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René Girard est mort le mercredi 4 novembre.
©wikipédia

La philo pour les nuls

La France des réseaux sociaux en deuil de René Girard (non ce n'est pas du foot)

Sur Twitter et Facebook, René Girard talonne Benzéma. La philo est vraiment un sport de combat.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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La France n'est peut-être plus que l'ombre d'elle même en termes technologiques (on aurait aimé que Peugeot, plutôt que Volkswagen, soit capable d'inventer le logiciel qui réduit magiquement les émissions polluantes des moteurs diesel), mais elle reste une nation d'intellectuels sophistiqués et férus de pensée complexe.

 

La disparition de René Girard fait ainsi tellement de vagues sur les réseaux sociaux qu'on ne peut que rester baba devant la popularité insoupçonnée du théoricien du désir mimétique auprès des twittos et autres Facebook friends. A l'heure où j'écris ces lignes, le hashtag #RenéGirard est en troisième position des « trending topics » sur Twitter, soit médaille de bronze des sujets les plus discutés sur la plateforme, juste derrière #Benzema (un sportif impliqué dans une affaire de sex tape) et #TuSaisQueTuEsVieuxQuand (une collection d'aphorismes sur l'inexorable passage du temps).

 

Les mauvaises langues pourraient laisser entendre qu'une certaine confusion existe entre le prestigieux penseur et son homonyme entraîneur de foot, mais c'est bien la raison pour laquelle on les qualifie de mauvaises langues. Je crois au contraire qu'une majorité de Français se passionne pour les questions fondamentales explorées par Girard tout au long de sa vie, d'autant plus qu'elles rejoignent largement les préoccupations de l'ancien milieu de terrain devenu coach.

 

Le concept majeur élaboré par Girard 1 (la tête), dit de la violence mimétique, suggère que c'est le désir de l'appropriation du même objet par deux groupes antagonistes qui génère le conflit, la lutte israélo-palestinienne pour le contrôle du mont du Temple/esplanade des mosquées étant dès lors comparable à celle que mène Girard 2 (les jambes) pour la coupe de France d'une saison à l'autre. On constatera d'ailleurs dans les deux cas qu'il s'agit d'une lutte par définition interminable, au sens où elle ne peut être résolue que par la disparition de l'enjeu (le lieu sacré et la compétition sportive), ce qu'aucun des groupes concernés ne saurait accepter (les religieux et les supporters).

 

Bref, ce que nous disent les deux Girard, c'est qu'on n'est pas sorti de l'auberge. Et çà, les twittos l'ont bien compris.

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