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Crédits Photo: wikipédia
La communauté archéologique reconnait alors très vite que ces portions de jambes et ces sandales appartenaient bel et bien à Néfertari.

Confirmation

Les jambes momifiées trouvées il y a plus de 100 ans dans un tombeau égyptien appartenaient sûrement à la reine Néfertari

Ces restes de momie avaient été trouvés il y a plus d'un siècle dans le tombeau de la reine Néfertari. Mais en raison du pillage qu'il avait subi auparavant, il était impossible de prouver que les jambes momifiées qui y reposaient lui appartenaient.

L'exploration du tombeau de la reine de Néfertari, grande épouse royale du pharaon Ramsès II, est assurément la plus grande découverte de l'archéologue italien Ernesto Schiaparelli, considéré comme l'un des pionniers de l'égyptologie. C'est lors d'une mission dans la vallée des reines en 1904 que Schiaparelli pénètre dans la tombe royale, et constate qu'il n'est pas le premier à y avoir posé le pied : les objets qui y étaient entreposés avaient été fracassés, certains sans doute volés, tandis qu'une grande partie des magnifiques fresques qui tapissaient les murs avaient été vandalisées. L'œuvre de pilleurs venus saccager la tombe pas plus d'un siècle après l'inhumation de la reine il y a 3 200 ans, estiment les archéologues. La dépouille de Néfertari est, elle aussi, introuvable. Toutefois, quelque chose attire l'attention de Schiaparelli : deux jambes momifiées, qu'il soupçonne alors, et fort logiquement, d'appartenir à la reine en question. Un peu plus loin, une paire de sandales.

La communauté archéologique reconnait alors très vite que ces portions de jambes et ces sandales appartenaient bel et bien à Néfertari. Toutefois, rien ne permet de désigner ces preuves comme indiscutables, car le tombeau avait été pillé et il n'était pas impossible que des inondations aient projeté des objets et des momies voisines dans le tombeau royal. Le doute régnait alors, jusqu'à aujourd'hui. À l'aide des outils sophistiqués modernes que nous possédons, des scientifiques ont pu rassembler de nombreuses preuves supplémentaires dans une étude, et en déduire avec davantage de certitude que ces fragments de momies étaient bien issus de la dépouille de Néfertari, rapporte The Washington Post.

Tests approfondis

"Nous n'avions aucun moyen de savoir s'il s'agissait bien des restes de Néfertari ou non, explique l'égyptologue Joann Fletcher à la radio NPR. Ils auraient très bien pu être amenés dans le tombeau durant l'une des fréquentes inondations qui survenaient dans cette partie de l'Égypte". Pas faux. Pour dissiper cette zone d'ombre, des archéologues et des anthropologues ont dû examiner ces restes de plus près. Et ont mené toute une batterie d'examens. À l'aide de rayons X, ces chercheurs ont tout d'abord pu estimer que la personne propriétaire de ces jambes était décédée entre 40 et 60 ans, et qu'elle ne faisait pas beaucoup de sport, en raison de la finesse de ses os. Bonne nouvelle : Néfertari avait quitté ce monde à cet âge-là, et n'était pas connue pour ses capacités athlétiques, étant donné que l'épouse royale d'un pharaon n'a pas à aller se casser le dos au champ.

A suivi l'estimation de la taille de la propriétaire de ces jambes : environ 1,64 mètre. Encore une fois, les données coïncident. Les sandales, quant à elles, pouvaient accueillir les pieds d'une personne un poil plus grand : 1,7 mètre. Bon, elle avait peut-être envie d'être à l'aise dans ses baskets. Si les échantillons de peau analysés se sont révélés peu concluants, ceux des substances utilisées pour l'embaumement témoignaient d'une technique d'inhumation de l'époque de Néfertari. Encore une fois, bonne pioche. Enfin, une datation au carbone 14 a permis de prouver que ces deux portions de jambes étaient aussi vieilles que le tombeau lui-même.

L'ombre d'un doute

Les preuves abondent, et il paraît maintenant quasiment certain que ces jambes sont bien celles de Néfertari. "Le scénario le plus probable est que ces genoux momifiés appartiennent réellement à la reine Néfertari", concluent les chercheurs dans l'étude. Mais encore une fois, "il n'existe aucune certitude". Les scientifiques sont zélés, oui. Mais c'est tant mieux.

Lors de leur entrée dans le tombeau, les pilleurs autrefois coupables de lèse-majesté, de profanation de sépulture, et aujourd'hui de dégradation d'un monument historique et d'entrave à la science, ont selon les chercheurs déballé Néfertari comme une vulgaire poupée de chiffon, afin de récupérer ses éventuels bijoux et de décamper. Ah, les vautours.

 

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