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Les petits entrepreneurs ne sont pas écoutés.

Bouteille à la mer

La crise vue du terrain : ce qu’il y aurait pourtant à retenir de ces petits entrepreneurs que l’on n’écoute pas

Quelles sont les colères concrètes qui se cachent derrière l'exaspération des patrons de PME à l'égard d'une politique qui, selon eux, n'est pas à la hauteur de la gravité de la crise ?

Éric  Verhaeghe et Bernard Cohen-Hadad

Éric Verhaeghe et Bernard Cohen-Hadad

Éric Verhaeghe est l'ancien Président de l'APEC (l'Association pour l'emploi des cadres) et auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'ENA (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un DEA d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 
Bernard Cohen-Hadad est président de la commission financement des entreprises de la CGPME.Il est également président du think-tank Etienne Marcel et assureur.
 

 

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Atlantico : L'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) a choisi de soutenir Pierre Gattaz, plutôt que son président, Frédéric Saint-Geours, dans la course au Medef. Interrogé sur France Info, Saint-Geours a estimé que ce choix était tout à fait en phase avec l'exaspération des dirigeants de PME face à la situation économique. Quels sont les messages que les acteurs économiques de terrain souhaiteraient faire passer au gouvernement et que celui n'entend manifestement pas ?

Éric Verhaeghe : De mon point de vue, le premier message est symbolique: il est d'abord d'entendre la gravité de la crise, et de montrer qu'on en a pris la mesure. On vit aujourd'hui une situation extravagante. Les allées du pouvoir sont presque exclusivement peuplées d'énarques, de petits marquis, qui n'ont jamais vu une entreprise - sauf, dans quelques rares cas, d'anciennes nationalisées ou publiques très peu concurrentielles. Aucun de ces prétendus décideurs ne connaît la vie d'un chef d'entreprise, aucun n'a la moindre idée de ce qu'est le quotidien d'un patron qui fait tourner sa boîte: les interminables paperasses à remplir, l'application de l'impossible Code du travail quand on recrute, et l'essentiel : fabriquer ses produits et les vendre, malgré tout ce qui vient avant. 

Dans ce quotidien, la crise frappe très très durement : les clients prennent de plus en plus de temps avant de décider d'acheter, et ils paient de moins en moins facilement. Et les banquiers talonnent en se montrant inflexibles sur le moindre découvert. C'est le lot de l'entrepreneur français aujourd'hui. Face à lui, les petits marquis qui préparent les décisions, rédigent les textes de loi, ont tous continué à augmenter leurs salaires depuis cinq ans, de façon ininterrompue, et ne connaissent rien de la précarité économique qui touche les entreprises. Comment imaginer que les lois et règlements soient de qualité, quand ceux qui les préparent ignorent tout ou presque de ceux à qui ils s'appliquent ?

Bernard Cohen-Hadad : Vous faites bien de parler des acteurs économiques de terrain. On a tendance à les oublier dans un monde qui va vite et où l’on ne s’attache médiatiquement qu’aux déclarations des VIP. Les TPE et les PME représentent 2,5 millions d’entreprises et ces entreprises ne fonctionnent pas dans la Lune. Mais sur des territoires, dans des départements, dans des villes, dans des rues ou dans nos espaces ruraux. C’est la réalité du monde patronal.

Ils ont effectivement besoin d’être entendus parce qu’ils vivent aujourd’hui, encore, des moments difficiles. Et c’est le rôle des organisations patronales, dans leurs diversités, d’être les vecteurs de ces demandes afin que personne ne reste sur le bord de la route. Tous les réseaux locaux et nationaux doivent être mis en œuvre quand il s’agit d’aider une entreprise à rebondir, pour sauver des savoirs faire, protéger des investissements patrimoniaux, garantir l’emploi des salariés et maintenir notre maillage économique français. Le dernier baromètre CGPME-KPMG de mars 2013 est révélateur d’un malaise : 92% des chefs d’entreprises de PME se déclarent inquiets pour notre économie et 53% sont soucieux pour leur activité dans les mois à venir. Ils sont donc loin de chanter la vie en rose.

Alors ce qu’ils peuvent attendre aujourd’hui du gouvernement, ce n’est pas du lyrisme, des déclarations d‘amour, mais bien de créer, dans la vraie vie, les conditions économiques de la reprise, de mettre en place des espaces de libertés économiques en allégeant les normes et permettre à tous les entrepreneurs de retrouver les conditions de la performance économique et donc de la dynamique entrepreneuriale.

Dans quelle situation se trouvent-ils aujourd'hui ? Quelles sont les principales difficultés qu'ils rencontrent ?

