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La véritable information qui se cache derrière les derniers chiffres de la croissance chinoise : la mutation d’un modèle économique
Publié le 23 octobre 2015
Alors que les prévisions faisaient état d’une croissance chinoise de 6.8% pour ce troisième trimestre, les chiffres publiés ressortent finalement à 6.9%. Confrontées à un seuil devenant critique, puisque l’économie chinoise sera rapidement en situation de dépasser celle de la zone euro, les autorités locales entreprennent une véritable transformation de leur modèle de développement.
Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr. Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :
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Alors que les prévisions faisaient état d’une croissance chinoise de 6.8% pour ce troisième trimestre, les chiffres publiés ressortent finalement à 6.9%. Confrontées à un seuil devenant critique, puisque l’économie chinoise sera rapidement en situation de dépasser celle de la zone euro, les autorités locales entreprennent une véritable transformation de leur modèle de développement.

Ce lundi 19 octobre, le Bureau national des statistiques chinoises publiait son rapport trimestriel concernant le PIB du pays. Pour le troisième trimestre 2015, le taux de croissance affiche une légère diminution, à 6.9% alors que les deux premiers trimestres avaient connu une croissance de 7%. Soit une diminution substantielle par rapport aux taux de croissance de ces dernières années, et notamment une baisse de 50% par rapport à l’année 2007, où le PIB s’était accru de 14.2%. Mais derrière cette érosion progressive de la croissance chinoise, dont les chiffres sont parfois considérés comme douteux, c’est la composition de celle-ci qui apporte une véritable information, en venant confirmer la véritable mutation en cours du modèle de développement économique du pays. En effet, après une croissance qui fut soutenue en grande partie par le commerce extérieur, la Chine est bien en passe de devenir une économie portée par sa consommation intérieure.

Désormais, la consommation chinoise représente 58% du total du PIB, ce qui permet déjà d’assurer un socle de 4% de croissance pour le pays. 

"La structure de la demande domestique s’est encore améliorée. Au cours des trois premiers trimestres, la contribution des dépenses de consommation finale  à la croissance a été de 58.4%, ou une hausse de 9.3 points par rapport à la même période de l’année dernière."

Autre signe du même diagnostic, le secteur des services représente aujourd’hui 51.2% de la composition du PIB, en hausse de 2.3 points entre 2014 et 2015. Si le secteur industriel a encore progressé de 5.8%, les services ont connu une hausse supérieure, atteignant 8.6%, et traduisant la nouvelle dynamique économique du pays. Et cette hausse de la consommation a une cause évidente; la progression des revenus de la population chinoise.

En effet, le revenu moyen de la population atteint aujourd’hui 16 367 yuan (2269 euros) , soit une progression de 9.2% en terme nominal, ou de 7.7% après inflation sur un an. Une moyenne qui ne dit pourtant rien de l’écart qui sépare encore les populations urbaines et rurales, entre un revenu moyen de 23 512 yuan pour les premiers (3259 euros), en progression de 6.8% en termes réels, et de 8 297 yuan pour les seconds (1150 euros), en progression de 8.1%. Soit un rapport proche de 1 à 3 entre ces deux populations. 

Mais cette bascule de l’économie chinoise vers sa consommation et sa demande intérieure est également synonyme d’un ralentissement du commerce extérieur :

"La valeur totale des importations et des exportations a été de 2 222.1 milliards de yuan, une baisse de 8.8% sur la dernière année."

Alors que les importations ont baissé de 15.1% au cours des trois premiers trimestres de l’année 2015, et ce, principalement en raison de l’effondrement des prix du pétrole (au cours des trois premiers trimestres, la consommation d’énergie a chuté de 5.7% par unité de PIB), les exportations subissent également une baisse dans le courant de cette année, soit -1.8%.

De la même façon, la hausse de la part de la consommation dans le PIB est le corollaire d’une baisse de l’investissement. En effet, après plusieurs années d’un rythme effréné, le taux d’investissement de l’économie chinoise tend à diminuer, pour atteindre 43% du total du PIB. Ici, il ne s’agit pas que de la traduction d’un manque de confiance dans l’économie, mais plus simplement de la normalisation d’un pays qui tend à se rapprocher de taux d’investissements plus en adéquation avec les pays les plus développés, signe que le pays atteint un important degré de maturité et que l’effet "rattrapage" est en cours d’achèvement.

L’ensemble de ces signaux sont les conséquences directes des différentes mesures prises par le gouvernement chinois au cours des derniers mois. En soutenant son économie, notamment au travers de la voie monétaire, les autorités ont fait le choix assumé de soutenir leur demande intérieure. Et ce avec succès.

Car si le taux de croissance se dégrade indéniablement au fil des mois, il n’est en rien une surprise. L’économie chinoise ne peut continuer à croître à un rythme aussi soutenu de façon indéfinie, surtout si elle ne se base que sur le commerce extérieur. Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. En cette année 2015, le PIB chinois devrait dépasser le seuil des 10 000 milliards de dollars, et devrait ainsi rapidement dépasser la zone euro en termes de taille. A une telle échelle, le pays ne peut plus compter sur une croissance exponentielle de ses exportations. Et la seule alternative reste de se tourner vers le consommateur chinois, qui est lui, dans un état de sous-consommation. Voilà pourquoi le pays devrait poursuivre la politique récemment engagée, notamment au travers de nouvelles interventions de la Banque centrale chinoise, ou par le biais de nouveaux plans de relance budgétaire.

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