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Mais quand ouvriront-ils les yeux ? Obsédés par Trump, les médias et les politiques n'ont toujours pas daigné s'intéresser aux clés de cette élection
Publié le 11 novembre 2016
Alors que Donald Trump a été élu à la surprise générale 45ème président des États-Unis, l'ensemble de la classe politique et médiatique préférait encore pointer après son élection les risques associés à son futur mandat, au lieu de s'interroger sur les motivations réelles de ses électeurs.
Yannick Mireur est l’auteur de deux essais sur la société et la politique américaines (Après Bush: Pourquoi l'Amérique ne changera pas, 2008, préface de Hubert Védrine, Le monde d’Obama, 2011). Il fut le fondateur et rédacteur en chef de Politique...
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Yannick Mireur est l’auteur de deux essais sur la société et la politique américaines (Après Bush: Pourquoi l'Amérique ne changera pas, 2008, préface de Hubert Védrine, Le monde d’Obama, 2011). Il fut le fondateur et rédacteur en chef de Politique...
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Alors que Donald Trump a été élu à la surprise générale 45ème président des États-Unis, l'ensemble de la classe politique et médiatique préférait encore pointer après son élection les risques associés à son futur mandat, au lieu de s'interroger sur les motivations réelles de ses électeurs.

Atlantico : Alors que la victoire de Donald Trump était annoncée mercredi, une grande partie de la classe politique et des médias continuaient de commenter le séisme politique qu'elle pouvait représenter plutôt que d'essayer de comprendre les motivations des électeurs à l'origine du résultat. Comment l'expliquez-vous ?

Yannick Mireur : La sourde colère de la majorité silencieuse - et invisible sur les réseaux sociaux – a surgi brutalement. Cela explique l’étonnement général, nourri par les sondages qui nous avaient habitués à une avance de la candidate démocrate qui faisait penser la balance en sa faveur, sans complètement écarter l’hypothèse d’une défaite. Devant cette situation et la singularité de Donald Trump, le réflexe est alors de rejeter d’un revers de main ce vote populaire en le caractérisant par le terme de « populiste », y jetant un opprobre implicite, comme si cela était une explication suffisante en soi. Les électeurs populistes ne sont pourtant pas une espèce à part ; le malaise de la classe ouvrière et moyenne américaine couve depuis 15 ans, tandis que l’innovation technologique bouscule le monde du travail et même au-delà, et que les grandes conventions collectives héritées de l’Amérique fordiste de l’après-guerre, par exemple dans le secteur automobile longtemps emblématique du capitalisme américain, se fissurent.

L’élite dirigeante, et notamment politique, n’a pas senti l’ampleur de ce désarroi. Une révolte électorale ou des turbulences politiques surgissent généralement parce qu’elles n’ont pas été anticipées. C’est le cas aux Etats-Unis.

Le déséquilibre entre la côte Est et New York d’un côté, où se concentrent les pouvoirs, et  de l’autre les immenses espaces américains et le Sud que j’avais longuement évoqué dans un précédent ouvrage*, se perpétue, faisant ignorer aux premiers la réalité des seconds. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit en effet d’un séisme d’ampleur, qui ouvre beaucoup d’incertitudes compte tenu des divisions fortes au sein du mouvement républicain et des ajustements qui seront nécessaires entre Exécutif et Législatif pour que « l’unité du gouvernement », c’est-à-dire la même appartenance partisane de la présidence et des Assemblées, se traduise en cohérence politique.

*Après Bush : pourquoi l’Amérique ne changera pas (2008)

La plupart des explications semblaient, de même, de l'ordre du catastrophisme. Certains médias n'ont pas hésité à évoquer l'expression du racisme, du rejet de l'autre. Que perd-on à envisager ces résultats sous cet angle ? 

Cette campagne présidentielle américaine a été désastreuse car deux mauvais candidats se sont affrontés. L’un a tiré le débat vers la vulgarité de l’outrance, sans parler de l’ignorance de la pratique de l’Etat, l’autre a inspiré une défiance qui n’a cessé de la suivre depuis la présidence de Bill Clinton. L’élection de Trump n’est pas glorieuse, et on ne peut nier que parmi ses électeurs, certains sont animés de sentiments hostiles. Cependant, il y a aussi la recherche d’une Amérique qui disparaît, un ressentiment à l’égard d’une bien-pensance qui impose ses schémas abusivement appelés progressistes, et qui sapent des valeurs, par exemple familiales, perçues par d’autres comme intangibles. Cette Amérique-là n’est pas moins américaine que celle des campus universitaires et des côtes. Il faut donc mesurer la polarisation de la société américaine, ses divisions sur des sujets de société et sur la mondialisation économique. La carte électorale illustre cette division que l‘on avait identifiée en 2004 lors de la réélection de G. W. Bush. Elle persiste car on n’y a pas apporté de remèdes. La leçon doit être pour les responsables publics et les partis de réfléchir à un nouveau projet de société qui favorise l’adaptation de l’économie et de la société aux défis économiques mais aussi culturels du temps présent. Les partis démocrate et républicain doivent chacun élaborer un projet pour l’Amérique. Que Trump ait remporté l’investiture du GOP et que les Démocrates n’aient eu d’autre option que de présenter Hillary Clinton révèlent cruellement leur commune déshérence.  N’oublions pas cependant que l’Amérique est la même qui élit en 2008 Barack Obama. Cela seul devrait mitiger l’impression que laisse la victoire de Trump, qui fait par ailleurs, c’est important de la garder en mémoire, jeu égal avec Clinton au vote populaire, voire moins qu’elle.