Éric Verhaeghe : Il me semble que l'incertitude et le doute sont les plus lourdes difficultés de l'entrepreneur. La crise frappe durement. Mais si les entreprises pouvaient se raccrocher à un univers stable par ailleurs, elles pourraient anticiper la baisse de leurs chiffres ou de leurs marges pour attendre le retour à une meilleure fortune. Le problème est que, dans ce moment où l'on cherche des certitudes auxquelles se raccrocher, tout bouge. L'évolution de la fiscalité est imprévisible. Le gouvernement continue à accroître les couches de réglementation. Je prends l'exemple des réglementations sur la parité homme-femme : elles sont justes sur le fond, simplement elles tombent au pire moment. Quelle entreprise peut raisonnablement entamer une réforme de sa politique salariale aujourd'hui ? Probablement quelques grandes entreprises d'État comme EDF ou Arianespace, qui sont des monopoles déguisés et les seules entreprises que respectent les petits marquis au pouvoir. Mais les entreprises qui sont dans la mouise de la concurrence ne peuvent s'offrir ce luxe sans se mettre en péril.

Bernard Cohen-Hadad : Comment ne pas être morose quand vous êtes vous-même un entrepreneur et que vous regardez les chiffres. Depuis 2009, chaque année nous perdons près de 60 000 entreprises. Je veux bien ne pas être anxiogène mais assez d’indifférence ! Pensons aussi aux entrepreneurs et à leurs familles qui viennent de perdre leurs investissements patrimoniaux du fait de la crise et qui, lorsqu’ils sont travailleurs non-salariés, n’ont droit qu’à leurs yeux pour pleurer. C’est le cas de beaucoup de ceux qui se sont lancés dans une aventure commerciale de proximité ou sur le web. Comme j’ai pu déjà l’écrire, ils sont les nouveaux pauvres et non pas le grand capital. Mais on les entend peu. La principale préoccupation reste donc le financement des entreprises. Car si les entreprises en bonne santé trouvent des capitaux à des taux intéressants - ce n’est pas un mythe, reconnaissons-le - les entreprises patrimoniales, TPE, PME ou PMI qui ont connu un ou deux exercices difficiles voient leur notation se dégrader et donc le robinet du financement bancaire progressivement se tarir. Il convient de prendre également en considération le taux des marges. Il est de 28,4% au quatrième trimestre. Il est ainsi à son niveau le plus bas depuis trente ans. Bien entendu, les inquiétudes portent aussi sur les hausses des coûts et des prix fournisseurs et sur la baisse du chiffre d’affaires.

Quel diagnostic font-ils de la crise ? En quoi diffère-t-il de celui du gouvernement et des politiques en général d'ailleurs ?

Éric Verhaeghe : Je ne sais pas s'il existe un diagnostic unique de la crise chez les entrepreneurs, mais je vais vous donner le mien. Dans la crise que la France vit, la conjoncture économique n'est qu'un prétexte ou un révélateur. Le premier facteur explicatif de notre crise n'est pas économique mais systémique : le capitalisme français est calibré pour les grandes entreprises et il est tétanisé par l'émergence d'une nouvelle économie beaucoup moins gourmande en capitaux et beaucoup plus exigeante en agilité. Nous n'avons plus besoin de ces grands investissements industriels très coûteux et consommateurs d'ingénieurs par dizaines voire par centaines. Nous avons besoin de fonds propres beaucoup plus réduits, mais avec de vraies souplesses réglementaires : des contrats de mission très courts, un droit de la propriété plus ouvert, une désintermédiation financière (c'est-à-dire l'appel direct à l'épargne comme le crowdfunding), une fiscalité simplifiée et un droit de la concurrence strictement respecté. Cela passe par un "Small business act", d'urgence. La dépense publique représente 56% du PIB. Cette somme colossale profite essentiellement aux grandes entreprises. C'est un scandale. 

Bernard Cohen-Hadad : A part tel laudateur ou tel détracteur de professions, le constat est relativement bien partagé par tous les entrepreneurs. Ils sont conscients du poids des dettes publiques sur notre économie, de l’absence de marge fiscale qui permettrait de déverrouiller le système et de la nécessaire amélioration de la flexibilité du travail. Et puis tout le monde ne comprend pas cette volonté politique d’opposer les revenus du capital et les revenus du travail. J’avoue moi-même sincèrement avoir quelques difficultés avec cette problématique qui ne semble pas concerner les patrons de TPE et de PME. Et pourtant nous sommes aux premières lignes. Les priorités sont pourtant les suivantes : améliorer la stabilité en fonds propres des TPE et PME ; mobiliser les capitaux et les modes de financement alternatifs pour aider les entreprises à se développer; orienter l’épargne longue des français vers les PME ; améliorer les relations entre les grands groupes et les TPE-PME ; obtenir des établissements financiers des engagements sur les crédits de moins de 25 000 € et sur le maintien des crédits de trésorerie ; mettre en place une vraie bourse des PME ; assurer la flexibilité du marché du travail pour améliorer notre compétitivité…      

Comment expliquer un tel décalage ? La France est-elle hermétique à la microéconomie ?

