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Mauvaises ondes
Un premier cas d’hyper-électrosensibilité reconnu comme handicap par la justice : sommes-nous face au nouveau mal du siècle ?
Publié le 24 juin 2016
Pour la première fois en France, une femme attribuant son invalidité à une hyper-électrosensibilité s'est vue accorder une allocation adulte handicapé (AAH) dans un jugement rendu par le tribunal du contentieux de l'incapacité de Toulouse. Une décision qui pourrait faire jurisprudence et ravive le débat scientifique autour de la question.
Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier. 
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Pour la première fois en France, une femme attribuant son invalidité à une hyper-électrosensibilité s'est vue accorder une allocation adulte handicapé (AAH) dans un jugement rendu par le tribunal du contentieux de l'incapacité de Toulouse. Une décision qui pourrait faire jurisprudence et ravive le débat scientifique autour de la question.

Atlantico : Pour la première fois en France, une femme attribuant son invalidité à une hyper-électrosensibilité s'est vue accorder une allocation adulte handicapé (AAH) dans un jugement rendu par le tribunal du contentieux de l'incapacité de Toulouse. Pouvez définir ce qu'est l'hyper-électrosensibilité ?

Stéphane Gayet : Il convient déjà de définir l’électromagnétisme. L’électromagnétique est une force de faible énergie qui résulte du couplage entre un champ électrique et un champ magnétique. Le mot champ désigne la zone dans laquelle l’effet de cette force se fait sentir (sans être visible, ni même le plus souvent perceptible). L’expression "champ électromagnétique" est désignée par le sigle conventionnel CEM. L’intensité du CEM diminue rapidement lorsque l'on s’éloigne de la source (en fonction de l’inverse du carré de la distance ; par exemple, si on double la distance qui nous sépare de la source, l’intensité du champ diminue d’un facteur quatre). Il est utile de préciser dès maintenant que l’intensité d’un CEM peut être fortement atténuée par des dispositifs de protection, tels que des blindages.

 

Dans un champ électromagnétique, il y a des rayonnements ou phénomènes physiques vibratoires qui se propagent ; ils sont appelés ondes électromagnétiques. Ces ondes électromagnétiques (OEM) sont les vecteurs de la force électromagnétique.

Les OEM constituent en réalité un ensemble considérablement diversifié : on dit que le spectre des OEM est très étendu. Ce spectre va des OEM d’extrêmement basses fréquences ou OEM-EBF (leur énergie est elle-même extrêmement basse, ce sont des rayonnements dits non ionisants) aux OEM de fréquence gigantesque (leur énergie est elle-même très élevée, ce sont des rayonnements dits ionisants). Les premières sont émises en particulier par les lignes électriques et sont donc extrêmement répandues ; les secondes sont émises par les appareils à rayons X (radiographie, scanner) dont il faut rappeler la dangerosité.

Les OEM qui constituent le sujet actuel de préoccupation sont les OEM d’extrêmement basse fréquence (OEM-EBF), les OEM de basses fréquences (OEM-BF) et les OEM de radiofréquence ou OEM-RF (parmi lesquelles les OEM d’hyperfréquence), et tout particulièrement les OEM-EBF et les OEM-RF.

Les OEM-EBF, OEM-BF et OEM-RF sont très répandues, tant dans l’environnement que dans nos domiciles. Elles nous sont imperceptibles. Citons, parmi les sources d’OEM-EBF-BF-RF : les orages, les voies ferrées, les lignes électriques dont les lignes électriques à haute tension, les transformateurs électriques, les lampes et en particulier les ampoules à basse consommation, les postes de radio, les écrans de télévision, les antennes de réception satellite, les téléphones mobiles, les antennes relais de téléphonie mobile, les ordinateurs et leur écran, les émetteurs-récepteurs WiFi, les fours à micro-ondes, les plaques de cuisson à induction et la liste n’est bien sûr pas complète. En fait, non seulement toute ligne électrique émet des OEM et donc génère un CEM, mais aussi tout appareil électrique.

Quelle est la sensibilité de l’être humain aux ondes électromagnétiques ?

Nous l’avons vu, ces ondes électromagnétiques ou OEM nous sont imperceptibles. Elles se propagent dans notre environnement personnel et professionnel et nous ne percevons rien. Du moins, c’est vrai pour la très grande majorité d’entre nous qui est dite électro-indifférente. Non seulement nous ne percevons pas ces ondes quand elles se propagent, mais notre organisme n’en souffre apparemment pas. Toutefois, certaines personnes ont la faculté de percevoir des champs électromagnétiques (CEM) ou des OEM (le champ étant la zone de propagation des ondes) et peuvent parfois en souffrir modérément, en éprouvant une sorte d’inconfort dans certains endroits où les OEM sont nombreuses et permanentes (car, s’agissant des ondes émises par les appareils électriques, il est évident qu’elles ne le sont que lorsque lesdits appareils sont en marche). Ces personnes sont dites électro-sensibles. Et puis certaines, très peu nombreuses, ressentent fortement les effets de ces ondes électromagnétiques au point d’en avoir la vie très perturbée : elles sont dites électro-hypersensibles ou EHS.

