Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
Crédits Photo: Reuters

2e round

Sarkozy contre la Justice : l'ancien président reprend le dessus... pour l'instant

Sur TF1, l'ex-chef de l'Etat est venu défendre longuement son honneur, pour convaincre les Français qu'il "n’a jamais trahi leur confiance".

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

Voir la bio »

"O rage, ô désespoir !... Qu'ai-je donc fait pour mériter tant d'infamie", aurait pu clamer Nicolas Sarkozy au 20H de TF1. Mis en examen pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de détournement de fonds publics libyens, l'ancien président est un homme indigné, blessé et en colère qui s'estime traité injustement, et attaqué dans son honneur. C'est cet honneur d'ancien chef de l'Etat qui a représenté la France pendant cinq ans qu'il est venu défendre longuement à la télévision afin de convaincre les Français qu"'il n’a jamais trahi leur confiance". Un plaidoyer qui a laissé peu  de place au présentateur Gilles Bouleau, pour "creuser" les détails d'un sujet qui a connu de nombreux rebondissements depuis que les premières allégations libyennes ont été lancées à travers Mediapart, au moment où Nicolas Sarkozy a reçu l'opposition libyenne à l'Elysée en 2011, avant de lancer l'offensive contre le régime de Kadhafi. L'ancien président n'a pas de mots assez durs contre le patron de Mediapart.

Nicolas Sarkozy  nie depuis toujours avec la plus grande énergie avoir bénéficié d'argent libyen pour financer sa campagne de 2007 et fait valoir que les accusations dont il est l'objet portent uniquement sur des témoignages  émanant d'anciens dignitaires libyens , dont le fils de Mouammar Kadhafi, la "bande Kadhafi" et de l'intermédiaire Ziad Takiedine, "un escroc" selon Nicolas Sarkozy, car l'authenticité d'un document attestant d'un  transfert d'argent est un faux. En fait cette authenticité est controversée, mais le caractère "faux" n'est pas établi. "Il n'y a pas  une preuve matérielle, il n'y a que la haine, la boue, la médiocrité, la calomnie", a lancé avec véhémence Nicolas Sarkozy. Quant à l'argent liquide qui a circulé pendant sa campagne, on ne parle pour l'heure que de 38.000 euros, une paille par rapport aux cinquante millions dont il aurait bénéficié. Nicolas Sarkozy a beau jeu de faire valoir qu'il n'a été questionné que là dessus et non sur les pseudo cinquante millions que la Libye aurait versé ... Ce qui met Nicolas Sarkozy hors de lui, c'est que l'on mette sur le même plan sa parole , celle "d'un ancien Président de la République" et celle d'"assassins, de criminels, de délinquants", des mots que les Français peuvent entendre .

L'ancien Président est-il traité de manière inéquitable ? Il s'efforce de montrer que c'est le cas... ." Je  ne suis pas au dessus des lois, je ne suis pas en dessous non plus". Excepté le fait qu'il ait pu rentrer dormir chez lui pendant quelques heures durant sa garde à vue, Nicolas Sarkozy raconte qu'il n'a été prévenu que dix minutes avant le début de sa garde à vue, que les juges lui ont  refusé le statut de témoin assisté, et  il s'indigne contre le contrôle judiciaire qui lui est infligé, (-D'ailleurs il va faire appel de ce contrôle, Thierry Herzog, son avocat l'a annoncé sur RTL ce vendredi matin), avec une mention particulière pour l'interdiction  de rencontrer l'ancien secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant  (soupçonné d'avoir acquis son appartement à travers des circuits opaques ) ,et Brice Hortefeux , son ami de quarante ans: " qu'est ce qui justifie de ne plus le voir?", questionne-t-il avant de prendre les Français à témoin : " Quand vous pensez que l'instruction a commencé il y a cinq ans... si j'avais eu à me mettre d'accord sur quoi que ce soit avec eux,(ndlr Guéant et Hortefeux), j'avais cinq ans pour le faire". Mais en même temps il a pris soin de se démarquer de ces deux protagonistes, ce qui laisse entendre que Nicolas Sarkozy érige une barrière entre sa personne et sa campagne électorale et que si procès il doit y avoir, ce sera chacun pour soi. De toute façon, a-t-il prévenu, "cela me prendra un an, cinq ans, dix ans, je pourfendrai cette bande et je ferai triompher mon honneur". Des mots quelque peu grandiloquents destinés à émouvoir autant qu'à convaincre et à rassurer les 48,5% des Français qui ont voté pour lui en 2012, même si aujourd'hui "la politique c'est fini" pour lui.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !