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En France il y a 15 000 IVG chez les moins de 18 ans et 90 000 IVG chez les moins de 25 ans, ce qui est pour moi un vrai problème de santé publique et qui revient à cautionner l'absence de prévention chez les jeunes.
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Le préservatif pour tous, ça c’était avant : les jeunes d’aujourd’hui l’ont zappé (et les MST s’en réjouissent…)
Publié le 17 novembre 2016
Malgré les campagnes de prévention, les jeunes ont toujours des relations sexuelles non protégées. D'après une étude de la Smerep, 70% des adolescents n’utilisent pas systématiquement de préservatif.
Christian Jamin est gynécologue et endocrinologue. Il exerce actuellement à Paris. Spécialiste de la régulation du traitement hormonal chez la femme, il participe activement aux recherches de nouvelles méthodes de contraception. Il s'implique également...
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Israël Nisand est un gynécologue obstétricien aux hôpitaux universitaires de Strasbourg et professeur en sciences humaines à la faculté de médecine de Strasbourg.
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Malgré les campagnes de prévention, les jeunes ont toujours des relations sexuelles non protégées. D'après une étude de la Smerep, 70% des adolescents n’utilisent pas systématiquement de préservatif.

Atlantico : D’après différentes enquêtes, les millenials utilisent de moins en moins des préservatifs et ont des relations sexuelles non protégées. Quelle est l’ampleur de ce phénomène chez les jeunes ? Est-il récent ? Pouvez-vous constater dans votre pratique professionnelle des conséquences de ce constat ? 

Israël Nisand : Nous ne pouvons pas parler de prévention perpétuelle quand la loi française qui prévoit des heures de formation chaque année n’est pas respectée. De très nombreux jeunes n’ont en aucun cas les éléments d’informations qui leur sont nécessaires. Trop souvent la pornographie se substitue à l’éducation.

Les jeunes utilisent de moins en moins de préservatifs et nous pouvons le constater de façon concrète avec le nombre d’IVG. Celui-ci est stable artificiellement parce que nous les comptons mal : en France, il y a 15 000 IVG chez les moins de 18 ans et 90 000 IVG chez les moins de 25 ans, ce qui est pour moi un vrai problème de santé publique et qui revient à cautionner l'absence de prévention chez les jeunes. Si les pays autour de nous ont trois fois moins d’IVG chez les jeunes c’est qu’il y a un réel problème de prévention et de tabou sur la sexualité. Si les jeunes n'utilisent pas assez de préservatifs c’est uniquement à cause du manque d’éducation. Beaucoup pensent que le retrait est efficace, qu’avoir des rapports pendant les règles fait qu’on ne risque rien. Des jeunes filles affirment que la pilule fait grossir et donne le cancer, avec une clope au bec.

Dans certains endroits il y a du volontariat d’associations qui fonctionnent très bien et les informations sont diffusées aux jeunes. Pour moi, moins de 10% des jeunes ont des informations correctes sur le sujet. Le pire dans cette situation est que ce sont toujours les jeunes femmes qui paient le prix fort de nos tabous et de nos faiblesses.

Christian Jamin : Ce constat n'est pas forcément en adéquation avec ce que nous constatons, nous, en consultation. Quand on regarde notamment les ventes de l'industrie pharmaceutique, il apparaît qu'il y a de moins en moins de femmes qui prennent la pilule, et un certain recul de la contraception. Et quand on leur pose la question de savoir ce qu'elles font à la place, elles disent prendre des préservatifs. Je ne dirais donc pas que c'est ce que j'observe au quotidien dans mon métier, mais comme nous sommes ici dans le déclaratif…

On assiste en revanche bien à un recul de la contraception médicale classique, et tous les médecins sont d'accord là-dessus. Les femmes rejettent la pilule, en particulier depuis que Marisol Touraine a créé cette phobie en 2012-2013 dont la pilule ne s'est pas remise.

Nous avons eu une augmentation de 10 000 IVG à la suite de cette affaire en 2013, mais la tendance ne s'est pas poursuivie. Cela signifie que les femmes ont trouvé d'autres moyens contraceptifs. Comme il y a un peu moins de pilules, un peu plus de stérilets, et qu'il n'y a pas plus d'IVG, soit elles ont arrêté les rapports sexuels, soit elles utilisent d'autres méthodes…

Une fois dit cela, il est certain que si les jeunes femmes utilisent encore le préservatif, il est possible qu'elles ne l'utilisent pas systématiquement. Le taux de grossesse sous préservatif est aux alentours de 15%, la contraception par préservatif est donc une "mauvaise" contraception, même s'il est irremplaçable pour la protection contre les maladies sexuellement transmissibles. Pourquoi ce taux ? Parce qu'on ne l'utilise pas à chaque fois. C'est là son point faible.

Il existe trois formes de contraception.

Premièrement, les contraceptions dites naturelles ou barrières (comme le préservatif) où l'acte contraceptif est directement lié à l'acte sexuel. Par définition, quand on a un rapport sexuel, on n'a bien souvent pas la tête à sa contraception, et c'est pour ça que cela peut donner des taux de grossesse suivant les méthodes utilisées, entre 15 et 40% par an.

Deuxièmement, la méthode où la femme fait le choix d'avoir une contraception de manière régulière (pilule, patch, anneau…). C'est beaucoup plus efficace (à 99,5% théoriquement, à 94% en réalité). Cela veut dire que 6% de ces femmes se retrouvent enceintes tous les ans car elles arrêtent transitoirement leur pilule.

Troisièmement, la situation où la femme n'est plus maîtresse de sa contraception (stérilet, implant…). Ici, les taux d'efficacité sont à 99,5%.

Ce transfert de la "deuxième" et de la "troisième" contraception vers les préservatifs est une très mauvaise chose pour l'effet contraceptif.

Comment pouvons-nous expliquer que malgré la prévention perpétuelle sur le sujet des différentes MST, les jeunes n’utilisent toujours pas systématiquement des moyens de protection ? Est-ce un phénomène générationnel ?

Christian Jamin : Il faut bien comprendre qu'il faut sans cesse rabâcher les choses, car les campagnes ont leur effet momentané, mais après les gens s'en éloignent… Il est assez banal que le taux d'utilisation diminue. Il y a un taux d'utilisation qui est déclaré comme très élevé, mais on parle d'une utilisation qui n'est pas systématique. C'est précisément les défauts que j'ai évoqués pour les méthodes dites naturelles, où l'acte préventif doit être concomitant de l'acte sexuel. Même si l'on assure prendre le préservatif, le jour où l'on a bu un coup ou le jour où l'on est franchement amoureux, on ne l'utilise pas.

Toutefois, je ne suis pas du tout sûr que ce phénomène soit nouveau ou générationnel. Cela a toujours été le défaut de ce type de méthodes.

Il faut juste entériner le fait que les gens ne sont pas parfaits. L'homme et la femme sont faillibles. C'est comme si vous me demandiez pourquoi la contraception existe depuis 1967 en France et qu'on a toujours 250 000 IVG… Ce n'est pas parce qu'on met les moyens pour que quelque chose se fasse que les choses se font. Evidemment, il faut continuer à faire la promotion de ce type de méthode de protection.

C'est le propre de chaque individu de ne pas être tout le temps raisonnable, et on est d'autant moins raisonnable qu'on est dans une situation de perte de contrôle, et cette situation de perte de contrôle s'appelle la drogue, l'alcool ou l'amour.

Savons-nous vraiment nous adresser aux jeunes sur le sujet de la protection ? Concrètement, quelles sont les mesures qui fonctionnent et celles qui échouent ?

Christian Jamin : Il y a quand même eu des progrès considérables depuis l'apparition du Sida. Ce qui est certain, c'est que la seule façon d'apprendre quelque chose, c'est à l'école et suffisamment tôt dans la vie. Je serais donc presque tenté de dire qu'en ce qui concerne les adolescents, c'est presque trop tard. Si on veut améliorer la contraception et la protection contre les MST, il faut le faire très tôt et à l'école. Les campagnes, bien sûr, peuvent être des piqûres de rappel, mais fondamentalement l'éducation est faite trop tard en France. Il y a deux pays au monde qui ont réussi à faire baisser le nombre d'IVG : la Finlande et les Pays-Bas. Or, ces deux pays ont fait le choix de commencer l'éducation à la contraception dès l'école primaire. Mais c'est assez compliqué à mettre en place, pour des questions religieuses et culturelles, avec beaucoup de parents qui ne sont pas d'accord.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
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jurgio
- 17/11/2016 - 20:49
De notre temps......
on était des supers ... Mais on pensait comme des ... car il y avait, derrière, meilleurs que nous.