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Fillon vise à représenter la frange de la droite libérale française et lui donner du poids pour la suite. Un libéralisme, cependant, qui reste, de son propre aveu, "non idéologique".
Il grapille son retard...

François Fillon à L'Emission politique : l'ancien Premier ministre embraye la seconde pour grignoter les voix du maire de Bordeaux et de l'ancien Président

Publié le 28 octobre 2016
Ce jeudi, François Fillon a tenté sa chance sur France 2. Compte tenu de son orientation plutôt libérale par rapport aux autres candidats - surtout économiquement, mais aussi politiquement du fait de ses positions légèrement moins autoritaires en termes de sécurité et de moeurs - Fillon n'aurait rien à gagner d'un élargissement de l'électorat.
Raul Magni-Berton est actuellement professeur de science politique à Sciences Po Grenoble. 
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Ce jeudi, François Fillon a tenté sa chance sur France 2. Compte tenu de son orientation plutôt libérale par rapport aux autres candidats - surtout économiquement, mais aussi politiquement du fait de ses positions légèrement moins autoritaires en termes de sécurité et de moeurs - Fillon n'aurait rien à gagner d'un élargissement de l'électorat.

La primaire ouverte du centre et de la droite française est vraisemblablement l'élection la plus importante de l'année. Presque tous les sondages indiquent que, quelque soit le gagnant, il n'aurait aucune difficulté à parvenir au deuxième tour, et, au second tour, il l'emporterait face à n'importe quel autre candidat. 

Son ouverture est donc un pari : tous les Français auraient toutes les raisons de vouloir peser sur cette élection et choisir leur candidat. Il est vrai que voter coûte 2 euros et qu'il faut déclarer une allégeance aux valeurs de la droite et du centre. Ce qui explique que ce sont surtout les électeurs de la droite modérée qui sont mobilisés, avec un duo qui se détache : Juppé, plutôt privilégié par l'électorat centriste, et Sarkozy qui, lui, mobilise plutôt l'aile droite de son parti. 

Les autres candidats ont-ils encore une chance ? Pour répondre à cette question, il faut imaginer deux scénarios: le premier est un changement d'opinion des électeurs qui, aujourd'hui, ont l'intention de voter. Le deuxième est lié à une participation plus élevée que celle qu'on attend, avec l'intervention des électeurs de gauche et d'extrême droite. 

Ce jeudi, François Fillon a tenté sa chance sur France 2. Compte tenu de son orientation plutôt libérale par rapport aux autres candidats - surtout économiquement, mais aussi politiquement du fait de ses positions légèrement moins autoritaires en termes de sécurité et des moeurs - Fillon n'aurait rien à gagner d'un élargissement de l'électorat. Ses propos confirment cette idée: Fillon vise à gagner les voix des électeurs de Juppé et Sarkozy. Il critique Juppé pour son "centrisme", tout en restant plus modéré que Sarkozy et d'autres candidats. Sa stratégie repose donc sur une idée forte - la réduction de la place de l'Etat - associée à des propos conservateurs-modérés sur tous les autres sujets. Ses électeurs sont donc soit les libéraux - qui restent minoritaires dans la droite française - soit ceux qui voteraient bien Sarkozy, sans aimer le candidat, ou ceux qui votent Juppé par défaut. Je crois que le scrutin à deux tour ne pourra pas lui permettre d'obtenir mieux que la troisième place, même sans un élargissement de l'électorat. Cependant, Fillon vise à représenter la frange de la droite libérale française et lui donner du poids pour la suite. Un libéralisme, cependant, qui reste, de son propre aveu, "non idéologique". Les libéraux idéologiques ou, pour le dire autrement, plus intellectuels, pourraient pencher plutôt vers Kosciusko-Morizet. 

Qui bénéficierait d'un élargissement de l'électorat ? Juppé, à gauche, et Sarkozy, à droite, pourraient en bénéficier, contrairement à Fillon. Et si Le Maire et Copé continuent à courtiser l'électorat frontiste, les candidats qui pourraient motiver, pour différentes raisons, les électeurs de gauche - Poisson et Kosciusko-Morizet -ne semblent pas décoller. La concurrence est donc plus forte à droite qu'à gauche. 

Cela, encore, s'explique par la déclaration sur l'honneur que chaque électeur doit faire: « Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France. ». Cette déclaration inclue implicitement les électeurs du Front National, mais exclue les électeur du parti socialiste. Et, paradoxalement, cela va bénéficier au candidat qui plaira le plus aux socialistes, du fait d'une bataille à droite pour obtenir les votes frontistes. 

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Commentaires (9)
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bd
- 02/11/2016 - 12:01
Plus de narcissique à la présidence!
Sarkozy n'est pas Donald Trump mais on en est pas loin. 
Il a bon nombre de caractéristiques d'un narcissique... et en neuropsychiatrie, les narcissiques sont classés dans la même catégorie que les sociopathes et les psychopathes. 
Pourquoi lui donner une seconde chance alors qu'il a échoué lors de son précédent mandat et que l'offre politique est pléthorique? L'empathie est un meilleur critère pour un politique et le charisme est malheureusement une qualité bien différente de l'empathie. 
Le charisme de Nicolas Sarkozy cache bien son déficit d'empathie. 
Ne vous fiez donc pas au charisme d'un politicien pour effectuer votre choix.
pierre de robion
- 30/10/2016 - 16:18
Et mon c.., c'est du poulet?
Décidément la constipation est un man chronique chez lui ( le pseudo ganesha).
cloette
- 28/10/2016 - 21:09
Pour ne pas voter Juppé , c'est à dire ne pas vot idiot.
Lire le crépuscule de la France d'en haut de Christophe Guilly il y a une critique ( très bonne ) de cet ouvrage sur le web et l'auteur vient d'être interrogé par Calvi . Il dècortique la cause du malaise , c'est la mondialisation, et explique qu'il ne peut pas y avoir d'identitè heureuse .( il ne l'a pas dit comme cela mais on le comprend ) Ça change de la 5 ( Toiussaint ) où tous les invités Cayrol compris ont évoqué les extraordinaires hauts sondages de Juppé le sauveur .