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Obésité et diabète de type 2, un couple indissociable qui entraîne maladies cardio-vasculaires et autres cancers à qui il prépare le terrain en affaiblissant notre organisme

Le docteur Réginald Allouche expose les dangers du sucre ainsi qu'une méthode pour prévenir les risques de développer un pré-diabète et pour mieux gérer son diabète de type II. Il propose un programme en huit semaines et 60 recettes pour modifier son mode de vie et ses habitudes alimentaires. Extrait de "La méthode anti-diabète - Comment limiter ou stopper les risques" de Réginald Allouche, aux éditions Flammarion 2/2

Réginald  Allouche

Réginald Allouche

Réginald Allouche est médecin et ingénieur. Il assure une consultation principalement axée sur la nutrition et la prévention du diabète de type II. Son dernier livre publié aux Editions Odile Jacob porte sur ce théme du prédiabète : " Du plaisir du sucre au risque du prédiabète". Il est également l'auteur de plusieurs brevets portant sur le traitement de l'addiction au sucre.
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OBÉSITÉ, SURPOIDS, POURQUOI GROSSIT-ON ?

L’obésité et le diabète de type 2 forment un couple indissociable. À force de voir progresser les deux phénomènes en parallèle, les autorités sanitaires lui ont trouvé un nom : la « diabésité ». Inventé au cours des vingt dernières années, ce terme reflète le lien très étroit qui unit surpoids, obésité et diabète de type 2.

Un organisme qui mange en trop grande quantité grossit. C'est normal. Un organisme qui diminue ses apports en calories maigrit. C’est tout aussi normal. Mais cela n’est pas aussi simple qu’il y paraît.

LE CORPS FAIT SES RÉSERVES

Vous vous en êtes sûrement déjà rendu compte par vous-même : il est plus facile de grossir que de maigrir. Nous connaissons bien sûr le problème des personnes trop maigres qui ont des difficultés à prendre du poids en raison de leur métabolisme particulier. Mais elles restent des exceptions. Elles sont plus rares que celles qui ont tendance à prendre aisément du poids. La raison en est historique et biologique : l’homme est un être vivant conditionné pour survivre à des conditions extrêmes. Pour y faire face, le corps a toujours privilégié le stockage des calories au déstockage. En clair, grossir est plus facile que maigrir car votre organisme préfère garder des réserves en cas de coup dur.

TROP DE SUCRES SIMPLES ET DE GRAISSES SATURÉES

Le système prise de poids/perte de poids n’est pas équilibré car intervient un autre paramètre : l’inflammation, qui résulte de la consommation d’aliments riches en sucres simples et en graisses saturées, trans et/ou hydrogénées. Notre organisme a davantage de mal à « déstocker » ce type de graisses. Nos cellules de stockage deviennent alors de plus en plus grosses. Quand elles deviennent trop volumineuses, l'organisme produit alors de nouveaux adipocytes.

LES EFFETS NÉFASTES DE LA GRAISSE ABDOMINALE

Les sucres et les graisses non utilisés sont stockés dans des cellules spécialisées appelées « adipocytes » regroupées dans le tissu adipeux. Présents dès la naissance, les adipocytes se multiplient surtout pendant la période de la puberté en fonction  de facteurs hormonaux et alimentaires. Leur caractéristique particulière est qu’ils ne meurent jamais ou en tout cas en très petit nombre pendant votre vie Il ne s'agit pas de simples réservoirs de gras, comme on l'a cru pendant des années. Ils synthétisent également beaucoup d'hormones, en fait plus de 100, ce qui est colossal. À titre de comparaison, votre glande thyroïde sécrète à peine quatre hormones différentes.

La plupart des hormones sécrétées par les adipocytes regroupés dans le tissu adipeux sont des hormones inflammatoires.

En fait, le mécanisme est simple :

– lorsque vous stockez les sucres et les graisses non brûlées dans les adipocytes, cela s’appelle la « lipogenèse » ;

– lorsque vous faites un exercice physique et que vous avez besoin de brûler des calories, vous videz un peu vos adipocytes, cela s’appelle la « lipolyse ».

