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A droite, on tente de contrer Nicolas Sarkozy
Casting à l'UMP
Le dilemme stratégique des concurrents de Nicolas Sarkozy dans la primaire UMP
Publié le 17 avril 2015
Cultiver sa différence face à Nicolas Sarkozy sans encourir le procès de la division est un des enjeux des cadres de l'UMP dans l'optique de la primaire UMP 2016.
Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande,...
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Cultiver sa différence face à Nicolas Sarkozy sans encourir le procès de la division est un des enjeux des cadres de l'UMP dans l'optique de la primaire UMP 2016.

Atlantico : Après la crise qui a traversé l'UMP il y a environ un an, le mot d'ordre du rassemblement semble somme toute assez respecté par les cadres du parti. Pour autant, le candidat qui représentera la droite n'a pas encore été désigné. Comment les différents cadres peuvent-ils cultiver leur différence par rapport à Nicolas Sarkozy sans encourir un procès en division ?

Christelle Bertrand : Pour ne pas risquer d'être perçu comme un diviseur, il faut commencer par ne pas attaquer les autres. On l'a vu lors de la campagne interne, Bruno Le Maire a mené une campagne très différente de celle de Nicolas Sarkozy mais il est toujours resté correct, cordial même, envers l'ancien Président. Car, disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy, "on ne doit jamais attaquer la rock star". C'est aussi la ligne de conduite adoptée par Alain Juppé et, dans une moindre mesure, par Nicolas Sarkozy qui a juré, lorsqu'il est arrivé à la tête de l'UMP, de cesser les petites phrases contre les uns et les autres. On voit qu'il a du mal à s'y tenir mais, de ce point de vue-là, il bénéficie d'une plus grande marge de manœuvre que ses concurrents car il est Président de l'UMP, on peut donc plus difficilement l'accuser de jouer les diviseurs. De plus, dans un parti extrêmement légitimiste, Nicolas Sarkozy peut se permettre des transgressions sans que ça lui soit reproché. Mais la réelle gageure pour tous les candidats, c'est d'affirmer leur différence sans se mettre à dos toute une partie de l'électorat de l'UMP.

Quelles stratégies ont pu être observées jusqu'alors ? À quelles subtilités de positionnement assiste-t-on ?

François Fillon a été le premier à tenter de se différencier de Nicolas Sarkozy dès septembre 2013, et il s'est brûlé les ailes en appelant, entre PS et FN, à voter pour "le moins sectaire" au second tour des élections municipales. Aujourd'hui, Bruno Le Maire adopte une stratégie similaire qui consiste à se droitiser pour occuper un espace un peu moins convoité que l'aile modérée de l'UMP. Mais celui qui affirmait, il y a quelques mois, qu'il ne reviendrait pas sur le mariage pour tous, risque, comme François Fillon, de brouiller son image. Le problème, c'est que l'on est  face à des prises de positions tacticiennes et les électeurs le ressentent. Le risque est donc grand d'y perdre sa crédibilité.

Les candidats sont-ils tous confrontés  aux mêmes difficultés entre Alain Juppé par exemple qui jouit déjà de la figure du principal opposant et d'autres personnalités moins crédibles ?

Alain Juppé n'a, en effet, pas grand-chose à prouver, il doit seulement éviter les faux pas tout en affirmant son ADN : une droite modérée, qui combat le FN et prône l'alliance avec le centre. Ainsi, le 23 mars, lors d'un meeting, il affirmait à propos des repas de substitution : "A Bordeaux, on sert depuis très longtemps des repas où on peut choisir entre viande ou poisson, viande ou pas viande... Cela n'emmerde personne". Il trace son sillon, négligeant volontairement la droite de l'UMP sans la braquer et pariant sur le soutien du centre. La tâche est plus compliqué pour NKM, Xavier Bertrand ou Bruno Le Maire que l'on a du mal à identifier politiquement. Ils n'ont pas réussi à se démarquer, on ne sait pas exactement ce que contient leur épicerie politique. Seul Laurent Wauquiez, conseillé par Patrick Buisson, a réussi à construire une identité forte en militant contre "l'assistanat" et  la construction européenne. Nicolas Sarkozy, lui, est soumis à un impératif différent. Parfaitement identifié politiquement, cet avantage c'est transformé en handicap et durant la campagne de 2012. Il s'est mis à dos tout un électorat modéré qui a préféré voter François Hollande. Tout en continuant à séduire l'aile droite de l'UMP, l'ancien président doit aujourd'hui se réconcilier avec l'aile modérée. C'est pour cette raison qu'il a regretté, le 7 avril, le débat sur l'identité nationale qu'il a initié durant son quinquennat.

