En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© big data
Les Big Data aideront d’ici une vingtaine d’années à rationaliser la production agricole et la distribution d’alimentation afin de nourrir les neuf milliards d’individus que comptera l’espèce humaine.
Un problème de mathématiques...
Et si le big data était l'arme capable de sauver la planète de la famine ?
Publié le 25 septembre 2015
Loin de n'avoir que des applications abstraites, le big data permet de nombreux exploits. Parmi eux, la lutte contre la faim dans le monde. Pour qui sait utiliser ces technologies, la plupart des problèmes semblent plus simple à résoudre. Et pour cause : le big data permet une vision plus globale de la situation, et donc la réalisation d'une meilleure organisation, d'une meilleure anticipation...
Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il enseigne principalement l'informatique, l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Il poursuit des recherches au sein du LIP6, dans le...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Gabriel Ganascia
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) où il enseigne principalement l'informatique, l'intelligence artificielle et les sciences cognitives. Il poursuit des recherches au sein du LIP6, dans le...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Loin de n'avoir que des applications abstraites, le big data permet de nombreux exploits. Parmi eux, la lutte contre la faim dans le monde. Pour qui sait utiliser ces technologies, la plupart des problèmes semblent plus simple à résoudre. Et pour cause : le big data permet une vision plus globale de la situation, et donc la réalisation d'une meilleure organisation, d'une meilleure anticipation...

Atlantico : D'ici 2050, l'Humanité devrait atteindre le nombre critique d'environ 9 milliards d'individus. Aujourd'hui, en 2015 et avec environ un tiers de moins de gens à nourrir, on peine à résoudre le problème de la faim dans le monde. Dans quelle mesure la Big Data pourrait-elle nous aider à lutter contre les famines et les disettes ?

Jean-Gabriel Ganascia : Beaucoup espèrent aujourd’hui que les masses de données, ce que l’on appelle les Big Data en anglais, aideront d’ici une vingtaine d’années à rationaliser la production agricole et la distribution d’alimentation afin de nourrir les neuf milliards d’individus que comptera l’espèce humaine. Sous peu, les technologies de l’information devraient faciliter la tâche des ingénieurs agronomes et leur permettre non seulement de planifier plus efficacement la production, mais aussi de diagnostiquer le plus précocement possible des maladies des plantes, pour les soigner et éviter la propagation d’épidémies, et d’anticiper au mieux les besoins alimentaires de la planète pour satisfaire tout le monde et mettre fin au gaspillage. Selon des experts en agriculture, la quantité d’aliments produits ne serait pas limitée par un manque de ressources, mais par une mauvaise organisation humaine que l’on peut tenter d’améliorer en tirant parti de l’expérience passée. Des capteurs permettent d’engranger d’immenses masses de données portant sur les conditions de production des denrées, sur la météo, sur les zones infestées par des parasites, etc. A partir de ces données, on détecte soit des corrélations qui aident à anticiper ce qui va se produire, soit des exceptions aux règles usuelles qui laissent présager des anomalies. Cela permet de détecter des facteurs de risque, de prévenir des épidémies et d’agir. 
 

Fondamentalement, au-delà des données collectées, quelles sont les applications concrètes qu'on peut imaginer aux Big Data dans le cadre de l'agriculture ? Peut-on imaginer une surveillance de zones inaccessibles aux producteurs, ou un rassemblement de données visant à optimiser les différentes cultures ?

Les applications des techniques d’exploitation des masses de données servent à prévenir les catastrophes naturelles immémoriales qui annihilent les récoltes et à y parer. Songeons aux dix plaies d’Egypte infligées en  châtiment par Dieu pour contraindre Pharaon à libérer les Hébreux : eaux infestées, grenouilles, moustiques, mouches, sauterelles, grêle, ténèbres, mort des troupeaux,... Elles demeurent identiques aujourd’hui : pollution, parasites, maladies, climat, etc. Et, beaucoup affectent l’agriculture ou l’élevage. Or, la plupart peuvent être anticipées par des techniques modernes de surveillances corrélées à l’analyse des données passées. Cependant, pour les mettre en œuvre, il convient d’être vigilant et d’opérer une surveillance, plus ou moins continue, dans des zones difficiles d’accès, et sur de très grandes surfaces. Aujourd’hui, on songe aux drones, qui, pour un coût relativement modique, peuvent aider à assurer cette veille. Là encore, les technologies de l’information qui permettent de piloter automatiquement ces drones jouent un rôle crucial. En retour, les données ainsi collationnées s’agrègeront aux masses de données existantes seront utilisées par des algorithmes. 
 

