En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© Allociné
Requiem
Pourquoi l’espèce humaine pourrait s’éteindre bien plus tôt que nous le pensons
Publié le 18 mars 2016
L’être humain est en train de provoquer ce que les experts appellent désormais "la 6ème extinction de masse", menaçant ainsi sa propre survie. Une dure réalité que notre espèce a encore complètement tendance à nier.
Miriam Gablier est auteure et journaliste pour le magazine Inexploré/INREES. Son expertise porte sur les tendances émergentes dans les domaines de l'environnement et de la santé. Son sujet de thèse de Master : l’élaboration de concepts permettant de...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Miriam Gablier
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Miriam Gablier est auteure et journaliste pour le magazine Inexploré/INREES. Son expertise porte sur les tendances émergentes dans les domaines de l'environnement et de la santé. Son sujet de thèse de Master : l’élaboration de concepts permettant de...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L’être humain est en train de provoquer ce que les experts appellent désormais "la 6ème extinction de masse", menaçant ainsi sa propre survie. Une dure réalité que notre espèce a encore complètement tendance à nier.

Atlantico : Y a-t-il déjà eu, à certains moments de l'Histoire, des périodes d'extinction massive ? Si oui, comment les expliquer ?

Miriam Gablier : La vie sur Terre a déjà connue cinq grandes extinctions de masse. La plus massive d’entre elles, l’extinction du Permien, il y a 245-252 millions d’années, a vu 95% de la vie marine disparaître ainsi que 70% des espèces terrestres.

 

Nous expliquons ces extinctions par les changements climatiques, le mouvement des plaques tectoniques, les catastrophes naturelles, l’impact des météorites... Cependant, ce qui n’est pas assez souligné, c’est que l’activité de la vie organique elle-même peut devenir une cause d’extinction.

 

La biologiste Lynn Margulis nous apprend par exemple, que les premières formes de vie sur terre, des bactéries, rejetaient un déchet : de l'oxygène. Elles ont ainsi pollué leur environnement avec cette substance, toxique pour elles, jusqu’à un point critique. Par adaptation, de nouvelles bactéries capables de respirer l'oxygène ont émergés. Cela a permis une régulation salvatrice.

 

L’évolution de la vie sur Terre n’a jamais été un long fleuve tranquille. Les organismes ont déséquilibré et rééquilibré un système global qui lui, à réussi à perdurer. Ainsi la question n’est pas tant celle de la survie de la vie dans son ensemble, que celle des espèces en particuliers. De nombreuses espèces se sont éteintes. En tant qu’être humain, la vie va certainement nous survivre, mais la question est de savoir si nous allons survivre avec elle. D’après les scientifiques, notre avenir n’est pas certain.

 

Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère géologique ? Si oui, pouvez-vous expliquer en quoi cette nouvelle ère consiste ?

Nous sommes rentrés dans une nouvelle phase d'extinction massive appelée l'anthropocène.

 

Elle a commencé avec l’avènement de la révolution industrielle au 18ème siècle, et s'est intensifiée sur les cinquante dernières années. Si bien que le prestigieux musée américain d'histoire naturelle a posé une plaque sur laquelle il est inscrit : "Nous sommes au milieu d'une sixième extinction de masse. Celle-ci est entièrement causé par la transformation de l'environnement écologique par l'homme". C'est désormais officiel : l'homme est en train, à lui tout seul, de causer une extinction de masse.

 

Notre croissance démographique, notre main mise sur les terres et les mers, notre tendance à la sur-consommation, nos activités industrielles gourmandes et polluantes, sont un désastre pour le reste de la biosphère.

 

Elisabeth Kolbert dans son livre The Sixth Extinction rapporte qu’en 2050, 1/4 des mammifères, 1/6 des oiseaux, 1/5 des reptiles, 1/3 des requins et des raies, auront disparu. La déforestation anéantie au moins une espèce toutes les heures. Sur les 130 millions de km2 de terre qui ne se trouvent pas sous la glace, il reste seulement 30 millions de Km2 de terres dites sauvages.

 

Nous sommes témoin d’une destruction dramatique de la biodiversité. L’homme est à l’origine d’une destruction d'une ampleur inédite.

 

L'homme travaille-t-il à sa propre extinction ? Si oui, quels sont les principaux actes humains qui mettent en danger l'espèce humaine ?

De fait, nous participons à notre possible extinction. L'équation est très simple : nous sommes dépendants de notre environnement. Donc détruire notre écosystème, c'est saccager la chaine naturelle qui soutient notre propre survie.

 

Sommes-nous plus proches de notre propre extinction que nous le pensons ? L'homme a-t-il tendance à nier la réalité, à sous-estimer le risque de l'extinction humaine ? Si oui pourquoi ?