Alors, qu’est-ce que l’électro-hypersensibilité ou EHS ?

L’hypersensibilité électromagnétique ou EHS est la particularité, pour une personne donnée, de souffrir d’effets perturbants attribués à des ondes électromagnétiques, au point que l’exposition à ces mêmes ondes électromagnétiques ou OEM constitue une gêne importante et pouvant même devenir insupportable.

Ce terme d’hypersensibilité électromagnétique ou électro hypersensibilité (EHS) s’est imposé à la suite d’une réunion d’experts de la Commission Européenne.

L’hypersensibilité électromagnétique ou EHS est l’un des principaux sujets du débat médiatique qui s’est installé en France à propos des effets sanitaires des ondes radiofréquences et de la téléphonie mobile.

Le concept d’hypersensibilité électromagnétique est né en Suède au début des années 1980 : des professionnels ont commencé à se plaindre de manifestations cutanées diverses, subjectives (démangeaisons, picotements) ou objectives (rougeurs, éruptions) qu’elles attribuaient à leur travail sur ordinateur. Progressivement, les plaintes se sont étendues à toute une gamme de signes fonctionnels attribués à la proximité d’un nombre croissant d’appareils électriques. Depuis le début des années 1990, la téléphonie mobile (appareils et surtout antennes-relais) est devenue la source d’exposition la plus souvent mise en cause. Aujourd’hui, le Wi-Fi est fortement mis en cause. Dans les années 1990, de nombreux travaux scientifiques ont été effectués sur cette question qui reste aujourd’hui un sujet très controversé, en raison des difficultés à caractériser médicalement l’état d’EHS et de le rattacher de façon irréfutable aux champs électromagnétiques. Mais le nombre de personnes EHS augmente de façon inquiétante. C’est aujourd’hui devenu un sujet de travail scientifique répandu dans de nombreux pays, en dehors de la France qui semble assez peu s’intéresser à la question en comparaison avec nos voisins européens.

Cette décision pourrait faire jurisprudence et ravive le débat scientifique autour de la question : les symptômes dont souffrent les hyperélectrosensibles autodéclarés sont-ils selon vous véritablement dus aux champs magnétiques quasi omniprésents aujourd'hui ? Si oui, comment cela se manifeste-t-il ?

La réponse à cette question comporte deux volets. Le premier concerne les effets biologiques des ondes électromagnétiques en cause. Le second, les études cliniques effectuées auprès des personnes électro-hypersensibles ou EHS.

Que sait-on des effets biologiques des ondes électromagnétiques ou OEM ?

Certains effets sont bien établis et varient selon la fréquence des ondes électromagnétiques (OEM) exprimée en Hertz ou cycle par seconde (un kilo Hertz ou kHz est égal à 1000 Hz ; un méga Hertz ou MHz est égal à 1 000 000 Hz ; un giga Hertz ou GHz égal à 1 000 000 000 Hz). Ainsi, jusqu’à la fréquence de 100 kHz, les OEM induisent des courants pouvant entraîner la stimulation de tissus excitables (système nerveux et muscles) ; au-dessus de 10 MHz, les OEM induisent dans les tissus un échauffement (effet thermique, par orientation des molécules d’eau : principe du chauffage dans un four à micro-ondes) ; entre 100 kHz et 10 MHz, les deux phénomènes coexistent.

D’autres effets des OEM font toujours l’objet de débats scientifiques tels que la toxicité pour le patrimoine génétique ou génome (génotoxicité), le risque accru de cancers, des effets sur la multiplication cellulaire, des modifications de la perméabilité de la barrière hématoencéphalique (barrière microscopique protectrice entre le sang et le cerveau) ou encore des perturbations enzymatiques et hormonales diverses.

Une attention particulière est portée aux OEM-EBF (ondes électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence) : en 2002, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les ondes électromagnétiques (OEM) d’extrêmement basse fréquence (OEM-EBF : 50 à 60 Hz), cancérogènes possibles (groupe 2 B), en raison d’observations épidémiologiques concordantes identifiant clairement l’association d’un plus grand nombre de cas de leucémies infantiles avec ces champs magnétiques dans l’environnement des enfants.

