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L'amour du risque

Bruno Le Maire en Avignon : ce vrai risque que prend le candidat à la primaire de droite en allant à la rencontre des intermittents pour relancer sa campagne

Publié le 08 juillet 2016
Le candidat à la primaire de la droite se rendra, le 15 juillet, au festival d'Avignon d'où il devrait prononcer un discours. Une prise de risque dont il espère bien récolter les fruits dans les sondages.
Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Le candidat à la primaire de la droite se rendra, le 15 juillet, au festival d'Avignon d'où il devrait prononcer un discours. Une prise de risque dont il espère bien récolter les fruits dans les sondages.

Il a beaucoup hésité, y réfléchit encore. Bruno Le Maire ira à Avignon pour le Festival, ça c'est acté, il y prononcera sans doute un discours… ou pas. Pas facile de faire campagne par les temps qui courent. Depuis le début des mouvements sociaux, la tension est palpable, et la colère s'abat sur tous les responsables politiques. De droite comme de gauche. Qu'ils aient été ou pas aux commandes. Elle n'épargne personne. Ainsi, l'ancien ministre de l'Agriculture s'est fait agresser lors d'une visite à Bruxelles par des militants antifascistes qui l'ont traité d'islamophobe, alors que deux autres surgissaient dans son dos pour lui lancer du yaourt au visage. "Cette agression l'a beaucoup marqué", explique un député membre de son comité de soutien qui ajoute : "c'était du yaourt mais si ça avait été un couteau, que se serait-il passé ? Bruno a beaucoup pensé à sa femme, à ses enfants et aux risques qu'il prend dans cette campagne". Mais il n'a pas imaginé une seconde arrêter. "Il ne faut pas qu'il ait peur de rencontrer des gens qui ne sont pas d'accord avec lui", souligne un proche qui l'encourage dans son envie d'aller à Avignon et d'y prononcer un discours important.

Ça n'est certes pas la première visite de l'ancien ministre au Festival, mais cette fois la situation est différente, le pays est plus tendu. Et même si Avignon n'est pas un haut lieu de contestation sociale, les intermittents, qui y étaient encore en grèvele 16 juin, risquent d'être encore virulents. Mais si le candidat a décidé de passer outre, c'est parce que la culture est l'un des axes forts de sa campagne. "Il veut donner sa vision de la politique culturelle qu'il aimerait mener. Il veut mettre l'accent sur la défense du patrimoine et le spectacle vivant. Ça fait longtemps que l'on n'a pas eu de Président qui aime la culture et soit cultivé", souligne son entourage. "Lui aime les livres, la musique classique, la peinture, son épouse est peintre", explique un proche qui espère que cet amour des arts et des lettres imposera le respect. D'autant, ajoute-t-il, que "BLM n'est pas connu pour être un anti-social et un anti-culture. De plus, il n'a jamais été aux responsabilités", sous -entendu : on lui en veut moins qu'aux autres. BLM fera donc le déplacement le 15 juillet après avoir assisté à une étape du Tour de France le 14 au Mont Ventoux.

Et si ça se passe mal ? Peu importe. D'abord, "Bruno est  obligé de prendre des risques car il est en position de challenger", observe un membre de son équipe. Et puis, le candidat commence à avoir l'habitude. Lors d'un récent déplacement à Lyon, il a été agressé pas un groupe de syndicalistes opposés à la loi El Khomri. Mais surtout, comme ancien ministre de l'Agriculture, il a été amené à gérer des situations tendues : accueil à la carabine, pavés dans la voiture… "Il reste calme en toutes circonstances. Ça n'est pas le genre à dire 'casse-toi pauv'con'. En règle générale, ça désamorce les conflits", explique un proche.

Bruno Le Maire a donc décidé de prendre ces risques, espérant peut-être bénéficier de l'effet Juppé qui gagne des points dans les sondages à chaque fois qu'il se fait siffler. Reste que l'entreprise est courageuse car elle n'est, en effet, pas sans risque et met en relief le fait que les autres candidats à la primaire ont, eux, bien du mal à descendre dans l'arène. Même avec leurs gardes du corps.

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Commentaires (10)
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moneo
- 05/07/2016 - 15:59
mais comment font les autre pays ?
pourquoi faut il fair payer les contribuables pour la culture? j'e n'ai jamais compris
encore un candidat )éliminer à droiche. en plus il est ..benêt ,il peut bien promettre n'importe quoi;la culture c'est la gauche mon bon monsieur ;la générosité avec l'argent des autres....et ça ne sera jamais assez...
clint
- 05/07/2016 - 15:10
Le problème est qu'il est trop intelligent !
Alors il ne peut qu'aider la seule culture aimée en France, celle de Jack Lang, de Julie Gaillet et autres !
chamouton
- 05/07/2016 - 13:48
Passer par la case départ
Bruno Le Maire cherche à optimiser sa campagne, en se rendant là où il pense qu'il peut gagner des points, c'est on ne peut plus normal, mais, comme Macron, il aimerait éviter les contradicteurs agressifs et imprévisibles. Tous deux s'imaginent qu'on peut porter le maillot jaune du Tour sans subir les difficultés de chaque étape, ou qu'on peut devenir Brel ou Aznavour sans passer par la case cabaret pour prouver qu'on a du talent. Ils ont besoin de temps pour apprendre tout cela, mais ils auraient dû se méfier de cette bande de journalistes et de sondeurs qui les encensent à longueur de journée, pour vendre du virtuel et gagner de l'argent. Qui peut croire une seule seconde que les Français vont confier les rennes du pays à Macron ou Le Maire ? Cette fonction exige stature, maturité et bon sens, qualités qu'on ne trouvent pas encore chez ces jeunes et encore moins chez les politicards.