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Angela Merkel fait une nouvelle fois passer les intérêts allemands avant ceux de l’Europe.
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Clash avec Cameron sur l’immigration : et Angela Merkel fit une nouvelle fois passer les intérêts allemands avant ceux de l’Europe
Publié le 04 novembre 2014
Selon Der Spiegel, Angela Merkel aurait averti le Premier ministre britannique qu'elle serait prête à envisager la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE si cette dernière cherchait à revenir sur Schengen. Mais cette fois-ci, la Grande-Bretagne n'est pas seule...
Laurent Chalard est géographe-consultant, membre du think tank European Centre for International Affairs.
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Selon Der Spiegel, Angela Merkel aurait averti le Premier ministre britannique qu'elle serait prête à envisager la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE si cette dernière cherchait à revenir sur Schengen. Mais cette fois-ci, la Grande-Bretagne n'est pas seule...

Atlantico : Austérité économique et budgétaire, rôle limité de la BCE, et maintenant l'immigration... L'Allemagne défend-elle une fois de plus ses intérêts au détriment de ses partenaires européens ?

Laurent Chalard : La situation est plus complexe que cela. Le Royaume-Uni a tendance à jouer cavalier seul depuis le début de la construction européenne, étant réticent à toute forme d’approfondissement, le pays ne faisant par exemple pas partie de la zone euro ou de l’espace Schengen. Il faut rappeler qu’au temps de Margaret Thatcher, les britanniques ne souhaitaient pas payer plus que ce qu’ils contribuaient au budget de la CEE, ce qui a été immortalisé en 1979 par la célèbre formule : « I want my money back ».

En conséquence, il est logique qu’un des deux moteurs de l’Union Européenne avec la France finisse par s’énerver de ce jeu, la question de la libre circulation des personnes, un des principes fondamentaux de l’Union, n’étant que la petite goutte d’eau qui vient faire déborder le vase, suite à un long contentieux entre le Royaume-Uni et les autres pays membre de l’Union Européenne, dont l’Allemagne. En effet, l’attachement allemand en la matière est partagé par la majorité des autres pays européens. L’Allemagne n’est pas complètement isolée sur cette question.

La faible pression démographique allemande est-elle seule responsable de cette virulente prise de position ? L'Allemagne a-t-elle désormais pris le parti de faire cavalier seul dans la prise de décision européenne ?  

Outre le cavalier seul britannique, il est vrai que concernant la question de la libre circulation des personnes, et son corollaire la possibilité d’immigrer d’un pays européen vers un autre, la situation démographique spécifique de l’Allemagne peut expliquer aussi sa prise de position.

Etant donné une très faible natalité depuis plus de 40 ans (autour de 1,4 enfant par femme), l’Allemagne va être confrontée dans le futur à une réduction du volume de sa population active, aussi bien pour les emplois qualifiés que ceux non qualifiés, ce qui risque de mettre à mal les perspectives de croissance du pays, dans un contexte de faible chômage.

Il s’en suit donc une forte pression des milieux économiques germaniques pour laisser grande ouverte les portes à l’immigration, en particulier de l’est de l’Europe, ce qui passe par le maintien de la libre circulation des personnes au sein de l’Union Européenne.

On peut effectivement considérer sur ce plan que l’Allemagne défend ses intérêts, ce qui cependant apparaît de bonne guerre. Les britanniques font de même !

Reste que l'Angleterre n'est cette fois-ci pas esseulée sur la scène européenne. D'autres voix (et pas systématiquement des partis d'extrême droite) se sont également élevées pour appeler à une réforme de l'espace Schengen. Quels sont les chiffres de l'immigration, en France et en Grande-Bretagne mis en perspective avec l'Allemagne, qui justifient ce nouveau clivage sur la scène européenne ? Quelles en sont les spécificités par rapport au marché du travail ?

