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Choc des cultures
Education : ce petit tour du monde qui révèle que les parents pèsent finalement moins lourd qu’ils ne le pensent dans le développement de leurs enfants
Publié le 30 septembre 2016
De nombreux parents à travers le monde estiment que leur modèle d'éducation est le meilleur, ou du moins, qu'il permet à leur progéniture de grandir sous les meilleurs auspices. Cependant, l'étude du couple d'anthropologues Robert A.et Sarah LeVine remet en question l'importance des parents dans l'éducation et le processus qui feront de leurs enfants des adultes normaux et épanouis.
Robert A. LeVine est professeur émérite d'éducation et de développement humain à l'université d'Harvard. Il a notamment écrit, avec sa femme Sarah LeVine, le livre d'anthropologie parentale Do Parents Matter?, Literacy and Mothering: How...
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Robert A. LeVine
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Robert A. LeVine est professeur émérite d'éducation et de développement humain à l'université d'Harvard. Il a notamment écrit, avec sa femme Sarah LeVine, le livre d'anthropologie parentale Do Parents Matter?, Literacy and Mothering: How...
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De nombreux parents à travers le monde estiment que leur modèle d'éducation est le meilleur, ou du moins, qu'il permet à leur progéniture de grandir sous les meilleurs auspices. Cependant, l'étude du couple d'anthropologues Robert A.et Sarah LeVine remet en question l'importance des parents dans l'éducation et le processus qui feront de leurs enfants des adultes normaux et épanouis.
  • Malgré une éducation que beaucoup d'occidentaux considérerait comme traumatisante, de nombreux enfants africains deviennent des adultes tout à fait normaux, ce qui remet en question le mode d'éducation occidental, considéré comme optimale,
  • Les pratiques parentales évoluent et changent de générations en générations

  • Les théories concernant l'influence des parents sur les enfants exagèrent les possibilités de développement pathologique et sous-estiment la ténacité des enfants

Atlantico : Comment en êtes-vous arrivé à la conclusion concernant la problématique centrale de votre livre, à savoir que les parents pèsent finalement beaucoup moins qu'ils ne le pensent dans le parcours de vie de leur enfant ?

Robert A. LeVine : En ayant observé des modèles d'éducation des enfants dans des communautés d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine pendant près de cinquante ans, nous savons que l'éducation parentale humaine varie grandement à travers le monde. Tout comme les parents de chaque société, les Américains croient que leur façon d'élever des enfants est optimale, mais nous avons vu des enfants élevés dans de mauvaises conditions, qui seraient considérées comme traumatisantes en Amérique, devenir des adultes tout à fait normaux. Par exemple, dans beaucoup de sociétés africaines, les mères ne parlent pas à leurs enfants ou n'ont pas de contacts visuels avec eux. Selon des théories psychiatriques occidentales, cela prive les enfants d'une interaction sociale essentielle pour un développement psychologique normal. Mais nous (et d'autres qui ont mené des recherches là-bas) avons observé des générations de bébés africains qui sont devenus des adultes normaux sans désordres émotionnels, ni problèmes de santé mentale d'aucune sorte. Cela suggère que les théories qui présupposent qu'un modèle occidental pour s'occuper des enfants est nécessaire pour tous les êtres humains sont tout simplement fausses et que nos théories concernant l'influence des parents sur les enfants exagèrent les possibilités de développement pathologique et sous-estiment la ténacité des enfants.

Quel a été l'intérêt d'étudier le comportement éducatif de parents de différents pays et de différentes cultures ?

Nous avons appris que les parents, aux quatre coins du monde, ont des buts vis-à-vis de leurs enfants, mais que ceux-ci diffèrent d'une culture à l'autre. Dans beaucoup de cultures d'Afrique rurale, les parents souhaitent que leurs enfants soient obéissants et respectent leurs aînés, compte tenu du fait que leur travail agricole est supervisé par les parents. Les Japonais des villes souhaitent que leurs enfants aient de l'empathie et soient également des élèves énergiques à l'école. Les pratiques parentales populaires sont un mélange de traditions morales et de stratégies pratiques, et elles changent de générations en générations. L'éducation des Américains des classes moyennes est égalitaire, donnant des choix égaux aux jeunes enfants plutôt que de leur imposer un code de conduite uniforme. Ils font tout leur possible pour réduire les risques dans la vie de leurs enfants. Mais cela requiert tellement de temps et d'attention que beaucoup d'entre eux se sentent stressés et sous-pression.

