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Alliances en vue ?

Un accord Fillon-Bayrou laisse-t-il un autre choix à Emmanuel Macron qu’une alliance rapide avec la gauche ?

Alors que "Le Canard Enchaîné" a évoqué ce jeudi 29 décembre une possible alliance entre François Bayrou et François Fillon en vue de la présidentielle, l'hypothèse semble peu crédible.

Xavier Chinaud

Xavier Chinaud

Xavier Chinaud est ancien Délégué Général de démocratie Libérale et ex-conseiller pour les études politiques à Matignon de Jean-Pierre Raffarin.

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Atlantico : Le Canard Enchaîné évoquait ce jeudi 29 décembre au matin une possible alliance entre François Fillon et François Bayrou dans le cadre de l'élection présidentielle. Si ce pacte venait à se concrétiser, quelles en seraient les conséquences pour Emmanuel Macron ? Dans quelle mesure pourrait-il être bénéfique pour lui de se "rallier" à la gauche ?

Xavier Chinaud : "Ne jamais croire tout ce que qu’écrit le Canard" dit-on en politique… l’incertitude, rare pour une présidentielle à 4 mois de l’échéance, ouvre un temps d’intox politique et de supputations. Ce serait mal connaitre les deux hommes que d’imaginer un pacte du type "tu me contiens Macron et je te donnerai des circonscriptions"

A plusieurs reprises depuis le 27 Novembre, F. Bayrou s’est exprimé sur le projet de F. Fillon, déclarant notamment qu’il pensait que celui-ci a été le point de rencontre de la droite mais doutant qu’il soit en l’état susceptible de remporter l’adhésion d’une majorité de Français. 

Dominique de Villepin l’a rejoint sur ce point mi-décembre en affirmant que la présidentielle n’a rien à voir avec le combat de la primaire et que si la droite se rétrécissait sur son socle, elle n’aurait aucune chance de gagner en mai prochain. D’autres voix au sein même des républicains se sont exprimées sur le même thème et un certains nombre de modérés ont déjà rejoint les rangs d’En Marche.

Cette idée d'alliance ressemble d’avantage a une intox pour forcer la main d’un Bayrou qui a choisi d’attendre la mi-février et la publication d’un livre politique de fond avant de choisir entre Fillon, Macron ou... lui-même.

Cette idée d’alliance se nourrit sur le fait qu' E. Macron, bien que possiblement bénéficiaire d’un M. Valls en échec, a besoin de F. Bayrou pour incarner ce que ce dernier représente depuis longtemps en terme de majorité d’idées et de coalition.

Un "ralliement" à la seule gauche d’E. Macron serait un rétrécissement et probablement vain tant il illustrerait une faiblesse politique.

Dans l'hypothèse d'un ralliement d'Emmanuel Macron à la gauche et alors que se tient dans moins d'un mois le premier tour de la primaire de la Belle Alliance populaire, quel serait le moment le plus opportun pour Emmanuel Macron pour procéder à ce rapprochement ?

La primaire socialiste aura lieu, sans Jean Luc Mélanchon et sans Emmanuel Macron.

A quoi servirait-il à l’un des deux de rejoindre une procédure qui ne mobilisera probablement pas beaucoup et qui à l’image de celle de la droite, risque de se transformer en jeu de quille, anti-Valls cette fois-ci ?

Ce que sera la donne politique en février ? Personne ne le sait.

La logique de "rapprochement" n’a ici pas de sens, il s’agit pour chaque candidat de rassembler les siens d’abord, sur un programme susceptible d’unir au-delà ensuite. 

Pour Emmanuel Macron la question est donc qui sont les siens et quel est son programme ? 

Politiquement, que risque Emmanuel Macron s'il continue de faire cavalier seul ? 

La vie politique ne s’arrêtera pas en mai prochain après le deuxième tour de la présidentielle, mais celle de certains de ses acteurs sera fonction des choix et des résultats…

L’offre partisane est insatisfaisante, nos institutions ont besoin d’évoluer, seuls joueront un vrai rôle dans les 5 ans à venir, au-delà du Président et de ses gouvernements, ceux qui seront capables de contribuer utilement, d’unir sur des valeurs et une pensée identifiable au sein de mouvements politiques cohérents.

Il n’a pas été besoin d’une armée autour de V. Giscard d’Estaing pour emporter la présidentielle de 1974, une équipe professionnelle suffisait, parce qu’il y avait une pensée moderne, clairement  libérale sociale et européenne et parce qu’il y avait en germe une organisation partisane, l’UDF dont les membres partageaient l’essentiel.

Rester seul peut donner un magistère si l’on a une pensée, un rôle de supplétif si l’on a de l’ambition, mais ne construit pas de majorité.

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