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N'en déplaise aux féministes et autres tenants de la théorie du genre, l'usage prévoit toujours que "Madame" soit suivi du prénom et du nom du mari

Publié le 12 novembre 2016
On l'appelle aujourd'hui le "vivre ensemble"... Autant dire que ce n'est pas un petit sujet ! La politesse est cet art de rendre la vie ordinaire plus douce, moins rugueuse vivable, en somme. Nécessité sociale, donc. Mais pas seulement : la politesse est aussi une source de plaisir, et c'est ce que ce dictionnaire nous démontre à chaque page. Extrait de "Un dictionnaire nostalgique de la politesse", de Frédéric Rouvillois, aux éditions Flammarion 2/2
Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain.Professeur agrégé de droit public à Paris V depuis 2002, où il enseigne le droit constitutionnel et le contentieux constitutionnel, il centre ses travaux sur le droit de l’Etat et sur l...
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Frédéric Rouvillois
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Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain.Professeur agrégé de droit public à Paris V depuis 2002, où il enseigne le droit constitutionnel et le contentieux constitutionnel, il centre ses travaux sur le droit de l’Etat et sur l...
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On l'appelle aujourd'hui le "vivre ensemble"... Autant dire que ce n'est pas un petit sujet ! La politesse est cet art de rendre la vie ordinaire plus douce, moins rugueuse vivable, en somme. Nécessité sociale, donc. Mais pas seulement : la politesse est aussi une source de plaisir, et c'est ce que ce dictionnaire nous démontre à chaque page. Extrait de "Un dictionnaire nostalgique de la politesse", de Frédéric Rouvillois, aux éditions Flammarion 2/2

Madame, Monsieur

Sous la Révolution, les mots Madame et Monsieur furent interdits au motif qu’ils se rattachaient aux temps obscurs – et permettaient d’opérer entre les personnes des distinctions auxquelles s’opposait violemment l’égalitarisme jacobin. Pourtant, c’est ce qui fait à la fois leur charme et leur utilité : sitôt passé l’orage révolutionnaire, on s’empressa de jeter aux orties les grandiloquents "citoyen" et "citoyenne" pour en revenir aux appellations classiques – qui, envers et contre tout, ont subsisté jusqu’à nos jours. Encore faut-il en faire bon usage – un emploi malencontreux étant ici la pire des choses et un moyen très sûr de se couvrir de ridicule.

Lorsque l’on s’adresse à quelqu’un, le savoir-vivre et la prudence conseillent donc de se contenter de "Madame" et de "Monsieur", qui ne sont jamais fautifs – même lorsqu’il s’agit d’un ecclésiastique, d’un militaire ou du titulaire d’une haute fonction élective, bien qu’il soit préférable de leur donner leur titre officiel. En revanche, on ne dira en aucun cas "Madame Dupont" ou "Monsieur Durand". "Bonjour Monsieur Courbet !" est ainsi gravement fautif, à en croire l’irréprochable Guide du protocole et des usages de Jacques Gandouin, qui souligne qu’il s’agit d’"une formule plus que familière, qui ne s’emploie qu’avec des préposés ou des fournisseurs que l’on connaît bien". Dans la hiérarchie des familiarités, celle-ci précède immédiatement l’usage du simple prénom ("Bécassine, vous m’ferez les cuivres et les carreaux"). Dans le même ordre d’idées, on évitera, sous peine de passer pour un plouc mal dégrossi, de se présenter soi-même comme "Monsieur X" ; on donnera son nom, éventuellement précédé de son prénom, mais jamais l’inverse, Grands Dieux ! Ne parlons même pas du fait de désigner son conjoint comme "Monsieur Fricotin" ou "Madame Paturot" ou, pire encore, de s’adresser à lui en ces termes : "Madame Poissonnard, va donc me chercher  une part de brie et un litre de rouge à l’office !" Ce genre de bourde signalait déjà le comble de la vulgarité dans les romans de Balzac. On se contentera, en toute simplicité, de dire "mon mari" ou "ma femme". Le mot "Monsieur" ne précèdera donc le prénom et le patronyme que dans la correspondance. Et encore : sur les cartes de visite, un homme seul se bornera à indiquer ses prénom et nom, et son titre s’il y a lieu. Quant au "Madame", l’usage exige toujours, malgré le deuxième sexe, la troisième gauche et la théorie du genre, qu’il soit suivi du prénom et du nom du mari.

(crédit : Emmanuel Pierre)

Mademoiselle

Le bon usage, en l’occurrence, consiste à éviter les formules vieillies, quel que soit leur charme, leur poésie ou le plaisir qu’on en éprouve. Et à cet égard, il faut bien reconnaître que "Mademoiselle" est un titre en voie de disparition – jusque dans le jargon des speakerines et des dames de la météo. Pour les (très) jeunes filles, l’usage du prénom (assorti de la bise sur chaque joue) semble désormais de mise. Quant aux dames non mariées, quoiqu’un peu mûres, le "Mademoiselle" risquerait de paraître incongru, sinon franchement grotesque – notamment, lorsque les dames en question vivent en concubinage depuis plusieurs décennies, qu’elles sont grands-mères ou qu’elles viennent de fête leur cinquième divorce. Pire encore, les susdites pourraient mal le prendre en y voyant un jugement peu flatteur sur leur pouvoir de séduction. En bref, il vaudra mieux éviter, et commencer par dire "Madame" – quitte à ce que votre interlocutrice vous rétorque ensuite, avec un air pincé, "Non, Mademoiselle".

Extrait de "Un dictionnaire nostalgique de la politesse", de Frédéric Rouvillois, publié aux éditions Flammarion, novembre 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici

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Commentaires (3)
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papinet
- 12/11/2016 - 22:31
Certes...
Mais essayez auprès de votre banque d'avoir autre chose que "M et Mme Georges Machin" sur votre carnet de chèques conjoint ! Les plus ouvertes vous proposeront "M et Mme Paulette Machin"... Quel progrès !
ISABLEUE
- 12/11/2016 - 16:08
on garde toujours son état civil
c'est la loi. une femme donc portera donc le nom de son père et non celui de son mari. ce sera toujours mMe x épouse machin.
Et sur notre pièce d'identité, on peut n'avoir que notre nom de naissance et non celui du mari accolé.
Non mais !!
MIMINE 95
- 12/11/2016 - 15:05
PORTER LE NOM DE SON MARI ou d'ailleurs de sa femme (depuis peu)
N'est qu'un usage et non une loi. Une femme comme un homme porte toute sa vie, et même toute sa mort, selon la loi, son état civil de naissance. La politesse voudrait qu'on cesse d'obliger une femme à porter le nom de son "propriétaire" si elle ne le souhaite pas, alors qu'elle n'en a nullement l'obligation. Venant de FONDAPOOL, je ne suis guère étonné de ces relents esclavagistes et suprémacistes sous couvert de politesse.....