Tant que lipogenèse et lipolyse se succèdent, il n’y a pas de problème, les adipocytes agissent comme un lieu de stockage transitoire tampon. Mais si vous ne lui demandez que de stocker sans déstocker, vous aurez les mêmes problèmes qu’un entrepôt encombré. Les adipocytes se remplissent à un point tel qu’ils commencent à s’asphyxier, des adipocytes nouveaux sont créés pour augmenter les capacités, des nouveaux vaisseaux sanguins sont créés pour les alimenter. Mais lorsqu'ils sont à nouveau pleins et que la situation n’est plus tenable, ils sécrètent des hormones très inflammatoires afin de prévenir les organes et le cerveau que rien ne va plus !

Plus les adipocytes se développent au niveau de la ceinture abdominale et plus l'inflammation gagne du terrain. C'est pour cette raison que la surveillance du tour de taille est si importante, car les adipocytes de votre abdomen envoient des signaux inflammatoires vers le foie.

Il est donc très important de pratiquer une activité physique qui remette en route le mécanisme qui vide régulièrement les adipocytes – la lipolyse –, et ce afin d’éviter leur engorgement et leur étouffement.

Encore une fois, l’inflammation n’est pas un problème quand elle intervient en réponse à une agression aiguë. Elle permet alors d’y faire face. La difficulté survient quand elle persiste, à bas bruit et sans symptômes évidents, stimulée par la présence de sucres simples dans le sang.

LES COMPLICATIONS POSSIBLES

Si l'épidémie de diabète nous inquiète, c’est qu'elle est lourde de conséquences.

Le pré-diabète avance à bas bruit, sans symptômes évidents.

Le diabète de type 2 peut lui, au contraire, donner lieu à des complications très invalidantes. Meilleur allié des maladies cardio-vasculaires et des cancers à qui il prépare le terrain en affaiblissant notre organisme, il va bientôt entrer en compétition avec ces pathologies dans le classement des causes de mortalité. Voici juste quelques chiffres qui donnent froid dans le dos.

MALADIES CARDIO-VASCULAIRES

Le diabète augmente le risque d’avoir une maladie au niveau du coeur et des vaisseaux. Les risques de décès par atteinte du système cardio-vasculaire sont multipliés par 2 à 3 chez l’homme et par 3 à 5 chez la femme. Les maladies cardio-vasculaires sont liées à la formation d’une plaque d’athérome sur les parois des artères qui durcit les parois et peut aussi les boucher quand elle devient trop importante. Ces plaques sont surtout formées à partir de cholestérol. Les principales atteintes cardio-vasculaires sont l'insuffisance coronarienne (maladie des artères qui irriguent le coeur), l’infarctus du myocarde (communément appelé « crise cardiaque »), ou l’artérite des membres inférieurs (rétrécissement du calibre des artères qui irriguent les membres inférieurs). Elles doivent être traitées très précocement et il faut dépister un diabète de type 2 devant l’apparition d’une de ces pathologies.

L'ATHÉROSCLÉROSE

Cette pathologie est une perte d'élasticité des artères alliée à un rétrécissement à cause de plaques adipeuses. Elle ralentit ou bloque la circulation du sang. Et conduit souvent à des amputations des membres inférieurs. Le taux d'amputation est multiplié par 14 chez le diabétique.

LA RÉTINOPATHIE DIABÉTIQUE

Cette atteinte de l'oeil et de la rétine touche 50 % des diabétiques de type 2 après 20 ans de maladie. Le diabète est ainsi la principale cause de cécité non traumatique. Les contrôles ophtalmologiques réguliers sont obligatoires au stade de diabète de type 2. 

Extrait de "La méthode anti-diabète - Comment limiter ou stopper les risques" de Réginald Allouche, publié aux éditions Flammarion, 2015. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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