Qu’en est-il des études cliniques effectuées auprès des personnes électro-hypersensibles ou EHS ?

Les enquêtes épidémiologiques et autres études scientifiques portant sur les sujets EHS se multiplient actuellement. Il en ressort que les doléances des personnes EHS sont très variées et qu’il n’est pas possible actuellement d’en faire une entité nosographique – c’est-à-dire une maladie bien caractérisée.

À part certaines manifestations cutanées objectives (rougeurs), il s’agit de symptômes, donc de troubles subjectifs difficiles à mesurer.

Sur le plan général, les personnes EHS peuvent présenter une fatigue, des maux de tête ou céphalées, des nausées et autres symptômes digestifs, des palpitations et des troubles du sommeil.

Sur le plan cutané, il s’agit de la fameuse "dermatite des écrans", associant des rougeurs, des picotements et des sensations de brûlure.

Sur le plan neuropsychique et sensoriel, il peut s’agir de difficultés de concentration, de pertes de mémoire, de nervosité, de troubles de l’équilibre, d’acouphènes (perception de sifflements et autres bruits irréels) ou de phosphènes (perceptions lumineuses irréelles).

Sur le plan de l’appareil locomoteur, sont rapportées des douleurs musculaires ou tendineuses.

Les médecins ne peuvent qu’écouter ces doléances, et sont souvent désemparés pour les caractériser et les rattacher à une cause qui corresponde à l’état d’avancée de la médecine. Mais les personnes EHS sont bel et bien de plus en plus nombreuses, et certaines évoluent parfois vers une incapacité à travailler et à un isolement social.

Selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) (voir ici), aucune des études menées jusqu'à présent, que ce soit en France, en Suède, en Australie ou encore aux Etats-Unis, ne permet de relier ces symptômes à l'exposition aux champs magnétiques. Un flou qui n'a pas empêché l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de donner, dès 2005, un nom à ce lien supposé et controversé : l'hypersensibilité électromagnétique (HSEM) (voir ici). Pourquoi la reconnaissance de cette maladie fait-elle autant polémique entre les différents experts sur la question ?

Les médecins ont le devoir d’être attentifs à ces personnes et de tenter de les aider. Il n’est ni sérieux ni éthique de réfuter la réalité de l’hypersensibilité électromagnétique (EHS) au motif que les études scientifiques menées jusqu’ici ne permettent pas d’attribuer de façon certaine les troubles allégués aux OEM. Pourtant, plusieurs expérimentations scientifiques ont prouvé la nocivité cellulaire et tissulaire de ces ondes chez des animaux invertébrés. Mais les uns rétorquent alors que ce n’est pas transposable à l’homme. Alors que c’est bien chez l’animal que l’on commence par étudier les effets d’une toute nouvelle substance pharmaceutique.

L’histoire de la médecine est remplie de situations analogues où le corps médical a réfuté l’existence d’une maladie en raison de l’insuffisance de preuves établies.

Dans les années 1940 et 1950, on recommandait de fumer en déclarant que c’était bon pour la santé en général et surtout pour la respiration. Avant le développement des techniques d’imagerie fine, on considérait les névralgies faciales comme des maladies psychosomatiques, avant de mettre en évidence des petits angiomes (développements de microvaisseaux sanguins) à l’origine des douleurs. On pourrait multiplier les exemples presque à l’infini. En médecine, les états pathologiques nouveaux suscitent la négation et le rejet de bon nombre de médecins au motif qu’il n’y a pas de preuve de leur existence en tant que nouvelle entité caractérisée. Le concept de maladie psychosomatique - concept plus que discutable - est né de l’incapacité de la médecine et de la science à comprendre le mécanisme et les causes de certaines maladies paraissant peu graves. Si on affirme à une personne se plaignant de troubles divers et variés "Vous n’avez rien, c’est dans la tête que cela se passe", on ne se comporte pas en médecin fidèle d’Hippocrate, mais en incompétent irresponsable et ayant la prétention de pouvoir tout expliquer. On n’a pas le droit de réfuter l’existence de ce que l’on ne comprend pas, c’est une attitude suffisante et inqualifiable. Elle est à l’encontre de l’esprit scientifique et ouvert.

