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On n’est pas tous seuls
Élections fédérales allemandes de 2017 : l’autre enjeu qui détermine aussi l’avenir de la France
Publié le 20 mai 2016
Jens Spahn, le jeune candidat à la chancellerie allemande en 2017 se positionne pour prendre la place d'Angela Merkel. La chancelière allemande pourrait bien se faire détrôner par un insider.
Henri de Bresson a été chef-adjoint du service France-Europe du Monde. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du magazine Paris-Berlin.
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Jens Spahn, le jeune candidat à la chancellerie allemande en 2017 se positionne pour prendre la place d'Angela Merkel. La chancelière allemande pourrait bien se faire détrôner par un insider.

Atlantico : Selon un sondage Insa  publié le mercredi 11 mai par le magazine allemand Cicero, 64 % des Allemands ne souhaitent pas qu'Angela Merkel réalise un quatrième mandat. Sa côte de popularité a notamment chuté depuis la crise des migrants, durant laquelle elle a perdu une partie de son électorat. Après onze années passées au pouvoir, une alternance politique à Angela Merkel est-elle envisageable ? Quelles sont les chances du CDU (le parti d'Angela Merkel) de remporter les prochaines législatives en 2017 ?

Henri de Bresson : Angela Merkel a pris des risques et se retrouve confrontée dans son propre parti à des personnes qui doutent de sa politique. Elle a une relation conflictuelle avec la droite bavaroise qui appartient à la coalition. Cependant, lorsque l'on observe les sondages publiés en Allemagne, le parti du CDU a certes baissé de 40% à 34% d'opinion favorable, mais cela reste encore une composante très forte.

Jusqu'à présent, même si  Angela Merkel est contestée dans son parti, elle reste clairement la maîtresse du jeu. Par ailleurs, on la sait très habile dans la stratégie politique. Elle a encore différentes options entre ses mains : maintenir la coalition avec la SPD ou en créer une nouvelle avec les verts.

Actuellement, il n'y a pas de personnalités fortes qui émergent du CDU pour faire concurrence à Angela Merkel. C'est d'ailleurs une partie de sa force : elle a toujours su écarter ses possibles concurrents. On parle parfois de l'actuelle ministre de la Défense Ursula von der Leyen qui possède une certaine popularité. On constate également que quelques personnalité à la droite du parti tentent de monter en puissance en adoptant notamment des positions assez conservatrices pour attaquer la politique d'Angela Merkel sur la crise des migrants. Mais ces forces-là restent marginales au sein du CDU.

Le magazine américain Politico a dressé le portrait de Jens Spahn, le présentant comme un insider du CDU.  Jeune député de 35 ans en charge des finances, ouvertement homosexuel et conservateur, il pourrait faire la synthèse entre les progressistes et les conservateurs. D'après le magazine, Jens Spahn a tous les atouts pour rajeunir le parti et élargir la base militante. Peut-il représenter un concurrent sérieux face à une future candidature d'Angela Merkel ? Quelle pourrait être alors sa ligne politique ?

En Allemagne, les partis restent beaucoup plus structurés qu'en France. Actuellement, en France, on joue à la politique à travers des primaires. On n'est plus à la recherche de synthèse au sein du parti. On est confrontés à des combats d'ailes qui sont très médiatisés. On le voit avec la préparation des primaires à droite, ainsi que les interrogations du parti socialiste sur sa ligne politique et son avenir. Mais personne ne parle franchement de construire un nouveau programme sur lequel il pourrait être possible de trouver un accord.

En Allemagne, nous ne sommes pas encore dans cet exercice de la politique. Dans les grands partis (SPD, CDU)? on continue d'élaborer les programmes et la stratégie du parti, à la suite duquel on élit un candidat sur la base de celui-ci.

Ainsi, les jeunes politiques allemands qui sont actuellement sous les feux des projecteurs vont tenter d'imposer leur propre thématique dans leur parti. Ensuite, pour continuer d'exister, il faut être soutenu par des forces, ce qui ne se fait pas en quelques jours. On peut donc en conclure que cette jeune génération qui émerge se prépare pour les élections législatives de 2021 et se positionne déjà pour l'après Angela Merkel. Pour certains, ils tentent de compter pour devenir ministre et entrer au gouvernement sous le prochain mandat de l'actuelle chancelière.

L'équation est totalement différente en France, où la scène politique laisse place à des confrontations de courants ou de personnes : Valls, Macron, Aubry… Chacun mesure son programme et les succès de ses propositions.

Quant à la ligne politique d'Angela Merkel, elle s'est déjà dessinée au cours des mois précédents. Ses dernières positions plutôt orientées à gauche en Allemagne (sur la sortie du nucléaire et la crise des migrants), lui ont fait perdre une frange de son électorat qui a rejoint l'extrême droite (le parti AFD). On parle désormais d'une possible coalition entre les verts et la droite pour remporter les prochaines élections. C'est la grande question de 2017.