Par ailleurs, quelle est l'image renvoyée à ces Américains qui ont voté pour Trump ? Evoquer les frasques passées du magnat de l'immobilier, sans aborder l'offre politique qu'il représente, n'est-il pas contre-productif ?

Le climat de la campagne a été délétère du début à la fin. L’invective a écarté tout échange sérieux, comme l’ont illustré les débats entre les deux candidats, qui furent dramatiques. La presse, largement pro-Clinton, n’a pas approfondi la question des attentes et des frustrations de l’Amérique profonde des campagnes et des petites villes. On n’en est trop souvent resté aux choses personnelles, alimentant un sentiment surréaliste de complot qui est un peu une maladie américaine. Dans ce contexte, Clinton n’a jamais su clore le débat sur ses emails, reconnaître ses erreurs et s’expliquer  pour mieux attaquer son adversaire. Ce qui reste stupéfiant, c’est la victoire de Trump malgré les insultes tous azimuts et les grossières simplifications qu’il a proférées. Cette hystérie laissait peu de place à une analyse de l’offre politique Trump bien maigre ; celui-ci a simplement surfé sur une vague et su parler aux gens simples avec lesquelles Clinton a toujours eu du mal, par manque d’empathie naturelle.

Le résultat est une Amérique toujours amèrement divisée. Les relations entre la majorité républicaine au Congrès, elle-même traversée d’antagonismes, et le pragmatique Président Trump, diront ce qu’il adviendra de cette sidérante élection. Mais même si elles devaient être à eu près opérationnelles, ces relations n’accoucheront probablement pas de bonnes solutions aux problèmes américains. Quant aux affaires étrangères, il faut espérer, sans trop y croire, que les responsables européens sauront en faire l’opportunité qu’elle renferme pour retremper les rapports euro-américains, et amener Trump à de bonnes décisions pour la stabilité internationale, la lutte contre le terrorisme, et le traitement du défi climatique.

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Winter
- 11/11/2016 - 00:08
On ne peut que constater que
On ne peut que constater que les journalistes ne font pas leur travail. Ils veulent nous convertir à une idéologie qui leur profitent. On n'explique pas assez clairement les casseroles de Clinton dans les media mainstream. Ensuite la politique qu'elle a mené a porté Obama à ce qu'il reconnaît comme l'erreur principale de sa présidence, le bombardement de la Lybie. Sarko et Cameron n'ont fait que suivre. Moi j'attends des articles là-dessus. Rien. Et pourtant Clinton n'était plus Secrétaire d'Etat sous le 2ème mandat. Elle a été remplacée par Kerry. Des explications sérieuses? Des analyses? Vous en avez lues? Ensuite, la racialisation de cette campagne et son délire hystérique. Un résultat qu'on a quand même mentionné, c'est que la middle class noire a voté comme la middle class blanche. C'est assez extraordinaire, car si le pays reste divisé, ce n'est plus par le facteur racial. Et puis, la diabolisation de Trump parce qu'il est raciste. Mais comment accepter que ceux qui le condamnent le fasse par racisme sociologique, en méprisant ceux qu'ils appellent "white trash" càd racaille blanche.
superliberal
- 10/11/2016 - 16:29
@Ganesha
Si le libéralisme n'avait pas existé le seul vrai avantage que je vois c'est que je n'aurai pas à lire vos élucubrations national-socialiste sur mon PC via internet car ni l'un ni l'autre n'aurait été inventés ;-) vous seriez même peut-être déjà à six pied sous terre par manque de médicament...(ce que je ne vous souhaite pas malgré tout). La création de richesse n'empêche en rien une certaine redistribution à minima pour garder une certaine paix social permettant la bonne marche de la société et du business.
Un bon exemple c'est la Suisse ou l'état ne dépense que 33% du PIB et curieusement les gens ne meurent pas de froid dans les rues. Il n'y a pas que les USA !!! personne n'à dit que le Libéralisme était l'antichambre du paradis, en revanche le socialo, communo, marxisto, collectivisto, nationalisto ganeshisme est bien l'antichambre de l'enfer...bon WE
Mario
- 10/11/2016 - 13:32
l'état dépense 56 % et il en
l'état dépense 56 % et il en fait quoi?