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Le coût de l'obésité est estimé à 2000 milliards de dollars dans le monde.
Il n'y a pas que le tabac

Plus de 6 milliards par an : le coût effarant de l’obésité (dont personne ne semble se préoccuper)

Publié le 23 novembre 2014
Le coût économique de l'obésité au niveau mondial est estimé à 2 000 milliards de dollars par le cabinet de conseil McKinsey. En France, les études similaires menées ces dernières années, corrélées avec la progression du taux d'obésité, permettent de l'établir à un peu plus de 6 milliards d'euros.
Arnaud Cocaul est médecin nutritionniste. Il est membre du Think Tank ObésitéS. Il a dernièrement écrit Le S.A.V. des régimes aux éditions Marabout.
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Le coût économique de l'obésité au niveau mondial est estimé à 2 000 milliards de dollars par le cabinet de conseil McKinsey. En France, les études similaires menées ces dernières années, corrélées avec la progression du taux d'obésité, permettent de l'établir à un peu plus de 6 milliards d'euros.

Atlantico : Selon une étude du cabinet américain Mc Kinsey, l'obésité à travers le monde coûterait près de 2 000 milliards de dollars par an. En France, compte des dernières études effectuées et de la progression de l'obésité, on peut évaluer à ce coût à un peu plus de 6 milliards d'eurios (lire ici un rapport remis au Sénat en 2004). A partir de quelle méthodologie est-il aujourd'hui possible d'arriver à ce résultat ?

Arnaud Cocaul : On peut prendre en compte les coûts directs attribuables à l'obésité en colligiant les dépenses de santé engendrées par des pathologies dont on connaît le lien avec l'obésité comme le diabète de type 2, les maladies cardio-vasculaires comme l'hypertension, certains cancers (on sait que 30% des cancers ont un lien avec l'alimentation), certaines pathlogies rhumatologiques et les interventions chirurgicales qui peuvent en découler (prothèses de genoux, de hanches), les pathologies pulmonaires (asthme, apnées du sommeil ). Et on peut considérer les coûts indirects liés à la baisse de productivité par le chômage, les arrêts de travail, les hospitalisations, les remboursements de médicaments. On peut partir soit des chiffres de l'ensemble de la collectivité en en tirant la part attribuable à l'individu, soit de l'individu malade, et on extrapole alors les chiffres.

Si l'on prends en compte ces critères, quel pourrait être le coût pour la France ?

On peut se référer à 2 études en France datant de 1995 et 2000 et qui considèrent la dépense entre 5 et 12 milliards de francs français soit 1 à 2 % des dépenses de santé. Les chiffres sont fortement sous-évalués pour différentes raisons, cartains patients ne se font pas traiter, les certificats de décès ne colligent pas la notion d'obésité comme cause potentielle de la mort. Les pathologies attribuables à l'obésité sont difficiles à cerner car les causes sont multiples et l'obésité est plurielle, on devrait parler des obésités. Ainsi dans les études rien n'est dit du coût des perturbateurs endocriniens et de la pollution de nos villes en partie par les microparticules comme sources potentielles d'obésités. Or des recherches scientifiques récentes établissent que l'exposition chronique à des perturbateurs endocriniens peut influer sur notre poids en nous amenant à nous protéger en prenant du poids via l'augmentation de notre réserve de cellules adipeuses qui vont stocker les polluants afin de protéger au mieux les organes nobles comme le cerveau et les organes reproducteurs. Cela n'est pas chiffré et est l'une des causes de la sous-évaluation des chiffres de l'obésité en France comme dans le monde. On doit certainement être plus proche de 5 voire de 7% des dépenses de santé dans notre pays attribuable à l'obésité

Quelle évolution du nombre de personnes obèses observe-t-on en France ?

15% de la population adulte est obèse et 30% en surpoids avec des disparités régionales (le nord, l'est sont plus touchés que la Bretagne ou Paris intramuros ou que la région PACA hors Corse). Un gradient socio économique est évident dans cette pathologie, le chômage, l'insécurité financière et donc alimentaire poussent à faire des choix moins vertueux en alimentation. Les accès aux équipements sportifs sont moindres si le niveau économique est moindre. Le temps de trajet s'allonge dans les grandes villes car les gens plus modestes qui travaillent sont repoussés de plus en plus en dehors des centres ville. Les chiffres des 15 à 25 ans inquiètent car on note une dégradation de leur poids. Les femmes sont plus touchés par l'obésité massive, les hommes par le surpoids

La France était jusqu'à présent relativement protégée par l'une de ses traditions, à savoir le repas familial. Quels sont les autres éléments spécifiques à notre culture et qui nous protègent de l'obésité ?

Une meiileure tenue des horaires de repas, le temps accordé à manger (en moyennee 2h22 par jour), l'absence ou la résistance au snacking malgré la pression de l'agro alimentaire, le fait de manger assis, de dresser la table, d'apprécier ce que l'on porte en bouche en développant la curiosité du goût, l'éducation du goût grâce à des apprentissages dès les écoles primaires, le succès des émissions culinaires, la volonté de manger local, de respecter malgré tout les saisons, l'importance du terroir français avec l'ouverture aux autres cultures culinaires, le fait de considérer que la nourriture répond à un besoin physiologique mais également apporte du plaisir à partager.

Et à l'inverse, certaines peuvent-elles être qualifiées de mauvaises habitudes ?

La sédentarité croissante, l'absence d'espaces verts dans notre socitété urbaine, le fait de manger plus rapidement y compris debout (succès des street food avec les food trucks), le manque de sommeil chez les jeunes source potentielle de prise de poids, la solitude de nos villes avec l'isolement de personnes qui mangent mal, le mauvais état dentaire de 50% de la population qui ne peut pas mâcher correctemernt pour des raisons avant tout économiques, le stress mal géré dans notre société où on veut tout, tout de suite, la volonté des femmes françaises y compris de poids normal de se mettre aux régimes, même les plus restrictifs ce qui favorise le rebond pondéral et l'émergence de troubles du comportement alimentaire, l'augmentation évidente des portions. Il est aberrant que les circuits de cinéma confondent cinéma et culture avec stand de confiserie ouvert en permanence avec réductions sur ces produits offerts, à la caisse les sollicitations permanentes entraînent des déreglements des signaux de faim et de satiété.

Enfin, il faut souligner l'absence de regard vers le futur de nos politiques, nous sommes rentrés dans une fabrique d'obèses et la soultion de ce problème pluriel est multidiscipliniaire et implique les économistes, les poltiques, les sociologues, les urbanistes, les architectes, les psycohlogues, les médecins, les associations de consommateurs, les distributeurs, les industriels, les agriculteurs, bref la société entière car si on parle du réchauffement on peut parler également de l'explosion des obésités.

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