Il faut bien sûr toujours rester prudents avec les prédictions, mais les scientifiques ne cessent de nous dire que nous fonçons dans le mur : si nous ne changeons pas nos manières d’être au monde, nous pourrions disparaître de la surface de la planète plus rapidement que nous le pensons.

 

Pourtant, comme le montre très bien Clive Hamilton dans son livre Requiem pour l’espèce humaine, nous avons tendance à nier cette réalité. Cela pour plusieurs raison :

 

Déjà, parce que la notion "d'extinction d'espèces" est assez récente. Ce n'est qu'en 1796 que l’anatomiste Georges Cuvier conçoit qu’il a pu exister par le passé des animaux qui n’existent plus. Nous avons encore l’idée d’une nature qui arrive à se régénérer… Ce pourrait ne plus être le cas !

 

Ensuite, les citadins ne sont pas au contact direct de la nature, donc ne voient pas les extinctions de manière concrète. Ceux qui ont ne serait-ce qu'un jardin se rendent déjà compte que certaines grenouilles, insectes ou oiseaux disparaissent rapidement.

 

A cela s'ajoute que l'extinction de l'espèce humaine est une idée tellement angoissante que nous n’avons pas envie d'y faire face.

 

Surtout, tout ceci pose une question de fond. Notre culture occidentale, s’est construite sur une vision matérialiste de notre réalité – héritière de Descartes. Nous réduisons la vie à ses composants chimiques alors que c’est un phénomène mystérieux. En 2016, aucun scientifique n’est encore réellement capable d’expliquer ce qu’est la vie ! Notre paradigme réducteur doit évoluer, cela prend du temps.

 

Est-il déjà trop tard ou nous restent-ils des marges de manœuvre pour sauver l'espèce humaine ?

Il n’est jamais trop tard et être alarmiste est contre-productif. La réalité est qu’un changement est déjà en cours.

 

Le film documentaire Demain de Cyrill Dion et Mélanie Laurent, le montre bien : de nombreuses villes, entreprises, écoles optent pour le changement. La ville de San Francisco recycle par exemple 80% de ses déchets. En France, on n’a jamais autant mangé bio qu’en 2015. Les choses bougent, les gens se sentent concernés. Espérons que la contagion se propage.

 

L’idée principale est qu’il faut favoriser une vision systémique de notre monde, c'est-à-dire comprendre que l'homme n'est qu'une pièce dans un système global, pas son leader, et qu’il doit laisser de la place au reste de la biosphère.

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
04.
L'ancien garde du corps de Lady Di s'inquiète pour la sécurité de Meghan Markle
05.
Grand Débat à Souillac : le Président qui mouillait sa chemise (jusqu’à risquer de la perdre ?)
06.
"Il entend, mais il n'écoute personne" : les conseillers de Macron sont au bout du rouleau
07.
10% des oeuvres d'art de l'Etat portées disparues
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
03.
Patrick Bruel aime une nouvelle femme de (bien) moins de 50 ans; Vincent Cassel : entre sa (très) jeune épouse & sa fille aînée, c’est tendu; Sophie Marceau s’occupe de son fils, René-Charles Angélil-Dion de ses frères, Anouchka Delon de toute la famille
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
06.
Et la raison pour laquelle les Allemands commencent sérieusement à s’inquiéter d’un Brexit sans deal est…
07.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
01.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
05.
Ce à quoi se condamnent lentement mais sûrement les Gilets jaunes
06.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
01.
Grand débat national : l’équation impossible d’Emmanuel Macron
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Pourquoi Macron, les populistes et les gilets jaunes sont tous le produit de la même vague (et pourquoi ils seraient bien inspirés de le comprendre réciproquement)
04.
Ce sondage dévastateur qui fait le procès de Macron le condamne sans appel
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
Commentaires (18)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
MONEO98
- 18/03/2016 - 18:54
une lecture utile
http://www.contrepoints.org/2016/03/09/242163-on-va-tous-encore-plus-mourir-de-faim
Démographie Responsable
- 18/03/2016 - 11:32
Une décroissance souhaitable
Nous étions seulement 1 milliard d'humains "hier" en 1800, nous sommes aujourd'hui plus de 7 milliards, et si rien n'est fait pour stopper cette prolifération, nous serons probablement plus de 11 milliards à la fin du siècle ! Pas besoin de chercher bien loin la cause de la crise environnementale actuelle. Est-il néanmoins possible de sauver ce qui peut encore l'être ? http://demographie-responsable.org/
john mac lane
- 17/03/2016 - 21:43
Haaaouaaaaa. Ça y est nous mourrons tous.
Combien nous reste t-il à vivre? Une semaine.....Dans d'affreuses souffrances.