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Commerce extérieur européen : les secrets de la domination allemande.
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Commerce extérieur européen : les secrets de la domination allemande
Publié le 21 novembre 2014
L’évolution du commerce extérieur des grands pays de la zone euro permet de mettre en évidence la prépondérance allemande en matière d’exportations. Si l’économie allemande écrase bien la concurrence, les causes de cette domination sont moins à rechercher dans la compétitivité que dans l’adéquation d’une production aux besoins des pays les plus dynamiques, Chine en tête.
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L’évolution du commerce extérieur des grands pays de la zone euro permet de mettre en évidence la prépondérance allemande en matière d’exportations. Si l’économie allemande écrase bien la concurrence, les causes de cette domination sont moins à rechercher dans la compétitivité que dans l’adéquation d’une production aux besoins des pays les plus dynamiques, Chine en tête.

Le 10 novembre dernier, le département des études économiques du groupe Crédit Agricole publiait une large étude disséquant les tendances du commerce extérieur des membres de la zone euro "les exportations des grands pays de la zone euro : changement de rythme ou mutation?". La cartographie ainsi réalisée permet d’appréhender plus en détail les tendances en cours au sein de la zone euro.

Dans un premier temps, ce sont les dynamiques à l’export qui sont analysées :

"Parmi les quatre grands pays membres de la zone euro, c'est en Espagne que l'on observe le plus fort rebond des exportations depuis la crise, surtout dans le secteur des biens. L’Allemagne a également dépassé le montant d’exportations de 2008, avec une performance comparable des biens et des services. Le cas français est particulier : les exportations de services ont fortement augmenté, alors que celles de biens tardent à se redresser. Enfin, l’Italie est le seul pays parmi les quatre à ne pas avoir retrouvé son niveau d’exportations de 2008."

Cliquez sur les graphiques pour les agrandir

 

Il apparaît ainsi que les quatre grands pays de la zone euro sont sur la voie du redressement concernant leurs exportations, à des degrés divers :

>> Lire également l'Etude du Crédit Agricole sur les exportations des principaux pays de la zone euro

Si l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont pu retrouver une balance commerciale positive, ce n’est pas encore le cas de la France. Mais il apparaît que chaque pays a pu augmenter sa propension à exporter.

Ici, une différence majeure intervient. Alors que les exportations de la France, de l’Italie et de l’Espagne représentent environ 30% de leur PIB, l’Allemagne "exporte" l’équivalent de 50% du sien. C’est ainsi que l’Allemagne dispose de la plus large part de marché dans le commerce mondial (pour un pays européen):

Une situation qui est analysée par le Crédit Agricole : "La montée en puissance des exportations des grands émergents (et chinoises en particulier) depuis le début des années 2000 a empiété sur les marchés d’exportation des entreprises européennes. Depuis 2009, la reprise du commerce mondial a été sensiblement plus forte que celle des exportations des pays européens, ce qui a réduit mécaniquement les parts de marchés de ces derniers. Les quatre grands pays de la zone euro ont ainsi perdu entre 0,2 et 1 point de pourcentage de part de marché entre 2008 et 2013. C'est l'Allemagne qui a subi la perte la plus importante parmi les quatre pays, mais elle demeure de loin le champion européen des exportations avec une part de marché d’environ 9% des exportations mondiales, soit l'équivalent des exportations françaises (4% du marché mondial), italiennes (3%) et espagnoles (2%) cumulées."

 

Car si l’Allemagne dispose de la plus grande force exportatrice européenne, elle est également celle qui est le plus tournée vers l’extérieur de la zone euro, à hauteur de 64%  du total de ses exportations de biens. Une situation qui se vérifie également par la diversification des débouchés de l’économie allemande :

Une diversification qui a permis au pays de bénéficier des marchés les plus dynamiques pendant la crise. "D'une manière générale, la demande provenant des principaux marchés destinataires des quatre grandes économies de la zone euro devrait croître au cours des cinq prochaines années. Toutefois, un certain nombre de marchés se distinguent par un dynamisme attendu plus prononcé de leurs importations. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine notamment (autour de 6% de croissance des importations en moyenne), du fait d'une reprise marquée de l'activité pour les deux premiers, et grâce au développement de la consommation intérieure pour le dernier. Dans ce contexte, l'Allemagne devrait pouvoir tirer parti de ce dynamisme : en 2013, près d’un quart de ses exportations étaient destinées à ces trois marchés, avec un poids croissant de la Chine"

Ainsi, le poids croissant de la Chine dans les échanges internationaux depuis le début des années 2000 est une cause majeure du succès des exportations allemandes et de son économie. Une situation qui avait pu être analysée plus en détail en 2013 par la recherche économique de Natixis dans une note intitulée : Echanges commerciaux avec la Chine : peut-on comprendre les différences entre les pays ?

Afin d’obtenir une réponse à cette question, ce sont les besoins en provenance de Chine qui vont être analysés :

Les familles de produits dont la Chine a besoin se trouvent être les biens d’équipements, le matériel de transport mais également les biens intermédiaires. Il reste alors à identifier les champions exportateurs de ces secteurs afin de connaître le nom des "gagnants" pour vendre au marché chinois.

En effet miroir, les pays spécialisés dans les familles de produits dont la Chine a besoin sont : l’Allemagne, le Japon et l’Italie. Natixis vient alors conclure :

"La Chine a donc surtout besoin d’importer des biens d’équipement, du matériel de transport et des biens intermédiaires, ce qui correspond bien à la spécialisation productive du Japon, de l’Allemagne et de l’Italie pour les biens d’équipement et le matériel de transport. Elle peut aussi expliquer la faiblesse des importations de l’Allemagne et de l’Italie depuis la Chine. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont un déficit commercial anormalement élevé vis-à-vis de la Chine, quand on les compare au Japon, à l’Italie, à l’Allemagne.

Nous avons regardé la compétitivité-coût des pays, le poids des produits chinois dans les marchés intérieurs des pays, le poids des pays dans le marché chinois. Ceci nous montre que les causes probables du déficit commercial vis-à-vis de la Chine, des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni :

- ne sont pas la compétitivité ;

- ne sont pas le niveau de vie ou le niveau de gamme ;

- mais sont la spécialisation productive dans les biens d’équipement et le matériel de transport de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, qui accroissent la part de marché de ces pays en Chine et réduisent leurs importations depuis la Chine."

 

Si l’Allemagne a su tirer son épingle du jeu dans sa capacité d’exportation vers la Chine, la raison n’est pas à rechercher du côté de sa compétitivité, ni de sa gamme, mais tout simplement parce qu’elle disposait d’une offre de produits correspondant aux besoins d’une Chine en plein développement. 

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