Plus qu’une question d’immigration, c’est une question de démographie. En effet, la France et le Royaume-Uni renouvellent presque leurs générations (entre 1,9 et 2 enfants par femme actuellement), ce qui fait qu’ils peuvent envisager le maintien du volume de leur population active actuelle sans avoir recours à une immigration massive, ce qui n’est pas du tout le cas de l’Allemagne (ou de l’Italie par ailleurs).

Ces deux pays voient donc plus l’immigration comme un potentiel poids si elle ne se compose que d’une main d’œuvre peu qualifiée, qui aura potentiellement droit aux minimas sociaux, que comme un besoin vital pour la croissance de leur économie, d’autant plus que le chômage est élevé en France et que les personnes ne participant pas au marché du travail sont nombreuses au Royaume-Uni (chômage caché). Or, le solde migratoire du Royaume-Uni demeure très élevé (+ 243 000 personnes entre mars 2013 et mars 2014), sachant que pour la France, les données officielles n’étant pas fiables, il est impossible de faire une comparaison pertinente.

Pour apaiser Mme Merkel, David Cameron pourrait maintenant être en train de modifier ses plans initiaux et se contenter de proposer d'imposer des quotas sur l'immigration peu qualifiée au sein de l'UE... Angela Merkel a reconnu l'existence de problèmes, mais peut-elle céder à cet étirement des règles existantes ? De quelle main-d'oeuvre l'Allemagne a-t-elle besoin ?

La proposition de David Cameron est cohérente avec la situation démographique de son pays, qui n’a pas besoin de beaucoup d’immigrés, surtout peu qualifiés, d’où sa proposition de quotas pour ces derniers. Par contre, étant donné la situation démographique fragile de l’Allemagne, le pays ayant besoin à la fois de migrants qualifiés et peu qualifiés, auquel il faut ajouter le passé nazi du pays qui limite la marge de manœuvre du gouvernement sur cette question auprès de son opinion publique, il y a très peu de chances qu’Angela Merkel accepte une quelconque remise en cause de la libre circulation des personnes au sein de l’Union Européenne, que ce soit à travers des quotas ou d’autres limitations.

En effet, l’Allemagne a besoin d’une main d’oeuvre peu qualifiée importante dans son industrie pour remplacer les générations nombreuses qui commencent à partir à la retraite.

En finir avec Schengen est-il la seule solution ? N'est-il pas possible de concilier les intérêts de ceux qui souhaitent freiner l'immigration d'un côté, et de l'autre satisfaire aux besoins de ceux qui ont tout à gagner d'une immigration plus soutenue ?

La libre circulation des personnes est un acquis important de l’Union Européenne et la remettre en cause constituerait probablement le signe précurseur du démantèlement de la construction européenne. Il s’avèrerait donc risqué politiquement pour les dirigeants européens de s’engager dans cette voie, sauf pour les eurosceptiques, tels que les britanniques.

Cependant, les besoins divergents selon les pays, conséquences de situations démographiques fortement différenciées, sont sources de tension importantes pour le futur. Pour l’instant, il n’existe pas réellement de modèle viable pour la bonne raison que personne n’y avait réfléchi jusqu’ici ! Il s’agit donc désormais aux dirigeants européens d’y penser plus longuement, d’autant plus qu’émerge un problème : certaines populations immigrées pour des raisons historiques (anciens peuples colonisés) se dirigent de manière privilégiée vers des pays où ils ne sont pas forcément le bienvenu, plutôt que vers d’autres où leur présence serait souhaitée. Par exemple, l’immigration d’Afrique Noire se dirige essentiellement vers la France et le Royaume-Uni et pas vers l’Allemagne, où les perspectives de trouver un emploi sont pourtant bien meilleures.

Propos recueillis par Franck Michel

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vangog
- 05/11/2014 - 00:32
Que ceux qui sont les plus gênés s'en aillent!
N'est-ce-pas Angela?...
Clodo31
- 04/11/2014 - 18:32
Il faut
envoyer des Français et des Anglais s'occuper des Allemandes et des Italiennes et le problème sera réglé.....