En direct
Best of
Best of du 18 au 24 mai 2019
En direct
© Reuters
Cas désespéré
Enfant prodigue : un ralliement d’Emmanuel Macron suffirait-il à sauver François Hollande ?
Publié le 21 octobre 2016
Tandis qu'Emmanuel Macron remporte ses premiers succès sondagiers, François Hollande poursuit sa chute. L'un comme l'autre disposent cependant d'atouts susceptibles d'intéresser l'autre : la dynamique pour Macron, le soutien du parti pour Hollande.
Yves-Marie Cann est politologue, spécialiste de l’Opinion publique. Il a dirigé les études d'opinion (Politique, société et affaires publiques) au sein de l'Institut CSA. Il est désormais Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Yves-Marie Cann
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Yves-Marie Cann est politologue, spécialiste de l’Opinion publique. Il a dirigé les études d'opinion (Politique, société et affaires publiques) au sein de l'Institut CSA. Il est désormais Directeur des études politiques chez Elabe, cabinet d'...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Tandis qu'Emmanuel Macron remporte ses premiers succès sondagiers, François Hollande poursuit sa chute. L'un comme l'autre disposent cependant d'atouts susceptibles d'intéresser l'autre : la dynamique pour Macron, le soutien du parti pour Hollande.

Atlantico : Selon un récent sondage IFOP pour le JDD, seuls 14% des Français souhaitent que François Hollande soit candidat en 2017. Ce chiffre vient confirmer une série d'autres analyses témoignant du rejet dont souffre aujourd'hui le chef de l'État. En parallèle, pourtant, Emmanuel Macron semble accumuler les succès sondagiers, sans pouvoir les concrétiser dans les urnes faute de parti, entre autres. Dans quelle mesure un ralliement d'Emmanuel Macron à François Hollande pourrait-il profiter, électoralement et auprès de l'opinion, aux deux hommes ? Quelles pourraient être les conséquences politiques d'un telle réunion, notamment auprès de l'opinion ?

Yves-Marie Cann : Le rejet dont pâtit aujourd’hui François Hollande atteint des niveaux inédits pour un président de la République à quelques mois de la fin de son premier mandat. Ce rejet atteint de tels niveaux que c’est désormais une majorité de sympathisants socialistes qui déclarent ne pas souhaiter qu’il se représente en 2017. Face à une telle situation, les spéculations vont bon train et les ambitions présidentielles de ses adversaires s’aiguisent. Emmanuel Macron bénéficie quant à lui d’une opinion publique jusqu’ici bienveillante, réussissant d’ailleurs l’exploit, en tant qu’ancien ministre de l’Economie, d’échapper au discrédit qui frappe aujourd’hui le bilan économique de l’exécutif faute de croissance dynamique et d’inversion tangible de la courbe du chômage.

L’hypothèse d’un ralliement d’Emmanuel Macron à François Hollande me semble par conséquent hautement improbable. D’abord, parce qu’il l’a affirmé publiquement à plusieurs reprises, l’ancien ministre n’a pas vocation à être le "rabatteur de voix" de François Hollande. Ensuite, parce qu’il est désormais allé trop loin dans son autonomisation pour faire marche arrière. Enfin, parce que François Hollande est trop faible politiquement pour imposer quoi que ce soit à son ancien protégé.

Partant de ce constat, aucun des deux hommes ne profiterait d’un éventuel ralliement. Les soutiens d’Emmanuel Macron attendent du renouvellement et se portent sur lui par opposition à François Hollande, du fait des déceptions et des mécontentements suscités par son quinquennat. Nul n’étant propriétaire de ses voix (potentielles en l’occurrence, rappelons-le), il y a fort à parier que très peu se porteraient au final sur François Hollande et chercheraient plutôt à se reporter sur un candidat du centre, voire de la droite modérée. Surtout, un tel ralliement équivaudrait à un renoncement pour Emmanuel Macron et signerait sans doute la fin de sa carrière politique. Plutôt qu’un ralliement, on pourrait toutefois envisager un rapprochement, notamment dans l’hypothèse où le président de la République renoncerait à briguer un nouveau mandat.

Du point de vue de l'ancien ministre de l'Economie, quels seraient les avantages et les inconvénients d'un tel rapprochement, entre les infrastructures que peut offrir un parti comme le Parti socialiste et l'éventuelle vision de "renoncement" qu'il offrirait ainsi à l'opinion ? Du côté de François Hollande, ne s'agirait-il pas d'une grande victoire lui permettant de se remettre en selle ?

Même si son audience auprès des Français s’avère nettement plus faible qu’il y a cinq ans, même si les effectifs militants ont sensiblement diminué par rapport à 2012, le Parti socialiste s’avère toujours un atout non négligeable, si ce n’est indispensable pour une campagne présidentielle. Son appareil militant, ses cadres et ses élus, ainsi que son quadrillage territorial offrent une puissance de frappe importante. Le mythe de la rencontre entre un homme et un peuple propre à l’élection présidentielle en France ne peut d’ailleurs se concrétiser qu’avec l’appui de puissants relais sur le terrain, ce que permet le Parti socialiste. C’est ce qui manque aujourd’hui à Emmanuel Macron, mais c’est aussi ce qu’il cherche à compenser avec la mise en place et la structuration de son mouvement politique, En Marche !. La stratégie de l’ancien ministre de l’Economie est une stratégie hors-PS, même s’il cherche à rallier à lui des cadres et des élus estampillés socialistes.

