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Les panneaux solaires sont-ils verts ?

Dis-moi combien tu consommes et je te dirai qui tu es

Les professionnels de l'industrie photovoltaïque sont sur le grill en ce mercredi 9 mars. C'est en effet aujourd'hui que les nouvelles règles de rachat de l’électricité produite par les panneaux solaires entrent en vigueur, règles nettement moins favorables qu'auparavant. Les partisans des énergies renouvelables crient à la trahison mais d'autres, dont Olivier Trotta, expert en communication sur le CO², rappellent que les panneaux solaires ne sont pas forcément si vertueux que cela...

Olivier Trotta

Olivier Trotta

Olivier Trotta est expert environnemental, fondateur de CO2M, société qui évalue le bilan carbone des entreprises et des institutions publiques.

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La transparence a ceci de particulier qu’en général, elle met tout le monde d’accord. Quand on a des chiffres “sous le nez”, il est plus difficile de les contredire ou de les manipuler, comme les mots.

Le CO² est un précieux allié, digne de confiance, car il indique clairement ce qu’est la “co²nsommation” réelle “avant” de ce que j’achète ; soit la quantité d’énergie fossile, essentiellement le pétrole, dépensée au moment où j’achète mon produit.

Pourquoi donc la transparence, soit la traçabilité, de l’information environnementale et notamment du CO² devrait-elle faire si peur ? Qu’y  a-t-il donc à cacher “sous le tapis du business” au point que l'on ne veuille toujours pas l’afficher clairement “en toute transparence” sur l’ensemble de notre “co²nsommation” ? Pourquoi la “co²mmunication”, soit la transparence “éco²logique” de notre société de “co²nsommation”, n’est-elle toujours pas massivement démocratisée ?

Prenons le cas précis de la filière photovoltaïque française. La transparence “éco²logique” “au démarrage” eu largement simplifiée la tâche des différents acteurs ainsi que celle des clients, au moment du choix notamment, sur de stricts critères de performances énergétiques. Et permis, au final, d’éviter en partie la formation de la bulle actuelle et de pas mal d’excès dans cette filière naissante.

Il est encore quasi impossible de connaître précisément, lorsque l'on souhaite s’équiper de panneaux solaires, leurs bilans énergétiques ; pour pouvoir “co²mparer” et choisir au départ… les solutions les plus performantes énergétiquement ”avant”.

Les panneaux solaires ne seraient pas si “verts” qu'il y paraît ?

Or, lors de l’achat d’une solution technique pour économiser de l’énergie,  type panneaux solaires, pompes à chaleur, chaudière à gaz à condensation - et la liste est longue - il apparaîtrait comme élémentaire de pouvoir connaître la quantité d’énergie “dépensée  avant”, soit essentiellement fossile et pétrole, donc le CO² émis “derrière” ; pour produire, acheminer et commercialiser ladite machine. Soit savoir si le produit que j’achète est performant “avant”, surtout quand il est censé l’être aussi “après”.

C’est donc un comble dans cette époque des économies d’énergies massives, que ceux qui vendent ces solutions miracles économiques et “écologiques”, et souvent hors de prix, ne soient pas plus à même d’afficher naturellement et clairement les performances énergétiques réelles, et non supposées, de matériels qui font pourtant faire des économies d’énergie “après”. Et c’est pourtant la réalité.

Quand j’achète ma voiture, le critère de la performance et de l’efficacité énergétique, via l’affichage CO², sont prépondérants à l’achat ; idem pour l’immobilier, avec la généralisation du Diagnostic de Performance Energétique.

Vous me direz, pour la voiture, on ne connaît toujours pas le bilan énergétique “avant” non plus, ce qui serait fort utile, à savoir pour toutes ces automobiles de plus en plus “éco²nomiques” “après”… Soyons là encore “éco2logiques” jusqu’au bout. Les voitures étant en plus fabriquées de plus en plus “ailleurs”…

La fabrication d’une maison ou d’un immeuble ne se délocalise pas encore, au moins pour la partie montage et assemblage. Qu’en est-il pour des produits “plus petits” et transportables, type un onduleur, un module solaire, un panneau solaire, une pompe à chaleur…

“Co²nsommons” moins d'énergies fossiles avant de penser énergies “vertes”

Dans le cas du photovoltaïque qui produit de l’énergie renouvelable “après”, on est rarement dans la logique qui devrait prévaloir ; à savoir, d’abord, j’isole mon habitation, mes bureaux, mon usine, donc je diminue drastiquement mes consommations d’énergie ; et après seulement, je trouve le bon mix énergétique pour pourvoir à mes besoins ; mais plutôt dans “je vais économiser tant d’impôts tout de suite et gagner combien sur combien d’années en rente…” ?!

Alors oui, en cette période de pétrole qui flambe dans la durée, de raréfaction des énergies fossiles pétrole en tête, d’économies d’énergies, soyons enfin “éco²logiques” avec nous-mêmes, avec la société qui nous entoure et surtout avec notre environnement ! Que les économies d’énergie, soit les “éco²nomies” pour les énergies fossiles, le soit enfin “d’un bout à l’autre” de la chaîne !

Que la voie de la facilité et de l’immédiateté de la rentabilité ne prime plus au détriment des voies plus stables et plus pérennes ! Que la transparence “éco²logique” via l’affichage environnemental démocratisé de la “co²mmunication” serve enfin à l’ensemble de la société et pas seulement à quelques sociétés !

Le made in France, plus “éco²nomique” ?

Que la défiscalisation, soit les économies d’impôts, soit le collectif et l’Etat “après coût”, ne soient pas le premier faire valoir de ces miracles énergétiques.

Que la défiscalisation bénéficie donc à l’ensemble de la société française en développant en retour nos tissus industriels et économiques en région. “Je récupère d’une main ce que je t’ai donné de l’autre main”… Alors, oui, le Made in France est plus “éco²nomique” que le Made in Pétaouchnock, ça tombe sous le bon sens ! Oui, l’industrie n’est plus ni un gros mot ni un mot sale et c’est notre avenir commun que de la développer ici même ! Oui, on doit réapprendre à produire et à travailler de nos mains, la seule économie du service ne rendant plus service à toute la société. Oui, le produit local est plus low CO², c’est du bon sens élémentaire !

Et encore plus en France qui a le mix énergétique le plus décarbonné au monde avec son électricité d’origine nucléaire et de plus en plus renouvelable ! Oui à la généralisation du bon sens “près de chez nous” ! Oui aux panneaux solaires français plus “éco²nomiques”. Et non aux fausses promesses et aux sur-promesses “pour la planète” pour de l’argent trop facile et trop vite…

Non aux produits bio, écolos, verts non “éco²nomiques”, c’est une question d’équité et d’équilibre environnemental. Non aux produits et solutions low cost qui pullulent et qui ne sont pas “low CO²ST” !

Et oui, au final à “l’éco²nomie” qui est une chance pour la société française dans son ensemble : elle est bonne pour le tissu économique local, pour l’emploi, pour l’Etat, pour l’environnement, donc pour l’avenir de nos enfants. C’est loin maintenant qu’il faut regarder tous ensemble, à l’horizon du soleil couchant, pas levant ! Et mettre toutes nos énergies en commun pour décarbonner logiquement et équitablement nos systèmes économiques. Il n’y a décidément plus de petites “éco²nomies” à réaliser.

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