Jusqu'où peuvent-ils aller dans cette différenciation, quelles sont les marges de manœuvre ? Qu'est-ce qui ne serait pas accepté par les sympathisants ?

A vouloir aller trop loin dans la différenciation, il existe trois risques majeurs. Le premier consiste à se couper, idéologiquement, de la masse des militants de l'UMP. Alain Juppé est, de ce point de vue-là, le plus téméraire. Mais il reste prudent. Lors des partielles du Doubs, par exemple, il a pris garde, tout en affirmant qu'il voterait PS pour faire barrage au FN, de ne donner aucune consigne aux électeurs. Le deuxième risque pour les candidats est de se "cornériser", de ne répondre aux attentes que d'une partie de l’électorat. C'est le cas de Laurent Wauquiez dont le positionnement correspond à un segment restreint des sympathisants UMP. Le troisième écueil, peut-être celui qui a coûté la victoire à Nicolas Sarkozy en 2012, c'est de se mettre à dos non pas les militants "de base", la "France d'en bas" de l'UMP, mais les cadres et les classes dirigeantes qui sont l'électorat naturel de parti. En droitisant son discours, en se concentrant sur les classes populaires, Nicolas Sarkozy s'est opposé toute une droite bien-pensante, "chiraquienne", qui est allé voter Hollande.

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Orchidee31
- 13/04/2015 - 17:28
Les Juppe Fillon et les autres....
Sauf Le Maire et Mariton, n'ont pas eu les c..... d'affronter Sarko a la présidence de l'UMP et maintenant à les entendre c'est grâce à eux que
Tout est en bonne voie, on croit rêver ou plutôt on cauchemarde - quoiqu'on en pense Sarko a eu le courage d'y aller, et la décision n'a pas dû être simple - et qu'on le veuille ou non, n'en déplaise à certains le calme est revenu à l'UMP et les municipales et les départementales ont été gagnées alors ce n'est pas si mal - quant à Juppe et aussi Fillon ça leur monte à la tête, ils s'y voient déjà - ils sont d'une mauvaise foi évidente et ne pensent qu'à détrôner Sarko mais rien n'est joué - les électeurs et sympathisants n'oublieront pas que Juppe est le pote à Bayrou et qu'il est d'accord sur bien des sujets avec le PS et que Fillon est le maître d'œuvre de la dernière affaire, entre autre, avec son copain Jouyet, ou Sarko est ressorti comme témoin assisté car les juges n'ont rien à se mettre sous la dent - quant à Juppe c'est le candidat rêvé de la gauche, des médias et des sondeurs. - mais heureusement, je l'espère, les Français ne sont pas dupes de leurs manigances -
bern4243
- 13/04/2015 - 16:33
que sarkozy fasse pour une fois ce qu'il dit!!
sarkozy avait presque juré craché que s'il était battu on n'entendrait jamais parlé de lui en politique , alors qu'il respecte sa parole et qu'il ne "cocufie" pas les gens !! je suis vraiment un déçu du sarkozysme , il n'a pas fait les réformes qu'il fallait faire , il a refusé que le peuple prenne la parole ; il est temps de tourner la page de tous ces politicards des années 70 90 qui mentent comme ils respirent qu'ils soient de gauche ou de droite!! place au quadra , que ceux ci renversent la table ; en tout cas pour moi j'ai fait mon choix et éventuellement mon non choix
Benvoyons
- 13/04/2015 - 11:39
Pour les primaires il n'y a aucune difficulté avec Le Maire ou
Sarkozy car en effet les autres ne sont rien. Ils n'ont créé que des difficultés dans l'UMP même pendant le Triumvirat et en plus étaient totalement inaudible en tant qu’opposition. Il a fallu qu'il y ait une élection à laquelle ils ne se sont pas présentés (sauf Le Maire et Mariton) qui ont pris des risques. Les autres maintenant voudraient profiter de la nouvelle force du justement à Sarkozy, Le Maire et Mariton. Franchement les autres ne sont que des suceurs de roues, il n'y a rien à en attendre.