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© Reuters
François Bayrou.
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Entretien politique

F. Bayrou : "sur la réforme du collège, il faut se bouger et manifester tous ensemble notre refus d’être ainsi manipulés et méprisés"

Publié le 23 mai 2015
Selon l'ancien ministre de l'Education, la réforme de l'enseignement portée par l'actuel gouvernement met en péril le fondement même de notre système scolaire. En s'attaquant aux options, on fragilise l'égalitarisme et donc intrinsèquement la méritocratie républicaine.
François Bayrou est le président du Modem. Il a notamment été député des Pyrénées-Atlantiques de 1986 à 2012 et ministre de l'Education de 1993 à 1997.Il s'est présenté aux élections présidentielles de 2002, 2007 et 2012.
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François Bayrou est le président du Modem. Il a notamment été député des Pyrénées-Atlantiques de 1986 à 2012 et ministre de l'Education de 1993 à 1997.Il s'est présenté aux élections présidentielles de 2002, 2007 et 2012.
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Selon l'ancien ministre de l'Education, la réforme de l'enseignement portée par l'actuel gouvernement met en péril le fondement même de notre système scolaire. En s'attaquant aux options, on fragilise l'égalitarisme et donc intrinsèquement la méritocratie républicaine.

Atlantico : Qu’est ce qui ne va pas dans la réforme du collège mise-en-place par le gouvernement de Manuel Valls ?

François Bayrou : La réforme des collèges est passée en force dans la nuit de mardi à mercredi. Le gouvernement l'a publiée subrepticement au journal officiel, en reniant tous ses engagements de concertation et de consultations. C’est une réforme qui supprime les classes bilingues, les classes européennes, et les options de langues anciennes, latin et grec. Il suffit de lire l’arrêté qui fixe les horaires d'enseignement et qu’on peut trouver sur notre site (mouvementdemocrate.fr).

Cette réforme, censée être appliquée dès la rentrée scolaire 2016, (j’espère bien que ce ne sera pas le cas !...) viendra supprimer  des enseignements qui offraient aux élèves une véritable égalité des chances.  Car la seule égalité des chances qui vaille la peine, c’est celle qui propose aux élèves et à leur famille la découverte de disciplines et de langages qu’ils ne peuvent pas trouver à la maison !

De plus, la réforme du collège institue des enseignements interdisciplinaires qui sont complétement flous et qui ne dureront, chacun, que quelques mois. C'est-à-dire, qu’elle tourne le dos à la transmission de connaissances sérieuses pour des improvisations qui couteront cher et qui ne structureront pas l'esprit des élèves. Et ces heures d’enseignement, on annonce qu’elles seront retranchées des horaires consacrés aux disciplines !  

Par ailleurs, elle s'inscrit au nom d’une lutte absolument infondée contre l’élitisme républicain. C’est une atteinte profonde à la philosophie même de l’Education nationale ! En effet,  le pacte fondateur de l’Education nationale était, à l’égard des jeunes français, le meilleur offert à tous. Quant à cette réforme, elle n'est que le choix idéologique du nivellement  par le bas !

On comprend mieux dès lors l’amplitude de l’indignation, de la colère, venue de tous les bords politiques, syndicaux, professionnels, des intellectuels, de toutes les familles qui se passionnent pour l’éducation.

Les programmes vont également être réformés. Qu'est-ce-qui, dans cette réforme, est critiquable ?

La réforme des programmes est également, aussi, en chantier. Le point majeur à souligner est que cette réforme vient  supprimer les programmes annuels pour les classes de 5ème, de 4ème et de 3ème. On donne ainsi un programme en bloc pour ces trois années, qui n'est pas fixé nationalement mais qui est  à l'initiative de chaque établissement. Etant donné que les programmes varieront en fonction des établissements, si l’enfant change de collège,  rien ne garantit qu'il suivra une formation continue et homogène. Pareillement, si de nouveaux professeurs intègrent l'école ou que la direction change, la continuité du programme ne sera pas forcément assurée. Cette réforme vient donc anéantir toute continuité des programmes sur l'intégralité du territoire français !

L’interdisciplinarité instaurée par cette réforme des collèges paraît difficilement critiquable. Qu'en est-il ?

