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Les prénoms ont une importance non négligeable
Dis-moi ton prénom, je te dirais qui tu es
De sa sonorité à sa connotation, les preuves de l’étonnant impact de votre prénom sur votre vie
Publié le 17 avril 2015
Attribuer un prénom à son enfant est loin d'être un acte anodin, il pourrait même s'agir d'une forme de stratégie sociale si l'on en croit une étude américaine publiée par PBS Digital Studios. Notre prénom aurait une influence non seulement sur notre comportement mais aussi sur notre parcours professionnel.
Danielle Rapoport est psychosociologue et dirige le Cabinet d’études DRC, spécialisé dans l’évolution des modes de vie et de la consommation, via une approche ethno-qualitative, auprès des consommateurs et d’équipes managériales en entreprises.
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Attribuer un prénom à son enfant est loin d'être un acte anodin, il pourrait même s'agir d'une forme de stratégie sociale si l'on en croit une étude américaine publiée par PBS Digital Studios. Notre prénom aurait une influence non seulement sur notre comportement mais aussi sur notre parcours professionnel.

De manière générale, le prénom d’un enfant exprime le désir des parents, et leur l’ancrage social et culturel. Les phénomènes de mode inspirent également leur choix. L’enfant naît et s’inscrit dans un environnement déjà structuré par la langue, les stimuli et l’environnement qui fondent sa personnalité et son identité. Par son autonomisation acquise au fil du temps, il pourra faire ses propres choix : donner du sens à son prénom, l’habiter, le porter avec fierté, ou au contraire le rejeter et en changer comme signe d’une appartenance choisie ou dans un souci de se démarquer de ses origines. Le prénom est un élément majeur de notre être au monde, l’émergence d’une entité propre et reliée à son histoire. Il influence donc notre vie dans tous les domaines, dans le regard et l’estime qu’on lui (se) porte et par l’image sociale qu’il renvoie.

Le délit de prénom

Dans les cas cités par l'étude publiée par PBS Digital Studios' BrainCraft (Plus de Philippe chez Philips Morris ou encore plus de Louis dans la société St Louis, voir résultats ici), il peut s’agir d’un paternalisme professionnel qui peut mettre en confiance, de critères de sélection plus subjectifs, comme si s’appeler comme le dirigeant d’une société ou l’entreprise éponyme pouvait garantir un plus grand engagement de l’employé dans son travail ! De la même manière, choisir une entreprise qui porte le même prénom que soi peut, inconsciemment ou pas, être valorisant y compris par rapport aux autres. Des employés prénomment parfois leur fils comme l’entreprise qu’ils apprécient et ces derniers y feront carrière comme leur père.

Les employeurs sont sensibles aux prénoms de leurs employés dans la mesure où ils révèlent un niveau de classe, d’éducation, un milieu socioculturel et peuvent les rassurer, selon les cas. Mais ils sont sensibles aussi à l’origine des demandeurs d’emploi. On a pu constater des délits de prénoms, pour des personnes dont le poste était quasiment acquis via leur CV anonyme, mais qui se sont vues refuser un poste qui leur était pratiquement acquis quand leur prénom d’origine étrangère a été dévoilé !

Les prénoms qui rendent beau

Les sonorités d'un prénom ont une influence sur l'attrait physique d'une personne. C'est ce que révèle une étude en 2004 d'Amy Perfors citée par Nicolas Guéguen dans son ouvrage Psychologie des prénoms (Dunod). La chercheuse en sciences cognitives au MIT à Boston a sélectionné 24 photographies de visages d'hommes et de femmes de 24 à 27 ans. Celles-ci ont été proposées à des internautes d'un site de rencontres américain. Il leur a été demandé d'évaluer la beauté physique de chacun des portrait. Les résultats de l'expérience ont montré que pour un même visage, l'estimation de la beauté variait en fonction du prénom qui lui était accolé. L'étude des sonorités a établi que les prénoms masculins provoquent un attrait physique plus grand s'ils contiennent des voyelles en avant (Dave, Graig,...) que s'ils sont associés à des voyelles en arrière (Luke, John,...). Pour les femmes, c'est l'inverse qui se produit. Les Laura ou Julie auront plus de chance d'engendrer une évaluation physique positive que les Amy ou Jill. Cette expérience montre que l'harmonie des sonorités d'un prénom influencent la façon dont les autres vont nous percevoir et interagir avec nous. Un prénom harmonieux provoquera une sympathie spontanée et un attrait physique plus élevé.

Le choix du prénom limite les perspectives d'évolution sociale

Les prénoms prennent racine à la fois dans les héritages familiaux (appeler son enfant comme un des grands-parents décédés) la culture populaire (les "héros" à la mode, adulés par les parents…) les référents traditionnels (les prénoms bien français comme Louis, Jules, Jean, Paul…), les grands classiques inspirés de la mythologie (Ulysse, Pénélope, Hyppolite…), l’exotisme, pour marquer l’origine familiale ou le désir d’originalité etc. C’est dire que choisir des prénoms pour ses enfants est d’une grande responsabilité. Les prénoms reflètent à la fois des affects, le besoin de transmission, des valeurs, de la distinction ou le besoin d’appartenance, ses propres désirs… Sachant que les adolescents ou les adultes n’auront pas forcément envie de s’identifier aux fantasmes et projections de leurs parents. Le risque de s’appeler aujourd’hui Kévin ou Jennifer est d’être identifié à une appartenance culturelle reflète d’une mode éphémère, contrairement aux prénoms classiques, bourgeois, inscrits dans une histoire, enracinés, rassurants…

Le prénom trahit l'origine sociale

Les choix des prénoms s’inspirent aussi des évolutions sociétale générales. Aujourd’hui, notre besoin de valeurs sûres et d’affirmation culturelle poussent à choisir des prénoms "fondateurs" et porteurs de sens, comme ceux issus de l’Ancien testament (Sara, Abigaël, Nathan, Gabriel(le), Lazare…), ou rétro et très français (Léo ou Léon, Marcel, Louise, Gaspard), ou pour les nostalgiques identitaires,  reliés à leurs régions d’origine. Le succès de films ou de roman, comme Madame Bovary – grand classique - a donné un lot de Emma fort à la mode. Il est vrai que la mode des prénoms reflète souvent les catégories sociales, mais aujourd’hui les repères se brouillent : un "Marcel" peut être autant urbain/bobo que rural/traditionnel, un Jacques peut avoir 70 ans ou valoriser une jeune maman en quête d’originalité (mais les Raymonde ne sont pas encore dans le top 10 des prénoms féminins !) Et n’oublions pas l’importance des sonorités et du "design sémantique" des prénoms.

Le prénom comme stratégie sociale

Les deux hypothèses – marquer ou masquer l’appartenance – sont possibles mais montrent en soi le besoin de se rassurer face à un statut… ce qui révèle une fragilité, un manque d’enracinement ou un décalage entre sa catégorie d’origine et celle vers quoi l’on tend. Il s’agit toujours de la question de savoir ce que l’on désire dans le choix du prénom : la réalisation optimisée de la propre vie des parents ou de celle de l’enfant ! Ce qui montre les limites d’une « stratégie » de convenance sociale car l’effet boomerang est possible. Le dévoilement de cette stratégie se fera (ou pas selon les cas) car le vocabulaire, la gestuelle, le niveau culturel… qui pourront « trahir » l’ancrage social parental ! Mais aujourd’hui les origines culturelles ne signent pas à elles seules l’identité acquise des individus. Une histoire drôle et juste illustre bien le propos et : quelle est la différence entre un ouvrier et un médecin ? Une génération !

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