Pour François Hollande, les gains à espérer d’un tel rapprochement s’avèrent faibles, si ce n’est quasiment nuls. Pour les raisons déjà évoquées précédemment mais aussi parce que son image est aujourd’hui tout à fait cristallisée, si ce n’est figée par plus de quatre années de mandat présidentiel. Il est illusoire de croire qu’il serait possible de reconquérir en quelques mois le terrain perdu depuis 2012. Bien sûr, il est possible de remonter dans les intentions de vote et de regagner quelques points dans les baromètres de popularité. Mais, à ce stade, la qualification de François Hollande pour le second tour de l’élection présidentielle viendrait avant tout d’un effondrement de Marine Le Pen ou du représentant de la droite issu de la primaire des 20 et 27 novembre. Nous n’en sommes pas là.

D'un point de vue politique, quels sont les freins à un tel rapprochement ? Si François Hollande parvenait à capitaliser sur un Emmanuel Macron en vitrine de sa campagne présidentielle, quelles seraient les défections, ou inversement les ralliements, auxquels le chef de l'Etat serait confronté ?

Le principal frein est l’état de faiblesse politique dans lequel se trouve François Hollande. Comme je l’ai déjà dit, aucun président de la République avant lui n’avait atteint d’aussi bas niveaux de popularité à quelques mois de la fin de son premier mandat. Pis, jamais un président de la République n’a été autant contesté en fin de premier mandat jusqu’au sein de sa propre famille politique. La question aujourd’hui n’est pas de tant savoir si François Hollande peut gagner la présidentielle mais plutôt s’il peut être candidat, sachant qu’il devra passer par la case primaire qui lui a été imposée par les frondeurs.

Par ailleurs, un tel rapprochement n’aurait rien d’évident compte-tenu des tensions qui parcourent aujourd’hui le Parti socialiste entre les tenants d’une ligne sociale-démocrate affirmée, tendance Valls ou Hollande, et les frondeurs qui appellent à une ligne politique davantage marquée à gauche, notamment sur le plan économique. Ceci étant dit, cela offrirait peut-être une réelle opportunité de clarification politique, mais à quel prix ? Sans doute celui d’une explosion du Parti socialiste et donc, à terme, d’une recomposition politique.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Rihanna éconduit Neymar, Charlotte Casiraghi & Gad Elmaleh s’ignorent, Anthony & Alain-Fabien Delon se vengent de leur père; Karine Ferri investit lourdement pour son mariage (et invite utile); Johnny Depp : c’est Amber qui l’aurait battu
02.
Il agresse un agriculteur pendant que son épouse filme
03.
LREM, UDI, LR ou abstention ? Petit guide pour ceux qui voudraient (vraiment) voter libéral aux Européennes…
04.
Tensions grandissantes en Algérie : Bouteflika n’est plus là, mais les généraux, si
05.
Ce qui explique la nouvelle vague d'eugénisme
06.
Cannes : Abdellatif Kechiche s'emporte contre la question "imbécile" et "malsaine" d'un journaliste
07.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
01.
Pôle Emploi n’aime pas qu’on dise qu’il est peu efficace dans son accompagnement des chômeurs mais qu’en est-il concrètement ?
02.
Semaine à haut risque pour Emmanuel Macron : les trois erreurs qu’il risque de ne pas avoir le temps de corriger
03.
Burkini à la pisicine municipale : les périlleuses relations de la mairie de Grenoble avec les intégristes musulmans
04.
Cancer : cette découverte sur le cerveau qui ouvre de prometteuses voies de traitement
05.
Immobilier : l’idée folle de la mairie de Grenoble pour protéger les locataires mauvais payeurs
06.
Le nombre de cancers du côlon chez les jeunes adultes augmente nettement et voilà pourquoi
01.
Mondialisation, libre-échange et made in France : l’étrange confusion opérée par François-Xavier Bellamy
02.
Appel des personnes en situation de handicap ou familles concernées pour sauver Vincent Lambert d’une mort programmée
03.
La bombe juridique qui se cache derrière la décision de la Cour d’appel de Paris de sauver Vincent Lambert
04.
Chômage historiquement bas mais travailleurs pauvres : le match Royaume-Uni / Allemagne
05.
Des experts estiment dans un nouveau scénario que la hausse du niveau des océans pourrait dépasser deux mètres d'ici 2100
06.
LREM, UDI, LR ou abstention ? Petit guide pour ceux qui voudraient (vraiment) voter libéral aux Européennes…
Commentaires (13)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
bd
- 02/11/2016 - 14:19
Plus de narcissique manipulateur à la présidence!
Ce message est plutôt destiné aux Sarkozystes. 
Sarkozy n'est pas Donald Trump mais on en est pas loin. 
Il a bon nombre de caractéristiques d'un narcissique... et en neuropsychiatrie, les narcissiques sont classés dans la même catégorie que les sociopathes et les psychopathes. 
Pourquoi lui donner une seconde chance alors qu'il a échoué lors de son précédent mandat et que l'offre politique est pléthorique? L'empathie est un meilleur critère pour un politique et le charisme est malheureusement une qualité bien différente de l'empathie. 
Le charisme de Nicolas Sarkozy cache bien son déficit d'empathie. 
Ne vous fiez donc pas au charisme d'un politicien pour effectuer votre choix. 
Débusquer et neutraliser les narcissiques en politique, c’est aussi lutter contre les propagateurs de haine.
sphynx17
- 18/10/2016 - 23:16
Non
et NON.
sphynx17
- 18/10/2016 - 23:16
Non
et NON.