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Les primaires, un système inspiré par le modèle américain... et intransposable en France

Publié le 30 décembre 2015
Dès la fin des années 1980, face aux divisions de la droite, Charles Pasqua invente les "primaires à la française". Il y voit le seul moyen d’enrayer la "machine à perdre". Plus de vingt ans plus tard, ce ténor de la vie politique française réactive cette idée pour que la France sorte de sa crise politique mortifère. Ce texte, défense et illustration des primaires, est aussi une fresque sans concession du paysage politique et de la droite française.Extrait de "Petit manuel de survie pour la droite" Charles Pasqua Pierre Monzani, publié aux éditions Fayard 2/2
Charles Pasqua, résistant, fidèle parmi les fidèles du général de Gaulle, député puis sénateur des Hauts-de-Seine, fut deux fois ministre de l’Intérieur et homme-clef du RPR. Disparu le 29 juin 2015, il n’aura pu voir la publication de cet ouvrage, qu...
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Pierre Monzani, ancien élève de l’ENS et de l’ENA, agrégé d’histoire, a partagé bien des combats avec Charles Pasqua, de la place Beauvau au Parlement européen, du RPR au RPF, et des Hauts-de-Seine à "Demain la France".
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Dès la fin des années 1980, face aux divisions de la droite, Charles Pasqua invente les "primaires à la française". Il y voit le seul moyen d’enrayer la "machine à perdre". Plus de vingt ans plus tard, ce ténor de la vie politique française réactive cette idée pour que la France sorte de sa crise politique mortifère. Ce texte, défense et illustration des primaires, est aussi une fresque sans concession du paysage politique et de la droite française.Extrait de "Petit manuel de survie pour la droite" Charles Pasqua Pierre Monzani, publié aux éditions Fayard 2/2

Les primaires, petit précis d'histoire

Pour concevoir ces primaires fiables, l'exemple américain nous est assez peu utile. Pour une raison simple, les États-Unis d'Amérique sont un État fédéral, et la France, malgré les efforts des féodaux d'hier et, hélas, d'aujourd'hui, reste encore un État unitaire. Néanmoins, un coup d'oeil chez nos amis d'outre-Atlantique peut nous aider à comprendre la complexité de ces procédures. 

La Constitution américaine de 1787 ne mentionne pas du tout les partis politiques. Les pères fondateurs de la première démocratie du monde les méprisaient et s'en méfiaient (comme les gaullistes bien plus tard, d’ailleurs !). Jusqu'en 1828, ce sont les groupes parlementaires qui désignent leur candidat à l’élection présidentielle, comme si, aujourd'hui, les groupes UMP du Sénat et de l’Assemblée nationale choisissaient notre candidat pour 2017 (bien malin celui qui devinerait quel serait l’heureux élu !). Les réunions des groupes parlementaires américains, ce sont les « caucus ». La pression des partis va changer la donne et, dès 1832, c'est une convention, c'est-à-dire la réunion des délégués du parti, qui désigne le candidat (ou plutôt les candidats à la présidence et à la vice-présidence des États-Unis).

Chaque parti réunit ainsi sa convention tous les quatre ans, et même un président sortant doit obtenir cette investiture. Le président Pierce échouera ainsi à se représenter en 1856, en n’obtenant pas la majorité à la convention du parti démocrate. Ce sont les statuts des partis américains qui prévoient l'organisation de ces conventions, qui vont réunir les délégués de chaque État de l’Union.

Donc comprenons bien cet aspect important des « primaires » américaines : ce sont des délégués qui choisissent finalement le candidat du parti. 

Le nombre de délégués varie selon les États en fonction de divers facteurs, comme la population électorale de l’État, les scores précédents du candidat à la présidentielle dans l’État, le nombre d’élus du parti… La désignation des délégués est, elle aussi, tout sauf uniforme. Dans certains cas, elle n’est le fait que des seuls membres du parti avec une succession de délégués (délégués du bureau de vote, puis du comté, puis de l’État, puis de la convention nationale) ; dans d’autres, et c’est le mode le plus connu, il s’agit d’un choix par de véritables primaires.

Ces primaires, qui ne sont donc pas la seule façon de désigner les délégués (et non le candidat national lui-même), sont ouvertes à tous les électeurs qui vont voter comme pour une « vraie » élection, ou, selon les États, sont limitées à certains électeurs. Dans certains États, ce sont en effet tous les électeurs inscrits sur les listes électorales qui peuvent voter. Dans d’autres, l’électeur indique, au moment de son inscription, son affiliation partisane. La primaire est dite « ouverte » dans le premier cas : les électeurs partisans et les électeurs indépendants peuvent choisir les délégués du parti librement.

Le système américain fait donc cohabiter primaires ouvertes et primaires fermées selon les États. De plus, les circonscriptions de vote, la nature du scrutin (majoritaire ou proportionnel) varient, là encore, d’un État à l’autre. Les primaires sont à la fois financées par des dons privés et des dotations publiques.

Retenons donc que le système américain est complexe et divers, et qu’il est intransposable dans notre France qui pense que l’uniformité des règles démocratiques est indépassable (à tort, comme le démontre le puzzle américain !).

Il fallait faire un rapide détour par cette complexité américaine pour comprendre pourquoi l’idée, dès que je l’ai lancée, ne pouvait que prendre la forme de « primaires à la française ».

Extrait de "Petit manuel de survie pour la droite" Charles Pasqua et Pierre Monzani, publié éditions Fayard, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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Anguerrand
- 31/12/2015 - 08:05
Les primaires brouillent les programmes des partis
S'ils apparaissent démocratiques, les programmes définitifs restent incertains, chaque courant raconte ce qu'il veut et les électeurs sont perdus au milieu de cette discordance. Il y a bien un moyen d'avoir un message clair c'est de se faire " élire " à 99,9% comme au FN. Ça n'a rien de démocratique mais la situation est figée une on ne fois pour tout. Une SEULE tête émerge et attention si vous n'êtes pas d'accord, il vous faudra vous attendre à vous faire virer comme par exemple Chauprade pour ne parler que de lui.