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Utiliser une tablette pour faire ses devoirs n'est pas forcément une bonne chose pour les élèves.
Outils numériques
Utiliser une tablette pour faire ses devoirs : bonne ou mauvaise idée ?
Publié le 02 septembre 2015
Près de trois enfants de 7 à 12 ans sur quatre ont une tablette chez eux et la vente de matériel numérique accessible pour les enfants est en constante augmentation, faisant fleurir le nombre d'applications dites pédagogiques et permettant aux enfants d'avoir un accès plus large aux ressources d'apprentissages, et ce sans distinction. Mais l'usage de ces outils se fait-il au prix de la valorisation du travail et de l'effort ?
Alain Sotto est psychopédagogue. II s'est spécialisé dans les stratégies d'apprentissage pour enfants et adultes. Il a co-écrit, avec Varinia Oberto, "Le beau métier de parent" aux éditions Hugo Doc. 
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Alain Sotto est psychopédagogue. II s'est spécialisé dans les stratégies d'apprentissage pour enfants et adultes. Il a co-écrit, avec Varinia Oberto, "Le beau métier de parent" aux éditions Hugo Doc. 
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Près de trois enfants de 7 à 12 ans sur quatre ont une tablette chez eux et la vente de matériel numérique accessible pour les enfants est en constante augmentation, faisant fleurir le nombre d'applications dites pédagogiques et permettant aux enfants d'avoir un accès plus large aux ressources d'apprentissages, et ce sans distinction. Mais l'usage de ces outils se fait-il au prix de la valorisation du travail et de l'effort ?

Atlantico : A l'heure des devoirs, sur le bureau des écoliers, on peut trouver en plus du cahier et de l'équerre des tablettes numériques, comme outil pour étudier : pourquoi les élèves se sont aussi rapidement approprié les outils numériques?

Alain Sotto : Aujourd’hui, grâce au Web, on a en deux clics une profusion de ressources pédagogiques sur tous les sujets. L’élève entre instantanément en intéraction avec des images et des mots qu’il va devoir trier en cherchant au plus vite réponse à sa question.

La richesse et la variété des contenus que l’on peut obtenir est un réel avantage pour l’accès au savoir. De plus, l’élève retrouve ce qui a été à la base de ses activités d’apprentissage de son jeune âge : être actif, manipuler et maîtriser un appareil, tapoter sur un écran tactile, en obtenir un résultat sans être jugé. Voila ce qui explique l’engouement extraordinaire pour les tablettes.

Une certaine méfiance pourtant persiste à l'égard de l'usage des tablettes pour étudier : pourquoi?

Il y a un inconvénient sérieux : l’élève ne met pas en route le travail mental nécessaire à tout apprentissage et n’utilise pas un outil essentiel de son esprit, à savoir la réflexion et la capacité à approfondir. L’effort est réduit au minimum ainsi que le temps d’un travail pensé.

Un élève planchant sur un devoir à la maison, doit, tout d’abord, faire revenir en mémoire le cours correspondant, retrouver ce qui a été expliqué, ce qui lui paraît utile pour ce qu'il a à faire. Il complète ce travail par la lecture de ses notes, de façon concentrée, afin d’affiner sa compréhension du sujet étudié, et il imagine les liens à faire avec d’autres connaissances. Voilà sa pensée en mouvement prête à s’attaquer à son devoir. Au lieu de cela, et c’est ce que l’on constate actuellement avec les nouvelles technologies, les élèves utilisent le web comme un immense supermarché des devoirs tout faits ou à bricoler grâce à quelques copiés-collés.

Tout comme cet élève, ayant à faire un compte-rendu de "L’étranger" de Camus, qui, pour s'épargner la lecture du livre, a tapé d’abord sur son moteur de recherche : "titre/résumé/fiches" ; puis : "sujets traités et rédigés". Il existe même un site proposant le résumé de chaque chapitre en audio, privant ainsi l'élève du travail de lecture. Que reste-t-il alors du travail via Internet alors que l’on sait, selon une étude, que les élèves et les étudiants, interrogés après des recherches, retiennent plus les liens fournis par le moteur que les contenus des sites parcourus ?

Ainsi, l’utilisation des tablettes sans un cadre et une démarche bien établis par les enseignants et les parents peut aboutir à des apprentissages peu efficaces et superficiels.

L’autre problème, c’est que la presque totalité des ordinateurs et tablettes sont à la maison et non à l’école… Difficile donc, d’échapper en classe au groupe d’enfants agglutinés devant un seul appareil et cherchant tous à s'emparer du clavier.

Accès à diverses ressources pédagogiques, multiplications des exercices disponibles, appropriation des outils numériques… Quels sont les avantages de l'utilisation de ces outils ?

Il est important d’éduquer aux nouvelles technologies, comme le propose le site de "la Main à la pâte" avec son projet pour élèves et enseignants du primaire : "Les écrans, le cerveau et l’enfant". Apprendre comment les écrans modifient les facultés d’attention et de mémorisation. Apprendre également à bien doser les usages afin de ne pas augmenter la durée d’une position assise et les fatigues oculaires. Selon une étude de l’Asnav (association pour l’amélioration de la vue) 25 à 30% des 16-24 ans seraient  actuellement atteint de myopie.

Il faut également se rendre compte que la tablette est avant tout perçu par les jeunes comme un fantastique instrument ouvrant aux loisirs les plus vastes : il n'y a qu'à voir leur fréquentation assidue de You Tube et de ses millions de vidéos. Sans parler de l’accès aux jeux, aux forums et aux communications instantanées. L’usage pédagogique du web passe loin derrière son usage ludique, avec une majorité d’enseignants peu formés, ayant du mal à se situer et à intégrer ces nouvelles pratiques. Et c’est dommage, car ces outils bien maniés ouvrent à d’infinies possibilités de sens et de liens pour comprendre le monde et communiquer avec les autres. Pour cela, l’accompagnement, la découverte et le partage des univers numériques doit redonner aux enfants l’envie d’apprendre et aux enseignants le renouveau d’une transmission autre que celle des savoirs programmés.

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Commentaires (2)
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Outre-Vosges
- 02/09/2015 - 17:47
Parfois Internet vient au secours des malheureux
Il arrive tout de même que des professeurs exagèrent et demandent à leurs élèves de « faire des recherches » qui excèdent leur capacité. Un jour ma filleule m’a appelé à l’aide pour je ne sais plus quel travail de géographie à faire à la maison et qui lui aurait demandé plusieurs heures pour piocher de ci de là des renseignements, souvent difficiles à comprendre pour des élèves de quatrième. Ses camarades n’ont pas hésité et ont recopié l’article correspondant de Wikipédia, en essayant maladroitement de le retoucher pour que la pompage fût moins apparent. « Ne t’inquiète pas » ai-je dit, et j’ai tout simplement pris l’article en portugais correspondant et je l’ai traduit, après m’être assuré bien sûr qu’il n’était pas lui-même une traduction et représentait un essai original. Les autres élèves ont eu droit à un zéro et ma filleule à une bonne note ; elle s’est sentie tout de même un peu gênée quand on l’a donnée pour modèle.
clint
- 02/09/2015 - 13:21
Les Chromebooks sont certainement plus adaptés
C'est d'ailleurs ce qui se passe aux US (ce n'est pas forcément une référence !). Les tablettes, notamment les iPads, sont en plus d'être cher peu pratique pour imprimer, écrire, etc. Il suffit de demander aux élèves corréziens ce que leur a apporté les iPads donné par Hollande !