Votre étude fait-elle ressortir un ou plusieurs points communs sur lesquels tous les parents que vous avez étudiés s'accordaient en termes d'éducation ?

Oui, tout à fait. Les parents du monde entier s'attendent à ce que leurs enfants apprennent à parler à l'âge de deux/ trois ans, fassent montre de comportements moraux appropriés quelques années plus tard, et à ce qu'ils obtiennent des capacités interpersonnelles et pratiques dès leurs jeunes années. Mais la façon dont les enfants se servent du langage, de leurs normes morales, et d'une capacité particulière (et à quel âge) est définie par leur culture respective – et guidée par leurs parents.

Propos recueillis par Thomas Gorriz

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Commentaires (5)
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VALKO
- 27/09/2016 - 12:15
Suite et fin
La question de l'éducation comprend la culture toutes les disciplines ss'accordent sur ça ET si on n'est pas très sot on le verra aussi par soi même, mais l'influence des parents est déterminante , je ne suis pas d'accord avec cette étude. Au sein de la culture occidentale effectivement il y a des gens qui maltraitent plus ou moins leurs enfants ( d'ailleurs le pb avec la culture c est que ce qui est intolérable chez l'une est tolérable chez l'autre) c est un fait mais là en occident la culture n'est pas déterminante ( convention des droits de l' enfant, pédopsychiatrie , aide sociale à l'enfance etc.); maltraiter son enfant est en lien avec la façon dont on a été traité et aussi avec le rapport que l'on a avec la maternité ou paternité ( désir réel ou pas d avoir un enfant , pourquoi en avoir ou pas...). La question est vaste et de mon côté ne peut être étayée en 1200 caractères, pas plus que ces deux personnes ne peuvent servir les résultats de leur étude sans les confronter avec les autres disciplines de sciences humaines et biologiques .... Mais intéressant de poser la question pour rétablir qques distorsions et éviter que l'idéologie entre dans le débat qui alors serait faussé
VALKO
- 27/09/2016 - 11:58
donc si je comprends bien , d
donc si je comprends bien , d un point de vue anthropologique on peut priver son enfant d'affection , ne jamais le regarder , lui dire va bosser au champs ou ailleurs ramène nous du fric , en somme lui parler comme à une merde le traiter comme une merde , cela en fera quand même un adulte épanoui ...Anthropologie n'est pas psychiatrie ni psychologie sinon bannissons le Code Pénal ça ira plus vite... Mais qui sont ces deux personnes ? Ça sent l'étude anti occidentale primaire... Mais que chacun dans son pays fasse la culture qu il veut...Comment un groupe d'anthropologues peut il être compétents pour parler psychologie et psychiatrie et affirmer qu un individu va bien ? Dans sa culture peut être allez à la rigueur mais dans une autre, on voit bien toute la difficulté que certaines populations ont pour s'acclimater à la culture occidentale et réciproquement , ça on ne peut pas le nier c est une donnée du réel ... Je m'interroge donc sur les motivations de ces " scientifiques" .,..
totor101
- 26/09/2016 - 12:41
Un détail ? ? ?
Dans une famille la présence (ou l'absence) de moyens financiers a une ÉNORME influence sur l'éducation des enfants sans que le comportement des parents y soit pour quelque chose.
- La présence:
facilité d’accès à des moyens technologiques : informatique, internet, smartphone etc...
accès aux livres (les parents en possèdent)
accès, par exemple, au théâtre et au cinéma
accès à des associations culturelles ou autres
accès à une formation choisie
- l'absence
juste avoir des copains
se distraire comme on peut (même en faisant des bêtises)
suivre le cursus bêta sans but et sans horizon