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Quand le parti travailliste britannique s’abîme dans un antisémitisme quasi assumé

Autrefois marginal, le courant antisémite au sein du parti travailliste anglais se fait de plus en voyant. Une épine dans le pied de Jeremy Corbyn, favori en cas d'élections anticipées pour le poste de Premier Ministre.

Bruno Bernard

Bruno Bernard

Anciennement Arthur Young.
Ancien conseiller politique à l'Ambassade de Grande-Bretagne à Paris, Bruno Bernard est aujourd'hui directeur-adjoint de cabinet à la mairie du IXème arrondissement de Paris.

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Atlantico.fr : La Commission des Droits de l'Homme a récemment demandé au Labour, de faire le ménage dans ses rangs face à la montée d'antisémitisme qu'il connait. Comment expliquer cette situation ? En quoi la "nouvelle ligne" politique du Labour peut elle être incriminée ? 

Bruno Bernard : Malheureusement pour lui, ce n’est pas la première fois que le Parti travailliste se retrouve dans une polémique liée à l’antisémitisme de certains de ses membres. Cette fois c’est un participant, Israélien de surcroit, à une table ronde lors de la conférence du parti à Brighton qui voulait remettre en cause l’existence de l’Holocauste. Ceci à amener le parti à renforcer ses règles pour lutter contre l’antisémitisme.
Jeremy Corbyn semble ne pas arriver à éradiquer ces relents d’antisémitismes qui de Ken Livingstone à Naz Shah en passant par Georges Galloway, au nom de la défense du peuple palestinien, ternissent l’image du parti travailliste britannique comme ils ternissent l’image des mouvements de gauche français que ce soit le Parti de gauche, les Verts ou l’extrême gauche française.

Certains affirment que ces accusations ont été inventées dans le but d'empêcher Jeremy Corbyn de devenir Premier Ministre en cas d'élections anticipées. Cela peut-il ternir la côte de popularité du leader du parti travailliste?

Jeremy Corbyn est devenu populaire dans son camp après les bons résultats de son parti aux dernières élections législatives. Aujourd’hui il flotte une ambiance d’euphorie chez ses supporters qui se préparent à prendre le pouvoir aux prochaines élections. Mais il doit encore démontrer qu’il est capable de parler à l’ensemble de la nation britannique et pas uniquement à une convention du parti travailliste.

Si les accusations d’antisémitisme n’étaient pas réelles, Corbyn n’aurait jamais missionné une enquête en 2016 pour faire la lumière sur le sujet. Il a bien conscience que cela reste un boulet qui l’empêcherait d’arriver au pouvoir.

Malgré ces critiques, Jeremy Corbyn dispose d'une côte de popularité de 38% soit 7 points de plus que Theresa May. Faut-il pour autant en déduire que l'on assiste à une montée d'antisémitisme en Angleterre? 

La popularité de Corbyn n’a rien à voir avec une montée de l’antisémitisme mais avec la faiblesse de Theresa May depuis les élections législatives qu’elle n’a pas su remporter et l’état d’incertitude dans lequel se retrouve le pays avec des négociations de sortie de l’Union européenne qui patinent depuis trop longtemps. 

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