Éric Verhaeghe : La France vit une réaction nobiliaire. Les petits marquis qui la dirigent ne connaissent qu'une vérité : celle de la grande entreprise qui sera susceptible de les recruter à prix d'or pour disposer de leur carnet d'adresses. Comme en 1788, ces petits marquis qui constituent la cour de l'Élysée méprisent le travail, les mains sales et les costumes mal ajustés de ces culs-terreux d'entrepreneurs qui ont le mauvais goût de travailler pour vivre, et qui, à force de payer des impôts et de remplir des formulaires absurdes, en viennent à vivre pour travailler. Dans micro-économie, il y a micro, c'est-à-dire petit. Pourquoi voulez-vous qu'un haut fonctionnaire s'intéresse au petit, lui qui est un grand ? Pourquoi voulez-vous qu'un économiste comme Daniel Cohen, qui vit largement de "piges" ou de "ménages" payés par les grandes entreprises financières, mette son titre universitaire et sa notoriété d'économiste de gauche au service des petites entreprises qui n'ont pas les moyens de se le payer ?

Bernard Cohen-Hadad : Vous connaissez l’expression "small is beautiful". Elle reste malheureusement un leurre dans le monde des TPE PME.  Combien de TPE ou de PME ont aujourd’hui un accès aux marchés et aux commandes des grands groupes, des administrations ou des établissements publics territoriaux ? Le décalage est là entre les intentions, les déclarations et l’action. Et donc la mise en place de normes qui valorisent les entreprises moyennes performantes. On ne peut que progresser en ce domaine. C’est pour cette raison que nous sommes engagés depuis longtemps en faveur d’un "Small business act" à la française. Afin que les TPE et les PME puissent bénéficier d’une discrimination positive en matière d’accès à ces marchés dont elles sont actuellement exclues. Comment expliquer cette césure ? Il y un problème de valorisation des entreprises moyennes, de leur dirigeants et un problème de culture institutionnelle. Quand vous êtes un dirigeant, homme ou femme, de TPE ou de PME vous êtes rarement dans le carré d’or. Et ce n’est pas un problème de gauche ni de droite mais plutôt de la relation de nos élites avec le monde des TPE et PME. Tout simplement parce que leurs formations, leurs parcours, leur univers familial est très loin ce que vivent les entreprises moyennes dont nos dirigeants sont rarement issus. Il en est de même de ceux qui font l’information économique. Mais en grâce ne mêlons pas la France à cela comme la République "elle est une et indivisible"…

Comment expliquer qu'ils ne parviennent pas à se faire entendre ? Par qui ces acteurs de terrain sont-ils représentés ?

Éric Verhaeghe : L'illusion est de croire que les mouvements patronaux échappent aux problèmes de représentativité qui touchent les syndicats de salariés. Cela fait bientôt 5 ans que Laurence Parisot s'oppose de toutes ses forces à une réforme de la représentativité patronale. Cette opposition farouche a une raison simple : elle sait que ni le Medef, ni la CGPME, ni l'UPA ne sont représentatifs des patrons. Ces machines ont toutes été inventées pour canaliser l'expression des patrons et pour en tirer profit. Tout ce petit monde vit dans la schizophrénie la plus complète : d'un côté on dénonce les charges, de l'autre on les augmente parce que ces charges permettent de payer les sièges sociaux des organisations, les salariés qui y travaillent, et les dépenses qui vont autour. Tout cela constitue un formidable support de notoriété personnelle qui permet de prendre sa place à la Cour. Je prends un exemple : le Medef a signé en mars 2013 un accord qui augmente les cotisations sociales pour la retraite complémentaire. Cela fait quand même plus de trente ans que les mouvements patronaux acceptent ces augmentations régulières sans rechigner. Pourquoi continuent-ils à dénoncer, dans le même temps, le poids trop important de ces cotisations?