Cette réforme crée des enseignements interdisciplinaires qui ne dureront chacun que quelques mois et qui proposent pêle-mêle l'introduction aux cultures de l'antiquité, au développement durable et à la santé.  Tout ceci sur une période unique de 4 mois et donc sans suivi et sans possibilité de construction sérieuse de connaissances.

A l’origine l’idée d’une interdisciplinarité peut être positive, à condition qu’elle ne s’impute pas sur des heures d’enseignements et que sa mise en place soit construite, organisée. Or, ici nous nous  trouvons face à une interdisciplinarité dont on ne connaît  ni le contour ni l’organisation. Mettons-nous à la place d’un principal de collège, comment fera-t-il pour les emplois du temps ? Mettre en place cette interdisciplinarité sera extrêmement difficile : cela prendra un temps fou et un lourd budget !

Mais bien sûr, de temps en temps, rien n’empêche un professeur d’inviter un de ses collègues à s’exprimer dans son cours.

Ce peut donc être une idée utile mais elle ne peut pas et ne doit pas donner lieu à une désorganisation absolue ! On ne connait ni les horaires, ni la composition de ces heures de cours.

La mission du collège, et de tout l’enseignement secondaire, c’est la transmission de connaissances aussi solides que possible, qui serviront de fondation à la construction d’une culture pour toute la vie. Et cette acquisition de connaissances est d’abord disciplinaire !

Le lien entre les différentes disciplines doit se faire par un travail spontané des professeurs. Amputer autoritairement les horaires dans le but de créer des enseignements et zones pédagogiques aussi floues n’est pas une reforme positive, c’est une régression.

Mais il y a une conséquence mécanique : on va voir se développer des réseaux d’écoles qui garantiront plus de rigueur aux parents. C’est l’Education nationale qui va souffrir de ces amputations. Ces connaissances et ces découvertes seront réservées aux enfants des familles initiées, averties, et qui auront les moyens des cours particuliers. Ce qui fera la différence, ce ne sera plus ni l’envie, ni le mérite, ce sera l’argent et les réseaux.

Ce qui faisait jusqu’à présent l’espérance, la qualité du collège c'était les possibilités qu’il offrait aux élèves. Un élève arrivant de primaire se voyait offrir la chance, s’il le voulait, si sa famille le souhaitait, d’où qu’il vienne, de découvrir ce que l’école pouvait offrir de plus haut, de plus grand, en matière de connaissance et de culture. Demain, ces voies d’accomplissement et d’émancipation seront fermées, sauf pour les privilégiés. Comment ne pas ressentir une immense colère.

Au lieu d’offrir une vraie possibilité de rattrapage aux élèves en difficulté on désorganise l’ensemble du collège en prétendant que l’on va mettre en place des parcours différenciés, ce qui n’est plus vrai dès lors que l’on ampute les horaires de tous  au profit d'un égalitarisme minimal.

Que faudrait-il faire selon vous ? Quelles sont les reformes positives et urgentes à accomplir ?

Tout d’abord, il faut savoir ce que l’on met dans le mot « réforme » qui veut aujourd’hui dire tout et n’importe quoi. La priorité des priorités doit être de donner la chance aux élèves du primaire de réussir scolairement (d’apprendre à lire, compter, écrire et de pouvoir se concentrer). L’écriture et le contact avec le texte est en particulier indispensable. Sans cette maitrise on ne peut pas suivre correctement l’enseignement secondaire des collèges et lycées. C’est sur l’écriture et la langue qu’il faudrait concentrer tous les moyens.

Ensuite, il est important d’aller vers un allègement des programmes qui sont aujourd’hui trop compliqués. Effectivement, ils font appel à l’abstrait, au conceptuel vague et lointain, alors qu’un enfant a besoin de concret. 

Enfin, il faut favoriser l’apprentissage actif  qui permet aux élèves d’apprendre à apprendre, de gagner une certaine confiance en eux, de découvrir des méthodes.

Ce sont trois missions essentielles de l’école, peu chères à mettre en place et qui, aujourd’hui et demain encore moins avec cette réforme, ne sont pas assurées.