Toutes ces applications, en dépit de leur qualité, présentent-elles des limites ? Lesquelles ?

Contrairement à une idée couramment répandue, les technologies ne se substituent pas aux hommes. Elles n’automatiseront pas la production et la distribution d’un coup de baguette magique. L’agriculture ne sera pas « presse-bouton ». Les dispositifs de veille et de traitement d’information, informeront et aideront les hommes à interpréter les données et à agir, mais ils ne les remplaceront pas. Ceci signifie que le succès d’une agriculture intégrant des hautes technologies tient à l’organisation sociale qui répercute ces données, leur donne sens et prend les décisions d’action requises. Les limites proviennent de la difficulté à mettre en place des organisations sociales crédibles et fonctionnant correctement.
 

Outre les limites (financières, par exemple), de nombreuses craintes existent vis-à-vis des Big Data, notamment en raison des failles. Y'a-t-il un danger à permettre une collecte de données aussi massive, quand bien même elle se fait pour le bien de l'humanité ?

Les masses de données contribueront à résoudre certains problèmes, mais pas tous. Elles aideront à diagnostiquer des maladies, à anticiper des changements climatiques ou des intempéries, à détecter certaines pollutions, etc. Mais elles ne diront pas comment guérir les maladies, comment faire face aux modifications climatiques ou aux orages de grêle, comment régler les effets de la pollution, etc. Leur rôle demeure partiel. En faisant excessivement confiance à ces technologies, on risque d’être rapidement déçu et de nourrir par la suite une méfiance outrancière vis à vis d’elles. De même, les risques ne doivent pas être ignorés. Comment ne pas craindre la manipulation ou le détournement de l’information au profit d’acteurs mal intentionnés, par exemple de groupes terroristes ou de réseaux maffieux qui feraient peser des menaces. Ceci étant, là encore, ce sont des hommes et des organisations sociales qui seront responsables. En conclusion, la confiance, comme la défiance dans les masses de données doit demeurée mesurée, même si face à des quantités de données démesurées au regard de ce que l’on connaissait dans le passé. 
Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France est-elle en train de renouveler avec l’Allemagne l’erreur de François Mitterrand au moment de la réunification ?
02.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
03.
Pourquoi Oxfam se trompe de combat (et passe totalement à côté de ce qui se passe dans les pays développés)
04.
Peut-on encore s’enrichir autrement qu’avec l’immobilier en France ?
05.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
06.
France stratégie : le gaité fonction publique s’enferme dans ses dénis sur la dépense publique
07.
Libéraux en peau de lapin : pourquoi la polémique autour de François-Xavier Bellamy en dit long sur le raidissement des soit-disant « modérés »
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
03.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
04.
Wauquiez pousse une colère contre la direction de LR, et Thierry Mariani contre Wauquiez ; L'Obs s'inquiète de la crise financière qui vient ; François-Xavier Bellamy en guerre contre le progressisme ; Ces députés LREM attaqués
05.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
07.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Gilets jaunes : un syndicat policier s’émeut des ordres de répression et du comptage des manifestants
03.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
04.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
05.
Sévère répression des gilets jaunes : la justice française est-elle en train de préfèrer l’ordre à la justice ?
06.
Elections européennes : La République en Marche détrône le Rassemblement national selon un nouveau sondage
01.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
02.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
03.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
04.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
05.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
06.
Oui, il y a “des gens en situation de pauvreté qui déconnent”. Mais voilà pourquoi la question et la solution sont largement ailleurs
Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Ganesha
- 25/09/2015 - 01:24
Zouk
Vous semblez vraiment ne strictement rien savoir sur ce sujet et vous nous racontez des bêtises ! Les principaux OGM sont simplement plus résistants à certains insecticides, ce qui permet leur usage massif ! Informez-vous !
zouk
- 24/09/2015 - 12:28
Nourrir le monde
l'exploitation des montagnes de données sera certainement d'un très grand bénéfice, mais N'OUBLIONS pas les OGM Premier bénéfice direct: l'augmentation des rendements, deuxième bénéfice à double effet: la diminution de l'usage des pesticides ce qui contribue aussi à l'amélioration des rendements et, en plus, un impact réduit sur l'environnement. Des centaines de millions d'américains en consomment tous les jours (maïs), et aussi d'asiatiques (riz et autres céréales dont le blé nouveau venu en Asie) sans aucun effet fâcheux sur leur santé, mais avec une réduction sensible des pénuries alimentaires;