Bernard Cohen-Hadad : Les entrepreneurs sont effectivement souvent seuls, préoccupés par la gestion quotidienne de leur entreprise, le nez dans le guidon comme on le dit parfois. C’est ce qui dilue leurs voix et leur capacité d’action. C’est pour ces raisons que j’ai ressenti, personnellement, le besoin d’un engagement militant et sociétal dans le monde de l’entreprise. On est parfois seul dans son île. Surtout quand le ciel vous tombe sur la tête. Et une intervention de Jean-François Roubaud à la télévision m’a décidé à m’orienter vers la CGPME qui représente naturellement les petites et moyennes entreprises. Depuis, j’ai pu mesurer le travail qui est fait pour faire entendre la voix des TPE et des PME. Croyez-moi, c’est un long chemin et un engagement de tous les instants. Et c’est aussi pour cela qu’il faut veiller à garantir la pluralité de l’expression patronale. Chaque entrepreneur doit pouvoir demain s’adresser à l’organisation qui lui ressemble. A elle de répondre à ses attentes et lui apporter l’information, le soutien technique et la représentativité qu’il vient chercher.

Quel regard portent-ils sur les politiques de lutte contre la crise ? Leur semblent-elles à la hauteur ? Pour quelles raisons ?

Éric Verhaeghe : L'Accord national interprofessionnel st un accord pour les grandes entreprises. L'essentiel des contreparties obtenues par les employeurs bénéficiera aux entreprises de plus de 300 salariés : la sécurisation des plans sociaux, les accords compétitivité, sont d'abord des mesures pour les grandes entreprises. Les TPE et les PME ont en revanche récolté des obligations nouvelles : la complémentaire santé obligatoire, la taxation des contrats courts, le relèvement du seuil de temps partiel. Quand au crédit impôt compétitivité, les premiers signes qu'il donne sont clairs : il sera un démenti cinglant, pour ainsi dire caricatural, au choc de simplification. Surtout, ces mesures sont moralement inquiétantes et illustrent la décadence progressive de ce pays, induite par la culture bureaucratique des petits marquis : pour faire tourner une entreprise, on passera plus de temps à remplir des papiers de déduction fiscale qu'à produire sa marchandise. Le CICE, c'est l'asservissement des entrepreneurs, dont les forces vives sont entièrement pompées par une logique de mendicité et de subvention. Halte à ce système où l'énergie des entreprises est absorbée par la grande machine à paperasse !

Bernard Cohen-Hadad : J’ai évoqué le taux record d’inquiétude des entrepreneurs pour notre économie. Et chacun peut lire dans la presse les taux de popularité de nos responsables politiques. La situation est donc préoccupante car nous vivons une crise de confiance due à la dureté de la crise financière et au sentiment que nous évoluons dans un monde bloqué. Il y a aussi cette vision du pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Et de la lenteur de la mise en place de certains mécanismes publics. Mais attention de ne pas tomber dans la caricature. Tant que le dialogue institutionnel est noué avec les corps intermédiaires on limite les occasions fractures. Alors après, est-on mieux écouté ou plus entendu ? Quoi qu’il en soit, on ne gère pas une entreprise au comptoir du café du commerce, même une TPE, encore moins un État. Il y a tout de même ce fort sentiment que les entreprises moyennes, comme les entrepreneurs, ne peuvent plus supporter de nouvelles charges. Ils sont exsangues et n’ont plus de réserves. Prochainement les Assises de l’entrepreneuriat vont, parait-il, apporter des propositions d’évolution de nos politiques économiques, fiscales et des mesures concrètes. Nous verrons bien.

De leur point de vue, quelles seraient les bonnes politiques de sortie de crise ?

Éric Verhaeghe : En fait, il faut laisser les entrepreneurs travailler. Cela passe par quelques conséquences simples. D'abord, il faut arrêter de demander aux entrepreneurs d'être la justification des emplois publics. L'État invente de plus en plus de formalités et de règles pour occuper ses fonctionnaires en surnombre. C'est insupportable. Ensuite, il faut arrêter de demander aux entrepreneurs de régler les problèmes que la société ne règle pas. Je prends deux exemples simples. L'égalité homme-femme d'abord : pourquoi un patron doit-il payer le prix du machisme des Français, qui considèrent que c'est la maman qui s'absente quand l'enfant est malade ? Du coup, on monte, dans les entreprises, des politiques salariales extrêmement complexes pour corriger des problèmes qui ne sont pas du ressort de l'entreprise. Le vieillissement ensuite : 75% des dépenses d'assurance-maladie sont liées au vieillissement. Ces dépenses sont payées par les entreprises. Est-ce normal ? Ne vaut-il pas mieux responsabiliser les Français en leur demandant de s'assurer contre les risques qu'ils rencontreront lorsqu'ils seront vieux ?

Bernard Cohen-Hadad : Mettre en pratique ces paroles de Danton de "l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace !" Et celles de La Marseillaise : "Liberté, liberté chérie". Nous avons effectivement besoin d’une révolution des idées économiques.

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