Le problème ne vient-il pas du fait que l’on s’attaque à ce qui apparait comme l’un des fondements de l’identité française, à l’heure où les Français s’interrogent beaucoup sur cette identité ?

Ce que l’Education nationale offrait de plus sérieux jusqu’à présent c'était la promesse de l’excellence offerte à tous. Ce qui ne veut pas dire qu'elle était garantie à tous, les potentiels, les facilités varient selon les élèves. Mais cette possibilité de viser et d'atteindre l'excellence était bel et bien à la portée de tous. Contrairement à ce que prétend le gouvernement, il y a beaucoup de cours de latin dans des établissements difficiles ! En outre, tout collégien qui le souhaitait pouvait sélectionner des optimiser en vue d'optimiser ses chances de réussite et de s'enrichir intellectuellement parlant. 

Cette offensive contre l’essentiel est particulièrement blessante : elle met en cause non seulement l’avenir individuel des enfants, en particulier des enfants issus de milieux familiaux moins favorisés culturellement ou matériellement, mais encore qu’elle touche à la culture commune de la nation, celle qui a fait de la France ce qu’elle est, particulièrement dans les quatre ou cinq derniers siècles depuis les humanistes de la Renaissance, en passant par les lumières, jusqu’aux combats d’émancipation du XXe siècle. Si l’on avait dit à Voltaire, à Jaurès et à Blum que leurs soi-disant héritiers détruiraient ce qui avait fait leur vie, quel ouragan on aurait déclenché !...

C’est aussi un problème de conscience nationale et c’est pourquoi l’émotion est si grande.

Quel potentiel d’extension de la contestation ?

J’espère bien que la contestation va s’étendre et s’accentuer ! Nous n’avons aujourd’hui le choix qu’entre deux attitudes : ou bien on arrête tout, on formule des vœux pieux en demandant au gouvernement de bien vouloir retirer son texte, ou bien on se bouge, de quelque bord qu’on soit et on se regroupe, de tous bords et de toute responsabilité, pour dire non ! Pour moi, le choix est vite fait : il faut se bouger et manifester tous ensemble notre refus d’être ainsi manipulés et méprisés.

Pourquoi, selon vous, en arrive-t-on à un débat aussi pauvre sur un sujet aussi noble ? Entre Nicolas Sarkozy, Najat Vallaud Belkacem et Manuel Valls on en est aux insultes…

Il y a peut-être des dérapages, mais le débat n’est pas pauvre : c’est un débat fondamental que le gouvernement veut faire avorter et disparaître, mais que nous ne devons pas laisser s’éteindre. Devant des questions d’aussi grande conséquence, la résignation est notre ennemie !

Propos recueillis par Aude Solente

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (9)
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Orchidee31
- 22/05/2015 - 09:28
Bayrou le TRAÎTRE
il doit être fier d'avoir voter pour la nullité qui nous gouverne - à sa place,
Je me mettrais dans un trou de souris mais ce n'est pas l'amour-propre qui doit l'étouffer - pas farouche, la girouette....
Deudeuche
- 22/05/2015 - 08:47
Depuis 2012, 51,5 % des Français, dont Bayrou
sont heureux, vive le collège unique et égalitaire...et les cours particuliers!
2bout
- 21/05/2015 - 16:29
A quoi servirait une manifestation,
aussi mobilisatrice fut-elle, si chacun dans son coin (même en commun pour l'occasion) marque son désaccord ? A compter ses amis ? Il en résultera que chacun dans son coin aura marqué son désaccord. Les classes bilangues s'arrêtent au lycée. Les classes européennes devraient en principe s'établir dans la continuité, sauf que l'on soit grand ou misérable, que l'on réside ici ou ailleurs, une classe européenne au collège exercée en anglais pour un cours d'anglais (rien de novateur) ne trouve pas continuité partout puisqu'il existe des lycées avec uniquement option allemand pour classe européenne. Dans certains lycées toujours, il n'existe pas non plus certaines options de type SI (Sciences de l'Ingénieur). Pas très cohérente cette égalité pas très égale défendue par le CSP ? C'est en commun que nos politiciens devraient débattre. Devraient, parce qu'ils s'en foutent : leurs propres enfants auront (si nécessaire) les dérogations qu'il faut et les cours particuliers qu'il faudra.