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Les Français sont plus pro-européens qu'on aurait pu le penser.
Les Français sont plus pro-européens qu'on aurait pu le penser.
©Reuters

Sondage Elabe

70% des Français pensent que l’Europe est l’échelon le plus efficace pour résoudre la crise des migrants

Selon un sondage exclusif Elabe pour Atlantico, les Français préfèrent les institutions européennes aux Etats pour gérer la crise des migrants qui traversent l'Union, alors que leur nombre a atteint des records cet été.

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est Directeur en charge des études d'opinion de l'Institut CSA.
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Atlantico Quels sont les principaux enseignements de ce sondage ? 

Yves-Marie Cann : Interrogés sur l'échelon le plus efficace pour résoudre la crise des migrants et des réfugiés, notamment en provenance de Syrie, les Français interrogés par Elabe pour Atlantico nous fournissent une réponse particulièrement claire : c'est à l'échelle européenne, donc de manière collective, qu'une solution doit être trouvée. 70% optent pour cette proposition contre 29% répondant préférer un traitement au cas par cas, à l'échelle des Etats. Ce rapport de forces entre les deux alternatives proposées aux personnes interrogées se vérifie au sein de l'ensemble des catégories sociodemographiques et professionnelles interrogées. A titre d’exemple, 78% des plus de 65 ans optent pour une réponse collective, de même que 65% des moins 25 ans, ces derniers étant toutefois plus d’un tiers à privilégier une réponse à l’échelle des Etats et donc au cas par cas. De même, 74% des cadres et des professions intellectuelles supérieures supportent la première option, ainsi que 65% des couches populaires (employés et ouvriers).

>>> Lire aussi - Surprise : le sondage qui révèle un profond désir d’Europe (et à côté duquel passent totalement les hommes politiques européens)

En dépit des critiques récurrentes adressées à l'Union européenne, de tels résultats et leur relative homogénéité au sein de la population ne sont pas anodins. Ils témoignent une fois de plus que les Français sont loin de céder aux sirènes de l'isolationnisme diplomatique et à la tentation de fermer les frontières entre Etats au sein de l'Union européenne. Ils restent attachés à la coopération européenne et considèrent que l'enjeu se situe avant tout, si ce n'est exclusivement, aux frontières extérieures de l'espace Schengen. Cette tendance lourde oblige les responsables et gouvernements européens à jouer la carte de la solidarité et du compromis pour résoudre la crise humanitaire qui se joue aux portes de l’Europe.

Dans quel contexte, et dans quelle séquence médiatique ce sondage a-t-il été réalisé ?

Le sondage a été réalisé les 25 et 26 août, soit au coeur d'une séquence d’actualité marquée par une multiplication des informations et des images sur les drames qui se nouent aujourd'hui aux frontières extérieures de l’Union européenne et sur le territoire de plusieurs Etats membres. Ce sont donc des Français particulièrement sensibilisés à cette question qui ont été interrogés et qui attendent des responsables européens qu'ils se mobilisent pour résoudre cette crise. Bien sûr, nous savons que le rapport des populations européennes s'est sensiblement durci ces dernières années au sujet des flux migratoires. Toutefois, face aux drames humains dont rendent compte les journalistes et dont témoignent les images diffusées, le statu quo sur ce sujet n'est pas tenable car les reproches à l’égard des gouvernants pourraient rapidement gagner en intensité à l’occasion de la rentrée.

L'Europe apparaît comme nettement plus crédible dans le traitement de la crise que les Etats. Quelles différences observe-t-on en fonction des sensibilités politiques ?

Étonnement, peu de différences se dégagent des résultats enregistrés par sensibilités politiques. Les sympathisants de gauche optent massivement pour une solution collective, à l’échelle européenne (87%, dont 90% au Parti socialiste). Les réponses collectées auprès des sympathisants de droite s’avèrent un peu plus contrastées mais une large majorité (74%, dont 70% chez Les Républicains) apparaît à l’unisson avec la gauche. Une courte majorité de sympathisants fronstistes (51%), parmi lesquels on retrouve de nombreux eurosceptiques voire europhobes soutiennent quant à eux une réponse au cas par cas, à l’échelle des Etats. Toutefois, une proportion quasi équivalente (49%) partage la même position que la gauche et la droite, ce qui est assez inédit, tant on sait que le rejet de l’Union européenne est forte à l’extrême droite. Au final, ce sont les personnes n’exprimant aucune sympathie partisane qui soutiennent le plus fréquemment l’hypothèse d’une solution au cas par cas, à l’échelle des Etats, à hauteur de 64%. 

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