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Côté démocrate, Hillary Clinton est en tête avec trois victoires (Iowa, Nevada et Caroline du Sud) contre une (New Hampshire) à Bernie Sanders et 90 délégués contre 65, et 453 « super-délégués » contre 20.
Hillary sourit
"Super Tuesday" : pourquoi les Républicains sont dans l’impasse
Publié le 17 mars 2016
Ce mardi 1er mars s'ouvre le "supertuesday". Les Républicains ont le choix entre Donald Trump ou l'explosion du parti. Quoi qu'ils choisissent, c'est Hillary Clinton qui y gagnera.
Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Gérald Olivier est journaliste et  partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990,...
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Ce mardi 1er mars s'ouvre le "supertuesday". Les Républicains ont le choix entre Donald Trump ou l'explosion du parti. Quoi qu'ils choisissent, c'est Hillary Clinton qui y gagnera.

"Connundrum" ! En anglais cela évoque une situation confuse, compliquée et inextricable. Précisément le genre de situation dans laquelle se trouve le parti républicain aux Etats-Unis. A la veille du "supertuesday" c’est-à-dire du jour de vote le plus important de toute la campagne des primaires, le GOP doit affronter le fait que le favori de la course à la nomination est un candidat rejeté par une majorité de ses sympathisants et une majorité encore plus large des Américains, mais dont il ne sait comment se débarrasser. Toutes les options sont mauvaises, allant de l’explosion du parti à une défaite assurée en novembre.

Ce mardi 1er mars, on votera dans onze Etats : l’Alabama, l’Arkansas, le Colorado, la Géorgie, le Massachusetts, le Minnesota, l’Oklahoma, le Tennessee, le Texas, le Vermont et la Virginie. Et dans trois autres, le parti républicain tiendra des caucus, l’Alaska, le Dakota du nord et le Wyoming. Mathématiquement la nomination ne sera pas acquise à l’issue de cette journée, ni chez les Républicains, ni chez les Démocrates. Mais l’enjeu reste majeur, car celui ou celle qui sortira vainqueur aura fait un pas déterminant vers la victoire finale.

Le "supertuesday" est une invention politique qui remonte aux années 1970 ! Il s’agissait d’abord d’éviter le chaos qui avait marqué la convention nationale démocrate en 1968. Cette année-là, aucun des candidats n’avait de majorité à l’ouverture des débats ce qui donna lieu à trois jours d’empoignades et de manifestations nuisibles à l’image du parti, qui avait été battu en novembre. Il s’agissait ensuite de permettre à un candidat de sortir du lot suffisamment tôt dans la campagne pour éviter une bataille interminable. L’idée fut donc de faire voter plusieurs Etats le même jour, des Etats de différentes tailles et de différentes régions du pays, de façon à augmenter l’enjeu et la couverture médiatique, donner un caractère national à la consultation, et permettre à des Etats moins importants et moins peuplés d’avoir un véritable impact sur la sélection du candidat.

Le roi de tous les "supertuesdays" fut celui de 2008. C’était un 5 février. Vingt-quatre Etats avaient organisé leur scrutin le même jour. Côté démocrate, 52% des délégués nécessaires à la nomination étaient en jeu, côté républicain 49%. Le combat fut-il décidé ce jour ?  Pas vraiment ! Plus de mille six cents délégués étaient à saisir côté démocrate. Obama en emporta 847 et Hillary Clinton 834 ! Bref le résultat fut un match nul, laissant chacun sur sa faim. La raison de cette égalité : le système d’attribution des délégués à la proportionnelle.

Chez les Républicains, les écarts furent plus significatifs. John Mc Cain emporta plus de cinq cents délégués, soit deux fois plus que chacun de ses principaux challengers, Mike Huckabee et Mitt Romney. Résultat Mitt Romney se retira de la course le lendemain. Non parce qu’il avait perdu toute chance de l’emporter mais parce que celles-ci étaient réduites et que seul un face-à-face entre deux candidats permettrait à un vainqueur incontestable d’émerger.

