il aurait l'avantage de conserver le pouvoir dans les mains des services de sécurité, qui sont le cœur du pouvoir russe et le milieu dont Poutine est issu. 

Que nous révèlent cette information et le fait qu'elle ait été censurée sur le pouvoir russe ?

Cela dénote incontestablement une grande nervosité du pouvoir russe. Par ailleurs, le fait que l'article ait été censuré pourrait accréditer la véracité des informations qu'il contient. 

La succession de Poutine agite beaucoup les esprits à Moscou. Dans l'ambiance un peu florentine qui est celle du gouvernement russe, le fait que des noms tels que Dyumin ou Medvedev aient été proposés peut être une manière de les affaiblir en les précipitant dans les griffes des autres rivaux. 

La succession de Poutine pourrait se faire de trois manières. Premièrement, on peut imaginer une révolution, mais l'état de l'opposition russe et la popularité de Poutine rendent cette hypothèse peu probable, même si la situation économique est mauvaise. Deuxièmement, on peut songer à un coup d'état interne, sur le modèle de ce qu'a tenté de faire l'armée turque contre Erdogan il y a quelques mois, mais peu d'indices montrent une quelconque autonomie des forces de sécurité, qui sont surveillées de très près par le pouvoir poutinien. Troisièmement, dans le contexte de jeu démocratique apparent mais en réalité tronqué, la démission de Poutine serait en réalité le seul moyen de faire changer de visage le pouvoir russe, d'où la grande nervosité des autorités quand ce type d'informations circulent. 

En conclusion, une fois de plus, comme le disait Churchill, les rivalités au sein du pouvoir russe restent mystérieuses : "un combat de bouledogues sous un tapis" !

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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zouk
- 20/11/2016 - 11:12
Santé de Poutine
????.....?
jurgio
- 15/11/2016 - 15:14
Il faut aussi rester réalistes
Poutine a beau être un sportif énergique, les « petites bêtes » sont impitoyables. Son récent visage bouffi rappelle celui de Pompidou.
ikaris
- 15/11/2016 - 14:58
Un peu plus de russophilie siouplais !
Je n'aime pas le ton de cet interview et ses sous entendus. Il y a des informations à glaner mais ça parle trop d'autoritarisme, de coup de force et adopte trop le point de vu "néo con" pour être considéré sérieusement. L'auteur n'a aucune leçon de démocratie à donner à la Russie, surtout en enseignant à Science Po. On sait bien que l'élection au suffrage universel n'est en aucune manière un blanc sein donné au peuple pour désigner à sa guise ses dirigeant vu que les partis politiques (qui bidonnent les urnes et sont sous le contrôle d'aparatchiks), les médias (qui façonnent l'opinion sous le contrôle de leurs actionnaires) et la finance (2 milliards de dollars dépensés par clinton pour "communiquer") tirent les ficelles ... on le constate en France comme aux USA. Dans ce contexte que Poutine désigne son successeur au sein de son parti n'a rien de choquant au vue des pratiques occidentales et quand ce dernier sera bien élu (car gageons qu'il le soit avec des marges de manoeuvres bien supérieures à Poutine ou Trump) on verra l'action du suffrage universel.