Emmanuel Macron en France, Jens Spahn en Allemagne. On les présente tous les deux comme des candidats potentiels seulement quelques mois avant l'élection de 2017. Cela démontre-t-il qu'en Allemagne aussi, les électeurs souhaitent un changement radical des partis traditionnels à commencer par un changement de leur représentant ? Ou est-ce le résultat d'une construction médiatique (comme en France avec l'effet Macron) ?

Partout en Europe, on assiste à une crise des grands partis traditionnels. On l'a récemment vu avec l'Autriche. Les deux partis traditionnels se sont fait battre et l'on s'est retrouvé avec un candidat d'extrême droite (devenu Président) ainsi qu'un candidat des verts. On le constate également en Allemagne, avec la montée du parti d'extrême droite AFD qui a récupéré l'ensemble des mécontents de gauche comme de droite, ou des personnes qui se sentent déroutées par la politique sur la crise des migrants.

La différence avec la France, c'est qu'en Allemagne, les partis sont beaucoup plus structurés. Donc il est difficile pour un candidat d'émerger aussi rapidement pour devenir le candidat officiel d'une coalition. En France, les partis sont habitués à des combats de courant ou de personnalités.

En Allemagne, la crise des partis traditionnels peut s'expliquer par le fait qu'ils n'arrivent plus à incarner le changement, peut-être parce qu'ils ne laissent pas suffisamment de place aux candidats nouveaux ayant des idées nouvelles. Donc le jeu politique lasse un peu les électeurs qui ont un besoin de diversité de débat de plus en plus important.

Par ailleurs, il faut reconnaître que la France est le seul pays d'Europe à avoir un président concentrant autant de pouvoir entre ses mains. Donc la politique s'incarne en une seule personne. En Allemagne, le chef du gouvernement est élu par le Bundestag. Il obligé de faire des coalitions pour gouverner. Il est tenu de discuter, de faire des compromis, de trouver des accords. Ce qui n'est pas le cas du président français.

En France, l'intérêt des médias, c'est de mettre en évidence des personnalités différentes qui proposent des idées nouvelles à l'intérieur des partis. Cela donne une popularité médiatique à des personnes qui n'existaient pas auparavant. C'est l'exemple d'Emmanuel Macron. Il n'était pas connu du grand public avant qu'il soit ministre de l'Economie et pourtant il fréquentait déjà les bureaux de l'Elysée. Lorsqu'il est devenu ministre, il a souhaité défendre ses idées qui restent, pour une partie de la gauche, totalement iconoclastes. C'est ce qui a su intéresser les médias. Jens Spahn pourrait être également le reflet de ce qu'est la politique à l'ère des médias. On aperçoit tout d'un coup des étoiles filantes qui s'installent dans le paysage politique, mais bien souvent ils ne réussissent que dans les moments d'incertitude des grands leaders.

Alors qu'en France, les candidats LR à la primaire font du couple franco-allemand un thème de campagne, le présentant comme une nécessité de l'Union européenne, quelles seront les répercussions de la prochaine élection allemande en France ?

La classe politique française à droite comme à gauche estime que l'Allemagne a su prendre un virage politique important (que cela soit du temps de la SPD ou sous la CDU). Les changements politiques du temps de Gerhard Schröder ont continué à être mis en place sous Angela Merkel. Ainsi, même si l'Allemagne a un nouveau chancelier, cela n'aura aucune répercussion forte pour la France, car les positions économiques ne changeront pas.

Il y a donc une certaine admiration pour cette continuité dans le temps. Par ailleurs, elle estime que la France doit retrouver un équilibre économique ainsi qu'une modèle de développement du même niveau que l'Allemagne.

Quelques hommes politiques français comme Bruno Le Maire ou Alain Juppé ont depuis longtemps œuvré au rapprochement du couple franco-allemand, notamment pour que l'on s'inspire des différents modèles pratiqués en Allemagne. 

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Deudeuche
- 14/05/2016 - 17:15
Un candidat homo pour la CDU?
Je ne crois pas qu'il fasse l'unanimité dans son parti. La CDU n'est pas le micro-parti qu'est devenu la FDP. Si c'était le cas la CSU serait tenté de devenir un part fédéral et de se présenter en alternative à l'AfD. Quant à la CDU comme la SPD on peut s'interroger sur son avenir à moyen terme.
vangog
- 14/05/2016 - 11:15
Merkel-verraterin s'alliera avec les verts...
leur philosophie politique faite d'ecolo-demagogie, de mondialisme, d'immigrationnisme débridé et d'anti-nucléaire, correspond bien à sa personnalité veule et soumise. Si elle gagne, cela conduira à la mort de l'Europe, incapable de résister aux Panzer-divisions de son général d'armée Erdogan-l'islamo-fasciste...
Babaswami
- 14/05/2016 - 11:15
Triste
Il est bien triste qu'un grand pays de 82 millions d'habitants n'ait personne pour prendre la succession d'une politicienne qui n'a fait que surfer sur le travail de ses prédécesseurs, en prenant ensuite toutes les mauvaise décisions: Europe, Grèce, Energie, Ukraine, migrants, etc