Etonnamment en 2016, les Républicains se retrouvent dans une situation comparable à celle de 2008. Pour les Démocrates les choses sont plus simples et plus claires.

Après quatre votes – dont deux "primaires" et deux "caucus" - Hillary Clinton est en tête avec trois victoires (Iowa, Nevada et Caroline du Sud) contre une (New Hampshire) à Bernie Sanders et 90 délégués contre 65. Elle dispose aussi d’un avantage conséquent, de 453 contre 20, parmi les "super-délégués", c’est-à-dire les élus du parti dont le choix d’un candidat n’est pas lié au vote de leur Etat.

Elle se présente sur la lancée de deux victoires consécutives, la dernière obtenue ce samedi 27 février en Caroline du Sud par près de 50 points d’écarts, 74% contre 26%. Dans cet Etat, la communauté noire représente 30% de la population et 50% de l’électorat démocrate. Sachant que sept des onze Etats à voter ce mardi sont des Etats du Sud, avec une proportion de  noirs comparable, Hillary a de fortes chances de les emporter tous. Elle est d’ailleurs donnée largement en tête en Virginie, au Texas, en Géorgie, en Alabama, au Tennessee et bien sûr dans l’Arkansas, Etat dont elle fut la "première dame" de 1978 à 1991 quand son mari Bill Clinton en était le gouverneur.

Cela laissera quatre Etats à son challenger, Bernie Sanders : le Minnesota, le Massachusetts, le Colorado et le Vermont.  Le Vermont  qui est son jardin, le Minnesota et le Massachusetts, qui  votent régulièrement très à gauche, sont pour lui des victoires attendues. Seul le Colorado présente encore quelques incertitudes. Etat des montagnes rocheuses, son électorat rappelle celui du Nevada, et il se pourrait qu’il laisse parler une certaine colère à l’égard de Washington en se portant sur Sanders plutôt que sur Hillary.

Quoiqu'il en soit, Hillary sortira largement vainqueur du "supertuesday" démocrate. Parce que l’attribution des délégués se fait à la proportionnelle, elle sera encore loin du compte nécessaire à une sécurisation définitive de la nomination. Toutefois le suspense devrait être largement absent du reste de la bataille démocrate.

Il en va tout autrement chez les Républicains. Ceux-ci sont face à trois questions :

1 -  Trump peut-il être battu ?

2 - Si ce n’est pas le cas, les électeurs et les dirigeants du parti sont-ils prêts à le suivre ?

3 - Si ce n’est toujours pas le cas, se dirige-t-on vers une division du parti et la présence de deux candidats "républicains" en novembre ?

Après être arrivé second dans  l’Iowa, Donald Trump a remporté les trois scrutins suivants avec une avance toujours supérieure de dix points sur ses deux principaux adversaires, Ted Cruz et Marco Rubio. Les sondages le placent en tête dans tous les Etats qui votent ce mardi, sauf le Texas, où Ted Cruz, Texan d’adoption, parvient à le devancer. En toute logique il se dirige vers une série de victoires qui, sans encore lui assurer la nomination, vont faire de lui le candidat le plus probable pour l’emporter.

Dès lors les dirigeants du parti républicain auront une décision essentielle à prendre : soit suivre le choix des électeurs et se résigner à ce que Donald Trump devienne leur candidat ; soit tout faire pour le battre quitte à ce que le parti explose. Dans un cas comme dans l’autre le seul bénéficiaire en sera Hillary Clinton !