Toujours est-il que l’hypersensibilité électromagnétique ou électro hypersensibilité (EHS) laisse perplexe les médecins et les scientifiques. Les études effectuées jusqu’à présent ne sont pas formellement concluantes. Il faut continuer les enquêtes et les recherches. Il faut en attendant trouver des solutions (blindages, éviction de certains appareils, création de "zones blanches") pour apaiser ces personnes EHS, dont certaines vivent un calvaire. Mais il faut reconnaître que la France n’est pas très active dans ce domaine : elle est même à la traîne en comparaison de ses voisins européens. Les marchés de la téléphonie mobile, de l’informatique et de l’électricité auraient-ils peur que l’on établisse avec certitude la nocivité des OEM-EBF et RF ? Il faut rappeler que l’Italie a été le premier pays a reconnaître officiellement qu’un cas de cancer du cerveau était attribuable à l’utilisation intensive d’un téléphone mobile. Ce n’est pas de l’EHS, c’est pire, c’est le cancer… C’est bien la preuve de la nocivité de ces ondes électro magnétiques !

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Jean Boisneau
- 24/06/2016 - 21:30
Vérifier l'info
Vous écrivez : "les OEM de faibles énergies sont parfaitement (sic) reconnues comme à l’origine de leucémies". Après vérification il semble que ce ne soit pas tout à fait le cas. Certaines études épidémiologiques ont établi une "association" entre ELF et leucémies d’ou le classement 2B "peut-être cancérogène" des ELF en 2002 (mais ni 2A probablement, ni 1 certain). L’aide mémoire OMS 322 précise : "les éléments épidémiologiques perdent de leur force à cause de problèmes méthodologiques". Le rapport anses ELF 2010 écrit p10 : "en dépit d’associations statistiques identifiées entre l’exposition (aux ELF) et les leucémies infantiles, aucun lien de cause à effet n’a pu être clairement identifié". Pour revenir à la reconnaissance d’une EHS par la justice, je note que l’académie de médecine a publié un communiqué le 8 septembre 2015 : "L’Académie met en garde contre une interprétation erronée voire tendancieuse du jugement qui a été rendu par le TCI de Toulouse récemment qui peut laisser penser qu’un lien de causalité est reconnu entre les troubles et handicaps et l’exposition aux ondes. La décision du TCI de Toulouse a été prise indépendamment de toute argumentation scientifique".
Stéphane Gayet
- 19/06/2016 - 17:25
Difficultés des études en raison du grand nombre de paramètres
La plupart des études concluent que l’on ne peut rien prouver. Lorsqu’une étude aboutit à constater l’absence de preuve scientifique des effets pathologiques des OEM de faible énergie sur la santé, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’effets pathologiques, mais que l’étude n’est pas parvenue à les mettre en évidence. L’Italie est le premier pays à avoir reconnu la responsabilité d’un téléphone mobile dans la survenue d’une tumeur cérébrale. Les OEM de faible énergie sont aujourd’hui parfaitement reconnues comme à l’origine de leucémies chez l’enfant. Ce n’est sans doute qu’un début. Les études sont très difficiles à conduire en raison du grand nombre de paramètres à faire varier. La France est l’un des pays qui s’investit le moins dans la recherche sur les effets pathologiques des OEM de faible énergie. L’OMS s’y intéresse déjà beaucoup plus et probablement de façon assez impartiale. Si le nombre d’EHS augmente rapidement, cela a un sens clinique. Si leurs symptômes disparaissent lorsqu’ils se trouvent dans une zone blanche, cela a encore plus de sens clinique. Il faut poursuivre et développer les travaux sur l’EHS et les effets pathologiques en général des OEM de faible énergie.
Jean Boisneau
- 18/06/2016 - 20:39
relier ces symptômes à l'exposition aux ondes ?
A cette question l'auteur estime qu'on ne peut pas prendre la HSEM à la légère (il a raison) parce qu'il existerait des études qui prouveraient la "nocivité des ondes" p3 : "plusieurs expérimentations scientifiques ont prouvé la nocivité cellulaire et tissulaire de ces ondes chez des animaux invertébrés". Si l'auteur parle des effets aigus ? alors oui cela est parfaitement documenté. Mais c'est banal, tout est nocif selon la dose même l'eau peut être dangereuse, on peut mourir de potomanie. Si l'auteur pense aux faibles expositions aux ondes ? A ma connaissance il n’existe pas d’étude conclusive ayant démontré une "nocivité cellulaire et tissulaire chez des animaux.." à de faibles expositions aux ondes. Etat des connaissances scientifiques :
-Conclusion de l'OMS, aide mémoire 296 : " Des études bien contrôlées et menées en double aveugle ont montré que ces symptômes n’étaient pas corrélés avec l'exposition aux CEM ". Conclusion de la Commission Européenne, rapport SCENIHR 2015 p143 : "RF EMF exposure is not the cause of these symptoms". Conclusion du rapport Afsset 2009 p304 : " aucun auteur n'a apporté la preuve d’une relation de causalité entre cette exposition et la HSEM