Car le problème est que malgré ses victoires, Trump est loin de faire l’unanimité. Beaucoup au sein du parti républicain estiment qu’il n’est pas "présidentiable". Près de 28% des électeurs du parti ont ainsi affirmé qu’ils ne voteraient jamais pour lui ! L’idéal serait que la nomination lui échappe, que les électeurs désignent plutôt l’un de ses rivaux. Mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Avec cinq candidats encore en lice - car Ben Carson et John Kasich n’ont pas renoncé même s’ils n’ont plus de chance réelle de l’emporter - les circonstances jouent en faveur de Trump. Il bénéficie du soutien indéfectible d’un bon tiers des électeurs, parfois plus. Il est donc assuré de finir presque toujours premier, même s’il est loin de la majorité. Pour le battre, il faudrait une course à deux. C’est-à-dire qu’en plus de l’abandon de Carson et Kasich, Cruz se retire et appelle ses électeurs à voter Rubio, ou que Rubio se retire et appelle à voter Cruz. Et encore ! Une telle perspective n’offrirait aucune garantie.

A l’issue de ce mardi 1er mars, il est probable que celui de ces candidats qui finira troisième sera pressé de se retirer. Mais il sera peut-être déjà trop tard pour stopper Trump. Dix-huit Etats se seront alors prononcés et Trump sera arrivé en tête dans probablement quinze d’entre eux. Il aura acquis une légitimité électorale suffisante pour aller au bout, sauf implosion personnelle (ce qui reste possible compte tenu de sa personnalité et de son tempérament).

Pour le bloquer, les Républicains pourront, au contraire, insister auprès de Cruz et Rubio pour qu’ils restent dans la bataille, afin de diluer les votes et d’empêcher Donald Trump de rassembler une majorité des délégués. Dans ce cas, la nomination serait déterminée à l’ancienne c’est-à-dire durant la convention nationale à l’issue de marchandages et de négociations jusqu'à ce que l’un des trois obtienne une majorité des délégués. Exactement comme ce fut le cas pour les Démocrates en 1968… C’est ce qu’on appelait avant une "brokered convention", une "convention négociée".

La manoeuvre est risquée et n’apporte aucune garantie de succès.

A compter du 15 mars, l’attribution des délégués se fera sur la base du "gagnant rafle la mise" ("winner takes all"), c’est-à-dire que tous les délégués d’un Etat seront attribués au candidat arrivé en tête, même s’il n’a pas atteint la majorité. Or, il restera alors 1280 délégués à attribuer quand moins de 1250 sont nécessaires pour garantir la nomination.

D'autre part, Trump pourrait estimer avoir été trahi par le parti républicain et maintenir sa candidature en tant qu’Indépendant. Il a les ressources financières pour le faire et ce n’est pas le culot qui lui ferait défaut…

De sorte qu’à l’issue de ce mardi, les dirigeants du parti républicain devront soit se ranger derrière lui, soit se taire, soit rompre les rangs et chercher une candidature alternative en dehors du parti qui serait dès lors effectivement coupé en deux. A l’évidence cela ouvrirait grand les portes de la Maison Blanche à Hillary Clinton.

Ironie de l’histoire, en 1992, son mari Bill Clinton était devenu président parce que le vote républicain avait été divisé entre deux candidats, George Bush et Ross Perot. Il n’est pas exclu qu’en 2016 Hillary devienne à son tour présidente parce que les Républicains se seront présentés divisés en novembre, avec non pas un mais deux candidats. 

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Liberte5
- 01/03/2016 - 22:14
Le système se défend bien,
Lui d'abord , le pays et les citoyens après.Toutes les combinent sont permises, même les plus cyniques. L'essentiel c'est de garder le pouvoir. En France c'est cela aussi.
Kaliste
- 01/03/2016 - 17:03
Désastre
Il payent le désastre des années Georges Bush !
Texas
- 01/03/2016 - 16:20
En d' autres termes ,
Le département d' Etat vient de mettre à disposition du F.B.I , un total de 2000 mails dont 22 classifiés qui auraient transités sur un serveur privé de Me Clinton ; Ce qui revient à minimiser ce que les Medias prédisent de la " Catastrophe Trump " .